
Ad maiorem Dei gloriam ou en lettres ramistes Ad majorem Dei gloriam est une locution latine qui signifie « Pour une plus grande gloire de Dieu » et qui se rencontre dans les œuvres de Grégoire le Grand : « sed ad maiorem Dei gloriam vicit pietas illud pectus virtutis » ; l'Abbé Henry dans sa traduction en français publiée par Mame à Tours en 1855 écrit : « Mais, pour la plus grande gloire de Dieu, la charité triompha dans ce cœur vertueux ». On la rencontre aussi sous le sigle fait de l'initiale de chaque mot A.M.D.G. ou AMDG. Autrefois cette abréviation était habituellement inscrite par les élèves en tête de tous leurs travaux, pour qu'ils se souviennent que leur étude était une mission et que le savoir qu'ils accumulaient devait plus tard être mis au service du royaume de Dieu.
Elle est surtout connue pour être la devise (non officielle) des membres de la Compagnie de Jésus appelés Jésuites.
L’expression en tant que telle n’est pas fréquemment utilisée par son fondateur Ignace de Loyola, sinon dans ses lettres.
Cependant, les thèmes de la gloire de Dieu et du Magis ignatien (« davantage ») qui s’allient pour former cette devise sont très présents dans les écrits du saint.

Le service, la gloire et la louange de Dieu (ou de la Divine Majesté) sont au principe même de la conversion d’Ignace de Loyola. L’inactivité forcée de sa convalescence à Loyola est meublée de lectures pieuses. La recherche des honneurs du monde, qui guidait jusqu’alors toute sa vie de chevalier, devient soif de l’honneur de Dieu. Lorsque son désir d’aider les âmes lui fait composer son livret des Exercices spirituels, le thème de la gloire de Dieu revient souvent. Il y invite le retraitant à chercher « service, louange et gloire de Dieu ».
De sa vie de chevalier — car il était plutôt chevalier que soldat — Ignace de Loyola garde l’idéal de la soif de dépassement, du meilleur, du plus courageux. Tout cela se résume dans le Magis (le « davantage ») que l’on trouve souvent dans son récit autobiographique. D’abord il désirait en faire plus que les saints les plus austères. Il comprit progressivement qu’il était appelé à un autre type de dépassement : dans le choix d’un état de vie, dans les décisions concrètes d’engagement personnel, il importait d’aller vers ce qui rendait davantage honneur à Dieu et de ne pas se contenter de ce qui était autorisé, ou même simplement « bien ».
Ces deux courants s’allient dans les textes et la spiritualité d'Ignace, surtout à partir du moment où il désire donner une orientation à ses compagnons et à la toute jeune Compagnie de Jésus. Si les thèmes de service, louange, honneur et majesté divine sont présents dans les plus anciennes lettres que nous avons de lui, l’expression « la plus grande gloire de Dieu » se trouve sous sa plume en 1537, peu après la formation du premier groupe d’amis dans le Seigneur. Dans une lettre à Simon Rodrigues, en , on rencontre pour la première fois l’expression telle qu’elle est connue aujourd’hui : « Pour la plus grande gloire de Dieu ». Elle reviendra de plus en plus fréquemment dans la correspondance d’Ignace de Loyola.
Jérôme Nadal, un proche d'Ignace de Loyola, voyage partout en Europe à partir de 1559 pour faire connaître aux communautés jésuites le premier texte des Constitutions ; il popularise l’expression comme résumant l’idéal apostolique ignatien et le dessein de la Compagnie. Ce n’est que plus tard cependant que cette expression — ou son sigle AMDG — devient (sans caractère officiel) une sorte de devise de la Compagnie. L’édition de 1606 des Constitutions porte pour la première fois, sous le portrait de saint Ignace, le texte Ad maiorem Dei gloriam.
Pour Ignace, le service et l’honneur de Dieu ne sont jamais compris dans le sens restrictif de culte envers Dieu. Le service des hommes, quel qu’il soit, est toujours considéré, tout au long de l’histoire de la Compagnie, comme étant à la gloire et la louange de Dieu.
L'ensemble forme un tout avec le quatrième vœu, qui induit l'obéissance au pape. Les Constitutions précisent : « Il est bon de rappeler dans quelle intention la Compagnie a fait le vœu d'obéir, sans alléguer d'excuse, comme au Souverain Vicaire du Christ : il s'agissait d'être envoyé parmi les fidèles ou les infidèles, partout où il jugerait que ce serait utile pour la plus grande gloire divine et le plus grand bien des âmes. »
La locution ou son sigle sont utilisés dans un très grand nombre de situations concernant les Jésuites, par exemple :

Mais la locution ou son sigle sont aussi utilisés dans les milieux catholiques sans lien direct avec les Jésuites :
Cette locution latine (sous sa forme ramiste ou pas) est reprise dans bien d'autres situations.
Plusieurs œuvres musicales (de compositeurs qui ne sont pas tous Jésuites) portent cette locution comme titre. Chronologiquement :

Plusieurs textes littéraires sont intitulés A.M.D.G ou Ad majorem Dei gloriam ou y font clairement référence. Chronologiquement :

