Agence de la transition écologique
| Fondation | |
|---|---|
| Prédécesseur |
| Sigle |
ADEME |
|---|---|
| Zone d'activité | |
| Forme juridique |
Établissement public national à caractère industriel ou commercial doté d'un comptable public Établissement public à caractère industriel et commercial |
| Domaine d'activité |
Administration publique (tutelle) des activités économiques |
| Siège | |
| Pays | |
| Coordonnées |
| Président du conseil d’administration |
Sylvain Waserman (depuis ) |
|---|---|
| Organisme affilié |
ADEME Investissement (d) |
| Affiliation | |
| Site web | |
| Portail de données |
| SIREN | |
|---|---|
| OpenCorporates | |
| data.gouv.fr | |
| Annuaire du service public |
L'Agence de la transition écologique, nommée Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) jusqu'en , est un établissement public à caractère industriel et commercial français dont la vocation est de susciter, animer, coordonner, faciliter ou réaliser des opérations de protection de l'environnement et surtout de maîtrise de l'énergie.
Elle est créée en 1991 pour remplacer l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie (AFME), elle-même créée en réaction à la crise de l'énergie induite par le premier choc pétrolier de 1973.
L'agence est placée sous la tutelle des ministères de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et de la Transition écologique et solidaire.
Elle dispose en 2019 d'un budget de 605 millions €, pour un effectif salarié de 963 équivalents temps-plein. Son budget augmente les années suivantes, pour atteindre 4,2 milliards € en 2024[réf. nécessaire]. Il redescend à 800 millions d'euros en 2026 et devrait être réduit à 500 millions d'euros en 2027.
L'ADEME résulte d'une fusion administrative et politique par la loi du ,, effective en 1992, de trois agences préexistantes œuvrant pour la sobriété dans l’usage des énergies et des matières premières : l'Agence pour la qualité de l’air (AQA), l'Agence française pour la maîtrise de l'énergie (AFME) et l'Agence nationale pour la récupération et l'élimination des déchets (ANRED),.

Basée à Angers et régie par les articles L. 131-3 à L. 131-7 et R. 131-1 à R. 131-26 du code de l'environnement.
L'ADEME couvre le champ de la maîtrise de l’énergie et un large spectre des politiques de l’environnement : déchets (hors déchets radioactifs et de guerre), pollution des sols, transport, bâtiment, qualité de l'air, bruit et qualité environnementale. Les missions dont elle ne s'occupe pas sont principalement la maîtrise de l'eau, des risques et des paysages.
L'Ademe accompagne les collectivités, les entreprises et les administrations dans leurs projets de transition écologique. Elle intervient dans la décarbonation de l’industrie, la rénovation énergétique des bâtiments, le développement des énergies renouvelables, la gestion des déchets, la décarbonation des transports ou encore la sobriété énergétique. L’agence exerce un rôle d’opérateur financier et d’expertise technique. Elle redistribue annuellement plusieurs milliards d’euros de subventions aux collectivités et aux entreprises pour le financement de projets locaux.
En , elle change de dénomination sociale pour s'appeler l'« Agence de la transition écologique ».
Le gouvernement Lecornu II présente en en Conseil des ministres un projet de loi « visant à renforcer l’État local », dont un article prévoit, en raison d'une « simplification », une réorganisation de l'Ademe. Le texte propose de placer une partie des agents des dix-sept délégations régionales de l’Ademe — représentant entre un tiers et la moitié des effectifs de l’agence — vers les Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), placées sous l’autorité des préfets, eux-mêmes sous la tutelle directe du ministère de l’Intérieur.
Le Conseil d'État estime dans un avis remis au gouvernement le que le projet de loi visant la réforme de l’Ademe n’est pas « justifié ». Il juge la réforme administrativement et juridiquement bancale, qualifiant le mode d’organisation envisagé par le gouvernement de « sans précédent […] dans le paysage des établissements publics de l’État disposant d’un échelon territorial ». Le , l'intersyndicale du pôle ministériel de la Transition écologique formule des réserves et dénonce des « vices rédhibitoires ».
Une trentaine de personnalités politiques — dont dix anciens ministres ou secrétaires d’État, dont six anciens titulaires du ministère de l'Écologie, parmi lesquels Christophe Béchu, François de Rugy ou Agnès Pannier-Runacher — appelle les parlementaires, le , dans une tribune publiée dans Le Monde, à s’opposer au « démantèlement progressif de l’Agence de la transition écologique ». Ils déplorent que l'agence ait fait « ces derniers mois l’objet d’attaques fallacieuses et proches de la désinformation au plan politique national, de la part de tous les adversaires de la transition écologique et énergétique »,.
Le , le conseil d’administration de l’Ademe, par 15 voix pour et 10 voix contre — celles des 9 représentants de l’État et du président de l’Ademe, Sylvain Waserman — en présence du ministre délégué chargé de la Transition écologique Mathieu Lefèvre, appelle le gouvernement à retirer les dispositions du projet de loi concernant l’agence. Les administrateurs mettent en cause la « faisabilité juridique » du projet, évoquant l'« ambiguïté de la chaîne hiérarchique dont ces salariés relèveraient » et alerte sur un risque de « démantèlement de l’agence ».
250 ONG et personnalités de la société civile s'opposent au projet de démantèlement. Une pétition citoyenne est initiée sur le site de l'Assemblée nationale le .
À la rentrée de septembre 2026 et dans l'optique du budget 2027, le journal LeMonde révèle que le gouvernement souhaite amputer l'ADEME de 300 millions d'euros sur son budget d'intervention.
L'ADEME participe à la mise en œuvre des politiques publiques en matière d'énergie et de protection de l'environnement.
L'ADEME intervient dans les domaines suivants :
La mission de l'ADEME est d'accélérer le passage vers une société plus sobre et solidaire, créatrice d’emplois, ce qui consiste à :
Pour remplir ses missions, l'ADEME dispose de trois types de compétences :
L'ADEME intervient tant au niveau d'études techniques que d'études économiques ou technico-économiques.
Pour assurer sa mission d'information générale vers le grand public, l'ADEME diffuse des brochures d'information, réalise des outils pédagogiques pour différents publics et mène des campagnes de sensibilisation. Elle développe et coordonne depuis 2001 un réseau d'espaces info énergie qui apporte informations et conseils pratiques de proximité sur la maîtrise de l'énergie et les énergies renouvelables.
L’ADEME collabore avec un large éventail de partenaires publics, privés et associatifs, tant au niveau national qu’international.
Partenaires institutionnels et financiers :
Partenaires territoriaux et locaux :
Partenaires associatifs, entreprises et réseaux :
Partenaires européens et internationaux :
Jusqu'en 1997, l'ADEME est essentiellement financée par des taxes dédiées (principe pollueur-payeur, écotaxe sur les déchets ménagers et assimilés, les déchets industriels spéciaux, le bruit, la pollution atmosphérique et les huiles) puis, entre 1998 et 2000, le financement de l'ADEME évolue vers un budget essentiellement formé de subventions attribuées par le ministère de l'Environnement.
En 2012, le budget de l'ADEME s’établit à :
L'ADEME gère également 2 650 M€ au titre des investissements d'avenir.
En 2018, dans le cadre du plan de rénovation des bâtiments, le ministère de la Transition écologique et solidaire, le ministère de la Cohésion des territoires et l'ADEME lancent la campagne « FAIRE », pour « Faciliter, accompagner et informer pour la rénovation énergétique ». Celle-ci doit rendre identifiables les acteurs de la rénovation énergétique, par exemple la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), Qualibat et Effy.
En 2018, l'ADEME vote son budget 2019. Sur un total de 761 millions d'euros, 34 millions sont alloués à la rénovation énergétique des bâtiments (dans le programme bâtiment durable où le plan rénovation lancé en 2018 devrait être opérationnel en 2019) et 185 millions à l'économie circulaire et à la valorisation des déchets et des sites pollués pour appliquer la feuille de route pour l'économie circulaire (Frec). Le fonds Air mobilité passe à 30 millions d'euros (+50 % par rapport à 2017) pour soutenir les ambitions de la future loi d'orientation des mobilités. Le fonds chaleur renouvelable passe à 307 millions d'euros (+55 % par rapport à 2017) pour soutenir le plan hydrogène et la nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie annoncée fin novembre. L'ADEME aide aussi les quinze zones qui font en France l'objet de contentieux européens ou nationaux en raison du non-respect de seuils de pollution de l'air.
En 2022, l’agence enregistré une augmentation significative de son budget dans le cadre des plans gouvernementaux, passant à plus de 2 milliards d’euros. Pour accélérer la transition énergétique, ce budget a encore plus que doublé pour les années 2023 et 2024, pour atteindre 4,2 milliards d'euros.
Les lignes affectées à la recherche, aux mobilités actives, à l’économie circulaire et à la communication ont baissé de 30 % par an ces entre 2024 et 2026 – en particulier de 300 à 100 millions d’euros pour le fonds économie circulaire.
En 2025, 2,8 milliards d’euros de subventions sont mobilisés au bénéfice de 8 000 projets portés par des collectivités et des entreprises. L'Ademe accompagne en Normandie, le Réseau pour éviter le gaspillage alimentaire (Régal), le parcours Sobre industrie, une initiatives écologiques pour relocaliser l’industrie à travers d’une approche low-tech, où Les boîtes à vélo. Un projet de décarbonation d'ArcelorMittal, pour l'installation de son four électrique, devait être subventionné à hauteur de 850 millions par l'Ademe dans le cadre du programme France 2030.
En réponse à des critiques de personnalités de droite et d'extrême-droite sur le "budget" de l'ADEME qui atteint 3,5 milliards d'euros pour 2025, la ministre de l'écologie souligne que 92 % de ce budget sont des financements directement versés aux collectivités locales ou aux entreprises ; la masse salariale est seulement de 100 millions d'euros pour 1 400 collaborateurs soit 71 400 € par collaborateur et les frais de fonctionnement de 20 millions d'euros. Une mission de l'Inspection générale des finances conclu en 2024 à une gestion rigoureuse de l'agence.
Dans le contexte de recherche d'économie budgétaire dans le cadre du projet de loi de finances 2025, Éric Ciotti, Gérard Larcher et Valérie Pécresse, critiquent le budget de l'agence.
En , la commission d'enquête sénatoriale sur les agences de l’État préconise une réorganisation en profondeur de la gouvernance de l'Ademe. La considérant comme trop autonome, ils préconisent une restriction drastique de ses missions, pour la recentrer sur un rôle de mobilisation des acteurs économiques selon la rapporteure Christine Lavarde.
Au , en accord avec la réforme territoriale, les salariés sont répartis sur 26 directions régionales (y compris celles d’outre-mer) et trois représentations territoriales d’outre-mer (Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française). Les sites centraux sont implantés à Angers, Paris et Valbonne Sophia-Antipolis. Un bureau est également situé à Bruxelles.
Au niveau international, l'ADEME développe et propose son expertise vers des pays industrialisés et des pays émergents ou en développement.
Le conseil d'administration de l'ADEME comprend huit représentants de l'État, deux du Parlement (un député et un sénateur), deux du personnel et cinq personnalités qualifiées, dont trois au titre de l'environnement et deux de l'énergie.
| Portrait | Identité | Période | |
|---|---|---|---|
| Début | Fin | ||
| Michel Mousel | |||
| Jacques Vernier | |||
| Pierre Radanne | |||
| Michèle Pappalardo | |||
| Chantal Jouanno | |||
| Philippe Van de Maele, | |||
| François Loos | |||
| Bruno Léchevin | |||
| Arnaud Leroy, | |||
| Boris Ravignon (d), | |||
| Sylvain Waserman | En cours | ||
L'ADEME est organisée en une direction générale déléguée, trois directions exécutives et un secrétariat général :
L'ADEME publie en 2021 quatre scénarios très contrastés sur les possibles trajectoires nationales en matière de décarbonation. Ils portent les dénominations suivantes : « génération frugale » (S1), « coopérations territoriales » (S2), « technologies vertes » (S3) et « pari réparateur » (S4). L'ADEME précise en avant-propos que « l’approvisionnement énergétique repose à plus de 70 % sur les énergies renouvelables en 2050 » et que l’électricité devient le principal vecteur énergétique. La production décarbonée d'électricité ne saurait toutefois légitimer en aucun cas le gaspillage d'énergie,. Seul le scénario S1 n'a pas recours à la séquestration géologique du dioxyde de carbone. Le scénario S4 est celui qui présente le plus de risques, de l'aveu même de l'Ademe.
Les scénarios S1 et S2 voient une diminution importante du volume de transport en France et une augmentation marquée des mobilités actives. Dans les zones périurbaines et rurales, le covoiturage connaît un développement marqué dans les deux premiers scénarios, alors que la voiture électrique ne fait que remplacer la voiture thermique dans les scénarios S3 et S4. Le scénario S3 connaît toutefois un développement appréciable du vélo en ville, grâce au report modal. La part modale de la voiture dans les zones de moyenne à faible densité baisse dans deux scénarios sur quatre, la part modale de la voiture en ville baisse dans trois scénarios sur quatre. L'électricité consommée dans les transports varie de 50 à 180 TWh/an environ selon les scénarios,.
Les réseaux de chaleur connaissent un important développement dans tous les scénarios, sauf dans S1. Dans les scénarios S1 et S2, la rénovation énergétique est poussée. Dans le scénario S3, on détruit et on reconstruit des bâtiments énergétiquement performants selon une « planification de type hausmannien ». Le scénario S4 est caractérisé par une rénovation à deux vitesses : industrielle quand l'architecture le permet, moins poussée sinon.
En complément des scénarios, l'ADEME a identifié des mesures précises par secteur pour atteindre la neutralité carbone selon deux des scénarios. L'étude Mesures et instruments de politiques publiques pour l'atteinte de la neutralité carbone liste respectivement 52 et 46 mesures pour les scénarios S2 et S3. Chaque mesure fait l'objet d'une description de ses hypothèses, des leviers nécessaires, des barrières rencontrées et des contraintes et effets associés à leur mise en œuvre. Un nombre restreint de ces mesures (11 pour le S2 et 10 pour le S3) a fait l'objet d'une évaluation d'impacts sur les émissions de gaz à effet de serre.
L'ADEME présente le , dans le cadre de son plan "neutralité carbone 2050", plusieurs orientations et trajectoires de décarbonation des 9 filières industrielles les plus émettrices de France : l'acier, le ciment, l'aluminium, le verre, le sucre, le papier-carton, la chimie.
Le philosophe Vincent Bontems, qui se refuse à opposer le progrès technologique à la décroissance, explique qu'il retient le meilleur de chaque scénario, à savoir « le respect du vivant du scénario frugalité, le fonctionnement des transports en commun du scénario sobriété et […] les solutions vertueuses des scénarios croissance verte et technosolutionniste ».
Dans les années 2020, l'agence est une cible privilégiée d’une partie de la droite et de l’extrême droite.
Le grand emprunt 2010 pour les investissements d'avenir s'élève à 35 milliards d'euros affecté à cinq priorités nationales. Les 2,65 milliards d'euros gérés par l'ADEME sont répartis sur quatre programmes :
Dans le cadre du programme Véhicule du futur, l'État annonce la création[pourquoi ?], le , d'une coentreprise entre Alstom et l'ADEME, nommée SpeedInnov.
En , l'ADEME réalise une campagne de sensibilisation à l'occasion du Black Friday. Elle est composée de quatre spots dans lesquels apparait un « dévendeur » incitant le consommateur à ne pas acheter d'objets superflus, mais plutôt à réparer ses objets cassés, à préférer les produits reconditionnés, ainsi qu'à louer ou emprunter ceux dont il a besoin. « C'est plus économique pour vous et c'est mieux pour les ressources de la planète » » explique le « dévendeur ». L'Alliance du commerce et la CPME, fédérations de commerçants et entreprises, demandent le retrait immédiat de la campagne,. Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu précise qu'eu égard aux « enjeux de transition écologique », la campagne ne sera pas retirée.