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> 1 500 000 ((2020) (estimation),,) |
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| Langues | ìtón |
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| Religions | Christianisme, religions traditionnelles,Islam |
| Ethnies liées | les Beti : Kóló, Manguissa |
Les Éton sont un groupe ethnique vivant dans la région du Centre au Cameroun, où ils constituent le groupe le plus important après les Ewondo.
Les Ìtón (ou Eton) sont également appelés Ìtón Beti ou Bëti b'Ìtón ou simplement Ìtón.
Les récits de voyage des premiers Allemands dans la région Éton, située au nord de Yaoundé, parlent de l'hospitalité de ce groupe ethnique. Des attaques de caravanes leur sont attribuées ; un attentat contre le gouverneur allemand von Puttkamer dans la région de Minkama non loin d'Obala, a forgé le mythe de la témérité du peuple Éton.
Raphaël Onana, pendant la Seconde Guerre mondiale, a combattu pour la France au grade de sergent.
Les Éton participèrent activement à la lutte pour l'indépendance du Cameroun. Le chef supérieur des étons, Ndzomo Christophe, marqua la vie politique. Osendé Afana, militant indépendantiste, membre influent de l'UPC et héros national, était un Éton[réf. nécessaire].
Toute relation intime entre membres d'une même grande famille est considérée comme incestueuse. Mais ces familles ne sont nullement identifiables par des noms ou des comportements particuliers ; toute personne qui veut commencer une amitié doit décliner sa généalogie[réf. nécessaire].
La communauté Éton fait partie du groupe que les Allemands appelèrent jadis, par assimilation, « Jaunde » ; le terme désigne aussi bien les Éton, les Kóló (appelés par abus de langage Ewondo), les Bene que les Mvele.
Depuis la période coloniale allemande, la principale activité des Éton est la culture du cacao. La chasse à l'éléphant a été longtemps lucrative ; les défenses prenaient le chemin de la côte camerounaise pour être vendues aux riverains, qui les revendaient aux Occidentaux. Les Éton ont aussi développé le commerce du palmiste. Les légendes en pays éton rapportent que le commerce du palmiste se poursuivit jusqu'à une époque récente : elles font état d'accrochages entre les vendeurs de palmistes éton et leurs hôtes dans la région d'Édéa. La cacao-culture est actuellement concurrencée par les cultures maraîchères. Cette concurrence est observée aujourd'hui dans la Lékié ; elle résulte de la baisse des cours mondiaux des cultures de rentes destinées exclusivement à l'exportation dans les années 1990. Les Éton se nourrissent essentiellement de tubercules tels le manioc consommé sous différentes formes, le taro, diverses sortes d'igname, la patate, des pommes de terre, etc. mais aussi de la banane (plantain et douce). À côté de la vente des denrées alimentaires, les femmes Éton cultivent essentiellement des arachides à la houe ; sur ces parcelles, d'autres plantes sont semées peu avant la récolte des arachides[réf. nécessaire].
Le nombre exact de locuteurs Éton est inconnu. Une estimation de la SIL, datant de 1982, avance le nombre de 300 000 locuteurs.
Bernard Delpech parle plutôt 400 000 habitants en 1985 dans le département de la Lekié (superficie : 2 989 km2). Le chiffre avancé par Delpech semble être proche de la réalité. Mais il exclut la communauté Éton de Yaoundé, où les Éton forment 20 % en 1985. Le taux de croissance de la population camerounaise est de l'ordre de 2,1 % -2,6 %. Au total, le total monte à 1 500 000 en 2012.
D'après l'annuaire statistique du Cameroun de 2004, la population Éton se chiffrait, à environ 1 500 000 ; 400 000 étaient répartis sur près de 3 000 km2 (Lekié) en 2004. La majeure partie vit à Yaoundé.
Après application du taux de croissance de la population camerounaise, le résultat est similaire à la projection obtenue à partir des données de Bernard Delpech. Les Etons sont principalement localisés dans le département de la Lékié, mais beauoup vivent dans les départements voisins (Mfoundi, Mefou-et-Afamba, Méfou-et-Akono, Haute-Sanaga, Mbam-et-Kim, Mbam-et-Inoubou, Nyong-et-Kelle, Sanaga-Maritime) du fait de la division administrative. Tous les Etons ne sont pas de Lékié ; ces chiffres en font l'un des plus importants groupes ethniques du Cameroun[réf. nécessaire].
Sur le plan politique, les Étons ont eu le premier Premier ministre, Premier Chef d'État du Cameroun autonome, en la personne de André-Marie Mbida ; l'un de ses fils dirige aujourd'hui le Parti des démocrates camerounais (PDC) ; son retour au Cameroun inquiète les dirigeants actuels[réf. nécessaire].
Sur le plan culturel, les populations pratiquaient le culte des ancêtres, croyaient aux esprits des morts, pouvaient communiquer directement avec eux. Les croyances s'exprimaient par des rites que l'on retrouve chez la plupart des peuples beti : le tchogo (rite pour conjurer les mauvais esprits à la suite du décès accidentel d'un proche), le mbón et le mevounga (rites d'initiation respectivement pour hommes et femmes), l'issani ou lessani (rite pratiqué lors du décès d'un adulte de sexe masculin), lanagsama (rite pratiqué après un grand malheur collectif, menaçant la survie du clan ou de l'un de ses membres). Ses différents rites côtoyaient la croyance en un Dieu éternel et tout puissant appelé Zama zamilopogo. Le christianisme accompagna la colonisation ; il fit régresser ces pratiques, jusqu'à leur disparition. Depuis quelques années, des etons deviennent musulmans du fait du brassage culturel[réf. nécessaire].
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La littérature traditionnelle éton est presque exclusivement orale. Les épopées telles que Nden bobo, Nomo Nga Awono ou même Ndzana Nga Zogo en sont quelques exemples. Sur le plan littéraire, la représentante de la Lékié est Calixthe Beyala. Discret, mais présent sur la scène littéraire française, l'écrivain Eugène Ebodé a notamment publié, aux éditions Gallimard, une trilogie romanesque sur sa jeunesse africaine. Camille Nkoa Atenga Réné Philombé et Hubert Mono-Ndzana, Marcien Towa, Mpesse Atangana Phil sont notables. Jusqu'ici, il n'existe aucun texte (littéraire ou non) écrit en langue éton[réf. nécessaire]
Sur le plan scientifique, le philosophe Marcien Towa a fait connaître ses idées ; l'un de ses fils spirituels est Hubert Mono-Ndzana. Barnabé Nkolo Foé ou Lucien Ayissi, ou l'économiste Touna Mama, le professeur en Sciences politiques Ntuda Ebodé et le sociologue Valentin Nga-Ndongo sont actifs[réf. nécessaire].
Le premier boxeur camerounais à ramener une médaille camerounaise des Jeux olympiques de 1968 est Joseph Bessala. Dans le football, « sport roi » au Cameroun, les Éton ont fait leurs preuves avec Louis-Paul Mfedé, Lucien Mettomo et André Onana[réf. nécessaire].