Voici les caractéristiques de la consonne roulée alvéolaire voisée.
Son mode d'articulation est roulée, ce qui signifie qu’elle est produite par la vibration de l'organe d'articulation.
Son point d'articulation est alvéolaire, ce qui signifie qu'elle est articulée avec soit la pointe (apical) soit la lame (laminal) de la langue contre la crête alvéolaire.
Sa phonation est sourde, ce qui signifie qu'elle est produite sans la vibration des cordes vocales.
C'est une consonne orale, ce qui signifie que l'air ne s’échappe que par la bouche.
C'est une consonne centrale, ce qui signifie qu’elle est produite en laissant l'air passer au-dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés.
Son mécanisme de courant d'air est égressif pulmonaire, ce qui signifie qu'elle est articulée en poussant l'air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche.
En français
Le français ne possède pas le [r̥]. Cependant, il peut apparaître comme allophone chez certains locuteurs faisant usage du r roulé.
Il peut être entendu en fin de mot comme allophone dévoisé de /r/ comme dans mer [mεr̥].
Autres langues
L'islandais fait usage du son [r̥] comme phonème, écrit hr à l'initiale et r dans les groupes rp, rt, rk, rs et rf.
Certains dialectes du grec ancien, notamment l'ionien-attique en usage à Athènes, possédaient le [r̥] comme allophone de [r] à l'initiale: ῥόδον / rhódon («(la) rose») se prononçait [ˈr̥odon] et non [ˈrodon]. Ce phénomène est noté par la présence de l'esprit rude sur tout rhô initial. Cela explique pourquoi les mots d'origine grecque débutant par un ῥ / rh passés en français s'écrivent toujours avec rh-: rhododendron, par exemple.
le nivkhe utilise le son [r̥], écrit р̌ et translittéré ř, comme dans le mot roř ‘demander de l'aide’, ņavřki ‘tête, cheveux’ ou ņavřķi ‘odeur’.
Les parties grisées indiquent une articulation jugée impossible. Les cases blanches vides indiquent des articulations théoriques possibles mais non encore attestées. Les cases marquées d’un astérisque (*) indiquent des sons attestés non encore représentés officiellement dans l’API.
Lorsque deux symboles apparaissent dans une case, celui de gauche représente une consonne sourde, celui de droite une consonne voisée (ne s’applique pas aux clics, présentés au centre des cases en bas du tableau).
Les cases séparées par des pointillés emploient normalement les mêmes symboles API de base, et ne diffèrent éventuellement que par les diacritiques appliqués pour déplacer leur articulation, par exemple la nasale n represente une dentale ou une alvéolaire.
Les affriquéest͡s, d͡z, t͡ʃ, d͡ʒ, t͡ɕ, d͡ʑ sont parfois notées à l’aide des ligaturesʦ, ʣ, ʧ, ʤ, ʨ, ʥ ne faisant plus partie de l’API (il est recommandé de les remplacer par les deux articulations, liées avec une ligature tirant – suscrite ou souscrite).
Les occlusivesinjectivessourdes, sont parfois notées à l’aide des symboles ƥ, ƭ, ƈ, ƙ, ʠ (formés sur la base de la consonne pulmonique correspondante avec une crosse ajoutée), qui ne font plus partie de l’API (il est recommandé de les remplacer par le symbole de la consonne voisée avec l'anneau diacritique de dévoisement).