Abdallah Bey

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Abdallah Bey
Bey de la Régence d'Alger
Biographie
Nom de naissance Abdallah Khodja ben Smaïl
Fonctions
Bey de Constantine
Prédécesseur Osman Bey
Successeur Hussein Bey ben Salah

Abdallah Bey, de son nom complet Abdallah Khodja Bey ben Smaïl (en arabe : عبد الله خوجة بن إسماعيل باي), mort en 1806, est un bey de Constantine qui gouverne la province de l'Est de la régence d'Alger au nom du dey, de novembre 1804 à 1806.

Nommé après la mort de son prédécesseur Osman Bey, tué en combattant la révolte du chérif Mohammed ben el-Ahrech, il est chargé de rétablir l'autorité du beylik. Selon les auteurs, son gouvernement est décrit tantôt comme un retour au calme, tantôt comme une période d'expéditions contre des tribus insurgées. Il est aussi marqué par une disette et par la rupture entre Alger et Tunis, qui débouche sur une guerre entre les deux régences. Abdallah Bey est destitué et mis à mort en 1806, dans des circonstances que les sources rapportent différemment.

Biographie

Nomination

En 1804, le bey de Constantine Osman Bey est tué, avec une grande partie de ses troupes, dans les montagnes de l'oued Zhour, où il poursuivait les partisans du chérif Mohammed ben el-Ahrech. Ce marabout originaire du Maroc avait soulevé des tribus kabyles de la région de Jijel et tenté de s'emparer de Constantine, que ses habitants avaient défendue en l'absence du bey.

Le dey d'Alger nomme pour le remplacer Abd Allah, que Vayssettes et Mercier présentent comme un Turc, avec la mission de poursuivre le chérif,. Il arrive à Constantine en novembre 1804, et la population l'accueille comme un libérateur ; il apporte des lettres dans lesquelles le dey félicite les habitants de leur résistance,. Les sceaux décrits par Vayssettes portent l'inscription « Abd Allah Bey ben Ismaël » et sont datés de 1219 et de 1221 de l'Hégire.

Gouvernement de la province

Carte de la Régence d'Alger et de ses beyliks à la fin du 18e siècle.

D'après Mercier, une colonne partie de Constantine à la fin de décembre 1804 rejoint le chérif sur le territoire des Beni Fergane ; celui-ci parvient à s'enfuir en janvier 1805, en abandonnant ses bagages et neuf de ses captifs, qui retrouvent ainsi la liberté. Le chérif quitte alors la province et ne reparaît qu'en février 1806, lorsqu'il soulève des tribus des environs de Béjaïa et attaque sans succès cette ville,. Mercier rapporte qu'une colonne envoyée de Constantine le surprend ensuite dans son camp de Bou-Redine. La chronique d'El-Mobarek attribue pour sa part à Abdallah une victoire sur les partisans du chérif, rassemblés dans un village proche de Sétif, après laquelle celui-ci disparaît. Selon Féraud, Ben el-Ahrech est tué lors d'un dernier combat à Rabta, que les chroniques locales datent de 1222 de l'Hégire (1807).

Les auteurs ne s'accordent pas sur la situation intérieure du beylik. Ahmed Seghiri, qui s'appuie sur la chronique de Mouloud Gaïd, décrit un retour au calme : le bey appelle au rétablissement de l'ordre et demande aux cheikhs des tribus de s'acquitter rapidement de l'impôt, en les autorisant à faire appel à ses forces contre les récalcitrants, sans avoir finalement à employer ses troupes. Vayssettes rapporte au contraire qu'un autre agitateur, Mohammed ben Abd Allah, soulève des tribus et cherche à supplanter le bey ; celui-ci parcourt la province pendant dix mois avec les troupes venues d'Alger et soumet les tribus insurgées avant de regagner Constantine. Mercier mentionne également ce soulèvement, qui oblige le bey à passer le printemps et l'été en expéditions.

Sur le plan administratif, il rend sa charge à un ancien caïd en fonction depuis le règne de Salah Bey, qu'Osman Bey avait remplacé par Hadj Ahmed ben el-Abiad. En 1805, il nomme caïd el-Aouassi, à la tête des tribus Haraktas, le jeune Ahmed, alors âgé de dix-huit ans, qui deviendra le dernier bey de Constantine sous le nom d'Hadj Ahmed Bey.

L'année suivant son arrivée, une sécheresse provoque une disette qui dure environ un an. Vayssettes en attribue la gravité à l'épuisement des réserves de grains, que le dey Moustafa Pacha obligeait les beys à livrer aux négociants algérois Bacri et Busnach pour l'exportation.

Conflit avec Tunis et mort

Ruines de la kasbah du kef.

La guerre entre Alger et Tunis éclate pendant son gouvernement. Selon Vayssettes, le bey de Tunis Hammouda Pacha avait accueilli l'ancien bey de Constantine Ingliz Bey et refusait de verser le tribut en nature (huile, laine) que ses prédécesseurs acquittaient envers Alger ; le dey Ahmed exige une somme que Hammouda ne peut accorder, et les deux régences se préparent à la guerre. Mercier indique que le dey ordonne à Abd Allah Bey de se tenir prêt à agir contre la Tunisie. D'après El-Mobarek, Abdallah s'avance jusque sous les murs du Kef dans l'intention de conquérir la Tunisie ; Hammouda réagit en soutenant Ingliz Bey et en expulsant de Tunis le représentant du bey de Constantine ainsi que les marchands originaires d'Alger et de Constantine.

Gravure représentant le comptoir fortifié du Bastion de France, près de la Calle.

Vayssettes rapporte que, la paix avec la France ayant été rompue, le dey cède aux Britanniques La Calle et la pêche du corail, ce qui mécontente les habitants de la province, liés de longue date à la France par le commerce. Abd Allah Bey adresse au dey des représentations et lui fait part de sa crainte que la population ne prenne le parti de Tunis dans la guerre qui se prépare. Le dey, irrité, ordonne qu'il reçoive mille coups de bâton avant d'être décapité. Son épouse, Deïkha bent Hassan Bey, qui le conseillait et participait selon Vayssettes à l'administration de la province, est également mise à mort sous la torture. La chronique d'El-Mobarek, sans indiquer de motif, rapporte seulement qu'il est destitué et tué alors que les hostilités sont ouvertes entre Alger et Tunis. Seghiri situe la fin de son gouvernement en décembre 1806. Hussein Bey ben Salah, fils de Salah Bey, lui succède,.

Notes et références

Références

  1. ↑ Vayssettes 1859, p. 259-263.
  2. ↑ Vayssettes 1859, p. 263.
  3. 1 2 3 4 5 6 Mercier 1903, p. 317-320.
  4. 1 2 3 Vayssettes 1859, p. 264.
  5. 1 2 Vayssettes 1859, p. 266.
  6. 1 2 Féraud 1869, p. 222.
  7. 1 2 3 4 El-Mobarek 1913, p. 281.
  8. 1 2 Seghiri 2004.
  9. ↑ Vayssettes 2002, p. 155-246.
  10. ↑ « Le palais du Bey à Constantine : que sait-on d'Ahmed Bey », sur Arab News en français (consulté le ).
  11. 1 2 Vayssettes 1859, p. 265.
  12. ↑ Vayssettes 1859, p. 265-266.

Annexes

Bibliographie

Articles connexes