Ahmed Huber

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Ahmed Huber
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
Muri bei BernVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Albert Friedrich Armand HuberVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique

Ahmed Huber, également Ahmed Abdallah Ramadan al-Swissri, né Albert Friedrich Armand Huber le dans le canton de Fribourg et mort le à Muri bei Bern, est un gestionnaire de banque et un journaliste suisse.

Converti à l'islam, il est l'un des cinq dirigeants de la banque Al-Taqwa qui est au centre d'une controverse à la suite des liens qu'elle entretient avec des organisations islamistes terroristes telle qu'Al-Qaïda, selon l'administration Bush. Les autorités allemande, suisse et américaine, le considèrent également comme un extrémiste de droite ainsi qu'une « passerelle mondiale entre le négationnisme et l'antisémitisme islamiste ».

Biographie

Ahmed Huber naît dans une famille protestante fervente sous le nom d'Albert Friedrich Armand Huber. À la fin des années 1950, il est actif dans le Parti socialiste suisse (il en sera exclu en 1994,,) et il noue alors des rapports avec l'islam lors de son soutien au mouvement indépendantiste algérien pendant la Guerre d'Algérie. Il étudie ensuite l'islam à Genève dans un centre des Frères musulmans, puis part pour l'Égypte sur les conseils de l'ambassadeur d'Égypte en Suisse, Fathi al-Dhib, et s'y convertit à l'islam sunnite en 1962,. Il prend pour nom « Ahmed Abdallah Ramadan al-Swissri ».

Jusqu'en 1981, Ahmed Huber travaille principalement comme rédacteur du Palais fédéral pour le département suisse de l'agence de presse Deutscher Depeschendienst à Berne, sous la direction rédactionnelle de Wolfgang Kenntemich, puis sous celle d'Urs C. Grassi. Huber travaille ensuite pour la maison d'édition Ringier.

Après avoir publiquement admis à des journalistes ses liens auparavant non divulgués avec les cercles néo-nazis, Huber est expulsé du Parti social-démocrate en 1994.

Relations avec le nazisme et l'islamisme

En Égypte, il fait la connaissance de Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), grand mufti de Jérusalem, collaborateur nazi ainsi que membre de la SS, à propos duquel Huber s'exprime positivement en 1965 lors d'un entretien, et de Johann von Leers (1902-1965), l'un des auteurs antisémites les plus radicaux du IIIe Reich, qui s'est également converti à l'islam sous le nom d'« Omar Amin von Leers » et qui tient un rôle-clé en tant que propagandiste pour l'Égyptien Gamal Abdel Nasser (1918-1970),,.

Après son retour en Suisse, Huber devient un familier de l'avocat et banquier François Genoud (1915-1994), exécuteur testamentaire d'Adolf Hitler et de Joseph Goebbels, et financier de droite impliqué dans des activités anti-israéliennes. Dans les années 1970 et 1980, Huber intensifie ses contacts avec l'extrême gauche et les islamistes, principalement avec le régime chiite de l'Ayatollah Khomeini qu'il admire et désigne comme la « continuation vivante d'Adolf Hitler ».

À partir de 1989, Huber agi pour renforcer la coopération entre les extrémistes de droite et les islamistes contre Israël et les États-Unis (« États-Unis juifs d'Amérique », selon son expression lors d'un entretien avec CNN). Aux États-Unis, par exemple, il intervient comme orateur lors de la Nation of Islam et au Congrès européen de 2000 des Jeunes Démocrates Nationalistes (JN), il aborde le thème de « L'islam et la nouvelle droite ». Une conférence prévue en mars 2001 à Beyrouth, intitulée « Révisionnisme et sionisme », est interdite par le gouvernement libanais.

Révisionnisme

Huber est également connu depuis des années comme révisionniste historique, particulièrement en ce qui concerne la Shoah. En Angleterre, il participe à des événements organisés par le négationniste David Irving ; en 1996, il évoque le « canular de l’Holocauste » lors d’une interview accordée à la station de radio musulmane sud-africaine Radio 786 ; en 2002, il prend la parole lors d’une manifestation néonazie contre l’exposition sur la Wehrmacht à Munich, dont le slogan est : « Contre les mensonges historiques des idéologues politiques – Pour l’honneur de notre Wehrmacht »

Relations internationales

À partir de 2001, Huber est le seul citoyen suisse figurant sur la liste des organisations et individus soupçonnés de terrorisme établie par le département d'État américain, ainsi que sur une liste du département du Trésor des États-Unis, ce qui légalise le gel de ses avoirs et de ses transferts de fonds, en le considérant comme un financier du terrorisme,,. La même année, il figure également sur les listes de terrorisme du Conseil de sécurité des Nations Unies. À partir de 2002, Huber est également soumis à des mesures restrictives au sein de la Communauté européenne. La Suisse applique également les sanctions de l'ONU.

En raison de l’interdiction de voyager imposée par le Comité du Conseil de sécurité de l’ONU, qui oblige les États membres à refuser l’entrée aux personnes et entités figurant sur la liste, Huber devait « s’attendre à être refoulé aux frontières à l’étranger », selon Roland E. Vock du Secrétariat d’État suisse à l’économie (SECO). Huber lui-même confirme en 2007 qu’il ne peut se rendre ni aux États-Unis, ni au Canada, ni en Angleterre, ni dans les Caraïbes. Interrogé sur son souhait d’être retiré de la liste, Huber répond qu’il considère comme « un honneur » d’y figurer, parmi les « détenteurs du pouvoir » qui « inondent le monde de menaces, d’agressions et de néocolonialisme ».

Fin de vie

Marié à une Égyptienne et réputé affable et charmant dans la vie privée, Ahmed Huber vit d'une modeste pension dans sa maison de Muri, près de Berne, après avoir été déshérité de son frère Peter, lui aussi journaliste, en raison de soupçons de terrorisme. Père de deux fils et collectionneur passionné de tableaux et d'objets nazis , il y meurt le 15 mai 2008, à l'âge de 81 ans, des suites d'une longue maladie,.

Cinéma

Il apparaît dans le documentaire L'Avocat de la terreur de Barbet Schroeder, témoignant des relations existantes entre l'avocat Jacques Vergès et le banquier admirateur du national-socialisme François Genoud.

Notes et références

  1. ↑ (en) L. Komisar, « Shareholders in the Bank of Terror? » [archive du ], sur salon.com via Internet Archive, .
  2. ↑ Selon l'Office fédéral de protection de la constitution (dans son rapport Die Bedeutung des Antisemitismus im aktuellen deutschen Rechtsextremismus, Cologne, 2002, p. 24), l'Office brandebourgeois de protection de la constitution (Das Feindbild verbindet: Rechtsextremisten und Islamisten daté du , p. 3) et le ministère fédéral de l'Intérieur (dans son rapport de 2003, Verfassungsschutzbericht 2002, p. 102).
  3. ↑ Jay Bushinsky, Swiss probe anti-U.S. neo-Nazi, in San Francisco Chronicle, mars 2002.
  4. ↑ Michael 2006, p. 151.
  5. 1 2 3 4 Coogan 2002.
  6. ↑ Mark Weizmann, Antisemitismus und Holocaust-Leugnung: Permanente Elemente des globalen Rechtsextremismus, , p.60.
  7. ↑ Jürg Frischknecht : Alliance entre Crescent et Swastika. Dans : WoZ . 27 août 1993 ; Peter Niggli, Jürg Frischknecht : Réseaux de droite. Comment les « étranges patriotes » ont maîtrisé l’effondrement du communisme. Rotpunktverlag, Zurich 1998, p. 692 et suiv.
  8. ↑ (en) Jay Bushinsky, « Swiss probe anti-U.S. neo-Nazi
    Suspected financial ties to al Qaeda
     », www.SFGate.com,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. ↑ « Les amis de Faurisson : l'islamiste Ahmed Rami », sur phdn.org.
  10. ↑ Weizmann 2006, p. 61.
  11. ↑ Michael 2006, p. 115.
  12. ↑ (en)Steven Emerson, American Jihad: The Terrorists Living Among Us, Simon & Schuster, 2003, p. 106
  13. ↑ Liens entre groupes terroristes américains et européens. CNN.com. Diffusion le 5 mars 2002.http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/0203/05/i_ins.01.html
  14. ↑ Whine 2006, p. 181 ; Office fédéral pour la protection de la Constitution 2002, p. 24 ; Eschenhagen 2003, p. 15 ; Tobias Kaufmann : Coalition du mal. Dans : Kölner Stadt-Anzeiger . 23 août 2007 ; Office de Brandebourg pour la protection de la Constitution 2006, p. 4. https://www.ksta.de/koalition-des-boesen-13126904
  15. ↑ (de)Whine 2006, S. 181; Milton Shain: Vom Opfer zum Nutznießer? Die südafrikanischen Juden und die Rassenpolitik. In: Irmtrud Wojak, Susanne Meinl (Hrsg.): Grenzenlose Vorurteile. Frankfurt/New York 2002, S. 164 A39; Bundesministerium des Innern 2003, S. 102.
  16. ↑ Edward F. Mickolus, Susan L. Simmons, The Terrorist List, ABC-CLIO, 2011, p. 131
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  19. ↑ (en) « Consolidated List of The United Nations Security Council’s Al-Qaida and Taliban Sanctions Committee » [archive du ], sur www.un.org, 16. januar 2008 (consulté le )
  20. ↑ (de) « Verordnung (EG) Nr. 881/2002 des Rates vom 27. Mai 2002, zuletzt geändert durch die Verordnung (EG) Nr. 400/2008 v. 5. Mai 2008 (Memento vom 9. August 2006 im Internet Archive). S. 53, 73 » [archive du ] [PDF], sur www.zoll.de (consulté le )
  21. ↑ (de) « Verordnung vom 2. Oktober 2000 über Massnahmen gegenüber Personen und Organisationen mit Verbindungen zu Usama bin Laden, der Gruppierung «Al-Qaïda» oder den Taliban; Anhang 2 (Memento vom 8. August 2007 im Internet Archive). Konsolidierte Fassung v. 25. April 2008, S. 58 » [archive du ], sur www.seco.admin.ch (consulté le )
  22. ↑ (en) United Nations Web Services Section, « Security Council Committee established pursuant to Resolution 1267 (1999) concerning Al-Qaida and the Taliban and Associated Individuals and Entities » [archive du ], sur www.un.org (consulté le )
  23. ↑ Stefan von Bergen: Der Bösewicht auf der Blacklist. In: espace.ch. 31. August 2007.
  24. ↑ (de)Stefan von Bergen: Der Bösewicht auf der Blacklist. In: espace.ch. (Espace Media Groupe) 31. August 2007.
  25. ↑ (de) Guido Grigat, « Kolumne : Beni Frenkel: Hubers Chumasch » [archive du ], sur www.kolumnen.de (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes