
L’avortement se définit comme l'interruption du processus de gestation qui se traduit par l'expulsion, spontanée ou provoquée, du fœtus avant terme (avant la limite de viabilité). Dans le langage courant avortement désigne l'avortement provoqué volontaire et fausse couche l'avortement spontané.
Le terme d'avortement concerne toutes les espèces vivipares. Il peut entraîner, ou non, la mort du fœtus et son expulsion immédiate.
Un avortement déclenché sur demande de la patiente dans un cadre légal est appelé interruption volontaire de grossesse (IVG).

L’histoire de l'avortement le fait remonter à l'Antiquité. Pratiqué dans toutes les sociétés, les techniques (herbes et potions abortives, utilisation d'objets tranchants, curetage, application d'une forte pression abdominale) et les conditions dans lesquelles l'avortement a été réalisé ont changé dans les pays où est reconnu le droit à l'avortement mais il demeure un fait de société. Dans le monde, les droits reproductifs pour les femmes tendent à favoriser le droit à l'avortement (libéralisé dans plus de 50 pays entre le milieu des années 1990 et 2020), notamment sur des bases issues de la recherche scientifique, en s'appuyant notamment sur des études montrant que l'avortement à risque est responsable d'un décès maternel sur huit dans le monde (estimation publiée en 2011), risque concentré dans les pays pauvres où l'avortement est souvent illégal. Prévenir ces avortements à risque est une priorité retenue par 193 pays ayant adhéré aux ODD (Objectifs de développement durable des Nations-Unies) concernant la réduction de la mortalité maternelle. Quelques pays, (États-Unis sous l'Administration Trump, Pologne et Nicaragua) ont récemment rendu l'accès à l'avortement plus difficile.
Pour l'espèce humaine, on distingue plusieurs situations :
Le statut juridique de l'avortement, c'est-à-dire de l'interruption volontaire de grossesse chez l'être humain, varie considérablement d'un pays à l'autre. Dans certains pays, l'avortement est légal et accessible sans restriction jusqu'à une limite temporelle généralement (comme en France, au Canada au Royaume-Uni, et en Inde) ou légal mais soumis à des conditions ou restrictions variables et parfois à des législations locales inégales (comme aux États-Unis, et en Australie), alors que dans d'autres pays il est totalement illégal (comme en Arabie saoudite, en Iran et au Nicaragua).
Au début du XXIe siècle, le statut juridique de l'avortement suscite des débats hautement polarisés en Occident, où la reconnaissance de cette pratique comme un droit recule ou gagne du terrain selon les pays. Ainsi, le , l'abolition de l'arrêt Roe v. Wade vient remettre en question, de manière saillante, le droit à l'avortement aux États-Unis. En réaction à cet évènement, le , la France inscrit la liberté d'avorter dans sa constitution, et est ainsi le premier pays de la planète à offrir une protection de cette ampleur au droit à l'avortement.
L'avortement fait l'objet d'une législation spécifique, qu'il soit interdit ou autorisé. En France, Simone Veil dépénalise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en 1974 en faisant adopter la « loi Veil ». Le , l'interruption volontaire de grossesse entre dans la Constitution française.
Au Canada, le droit à l’avortement est protégé par la Charte canadienne des droits et libertés. En 1988, la Cour suprême du Canada a statué dans l’affaire R. c. Morgentaler que la loi sur l’avortement était inconstitutionnelle car elle violait les droits de la femme à la sécurité de sa personne. Depuis lors, l’avortement est légal à tous les stades de la grossesse, et est couvert par les régimes d’assurance-maladie provinciaux et territoriaux. Cependant, l’accès à l’avortement peut varier en fonction de la région, en particulier dans les régions rurales et éloignées. Malgré ces défis, le Canada reste un leader mondial en matière de droits reproductifs des femmes.
Les animaux domestiques peuvent aussi subir un avortement décidé par le propriétaire, pour diverses raisons (médicale, élevage, simple volonté).