| 14-18 | |
| One shot | |
|---|---|
| Auteur | Éric Corbeyran |
| Dessin | Étienne Le Roux |
| Genre(s) | Bande dessinée historique |
| Pays | France |
| Langue originale | Français |
| Éditeur | Delcourt |
| Collection | Histoire & Histoires |
| Première publication | 2014 |
| Nombre d’albums | 10 |
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14-18 est une bande dessinée historique française scénarisée par Éric Corbeyran et dessinée par Étienne Le Roux, publiée entre 2014 et 2018 par Delcourt dans la collection Histoire & Histoires. Elle retrace le parcours de huit jeunes hommes issus d'un même village français, confrontés aux horreurs de la Première Guerre mondiale. Parue dans le contexte du centenaire du conflit, la série a été saluée pour la régularité de son rythme de publication (dix albums en cinq ans, entre 2014 et 2018) et pour la constance de sa qualité.
Selon Étienne Le Roux, le projet a démarré sans titre défini : l'intention de départ était de raconter la guerre de 1914-1918 « à hauteur d'homme » sur toute sa durée. C'est en recherchant de la documentation que le dessinateur est tombé sur des photographies de groupes de soldats posant devant l'objectif à différentes périodes du conflit, une iconographie qui a fini par déterminer le principe graphique des couvertures ainsi que le titre de la série, jugé d'une simplicité inédite pour le sujet.
Le scénariste Éric Corbeyran explique par ailleurs avoir voulu représenter la guerre vue d'en bas, à travers le regard de ceux à qui l'on ne demande pas leur avis.
Le 1er août 1914, huit amis d'une trentaine d'années originaires du même village ( Louis, Jacques, Maurice, Armand, Denis, Arsène, Pierre et Jules ) sont mobilisés et affectés au même régiment d'infanterie. Chaque album correspond à une période précise du conflit, de l'été 1914 à l'armistice de , et constitue un récit complet centré sur un événement marquant (bataille de la Marne, missions-suicides, tranchées et attaques au gaz près d'Ypres, fort de Douaumont, apparition des premiers chars sur la Somme, bataille du Chemin des Dames, arrivée des troupes américaines...). Le récit alterne entre les scènes de guerre sur le front et la vie à l'arrière, où restent les épouses et fiancées des soldats (Hermeline, Bernadette, Gilberte, Lucie, Rose, Nicole et Jocelyne), donnant une vision d'ensemble des conséquences humaines et sociales du conflit.
La narration n'est pas strictement linéaire : elle s'ouvre sur un flash-back, celui de Louis devenu « gueule cassée » en 1919 se remémorant son parcours, avant d'alterner par la suite entre le front et l'arrière.
Albums, :
La série explore plusieurs aspects de la Première Guerre mondiale : la fraternité et la solidarité entre soldats, la peur et la mort omniprésente, les séquelles psychologiques, la hiérarchie militaire et les ordres absurdes, ainsi que la condition des civils à l'arrière. Au fil des albums, les personnalités des huit protagonistes se complexifient et entrent parfois en tension autour de questions comme la foi, la virilité, le rapport aux femmes ou le respect dû aux combattants des troupes coloniales, cette dernière thématique étant particulièrement développée dans le tome 5, Le Colosse d'ébène. Un commentateur relève que la série interroge de façon récurrente la notion d'héroïsme, dans un contexte où l'entraide entre camarades; porter secours, défendre une position, écrire une lettre pour un autre; devient l'ultime forme de courage possible.
Le dessin d'Étienne Le Roux est réaliste, précis et expressif. Il est soutenu par le travail de Loïc Chevallier sur les décors, et les couleurs de Jérôme Brizard renforcent les ambiances selon les moments : tons froids dans les tranchées, couleurs plus chaleureuses lors des flashbacks ou des scènes d'arrière-front. Les couvertures, conçues comme des photographies de groupe « posées », constituent un principe graphique unificateur de la série, choisi par Étienne Le Roux après avoir étudié des clichés d'époque de soldats photographiés collectivement.
La série est globalement bien accueillie par la critique spécialisée. Pour Planète BD, dès le premier tome, la mise en place des personnages et l'équilibre trouvé entre dialogues d'époque et lisibilité contemporaine en font une réussite, la principale réserve portant sur la difficulté ponctuelle à distinguer les nombreux protagonistes moustachus. À l'occasion de la parution de l'intégrale des cinq derniers tomes, le même site qualifie 14-18 du chef-d'œuvre du scénariste Corbeyran, soulignant l'humanité du récit et la solidité du travail des dessinateurs et coloristes sur l'ensemble de la série. Dans BDzoom, Philippe Tomblaine loue la constance de la série au fil de sa parution et la juge incontournable dans son genre, tout en la situant dans la production commémorative abondante suscitée par le centenaire de la guerre. La série est également comparée par certains critiques aux œuvres de Jacques Tardi ou à Notre mère la guerre de Kris et Maël, tout en s'en distinguant par un récit choral suivant plusieurs personnages sur toute la durée du conflit.