La population égyptienne peut être évaluée à six ou sept millions d’habitants. Celle des provinces asiatiques (
Judée et
Syrie) à trois ou quatre millions. Les richesses affluent en
Égypte, provenant des butins liés aux expéditions armées et surtout des tributs réguliers dus par les populations soumises d’Asie et de
Nubie. L’État pharaonique qui contrôle et recense scrupuleusement ces produits qui vont des objets de luxe aux produits agricoles, des objets manufacturés aux matières premières de prix (serviteurs, chevaux, chars, armes, troupeaux, or, argent, objets d’art, céréales, huile, vin, miel…) dispose ainsi de moyens considérables dont les temples et les militaires sont les premiers bénéficiaires. Les faveurs qu’il peut concéder ne se limitent plus à la redistribution des terres. La main-d’œuvre étrangère prend de l'importance, composée de prisonniers accompagnant les butins de guerre ou de populations intégrées aux apports du tribut. L’État l’utilise pour les grands travaux de construction ou l’attribue aux temples ou à des particuliers (militaires notamment) en récompense des services rendus. Les apports extérieurs en matières premières, produits et hommes, développent des techniques et
savoir-faire nouveaux dans l’armement (essor de la métallurgie du bronze) comme dans l’artisanat de luxe (orfèvrerie).