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Albert Friedrich Armand Huber |
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Ahmed Huber, également Ahmed Abdallah Ramadan al-Swissri, né Albert Friedrich Armand Huber le dans le canton de Fribourg et mort le à Muri bei Bern, est un gestionnaire de banque et un journaliste suisse.
Converti à l'islam, il est l'un des cinq dirigeants de la banque Al-Taqwa qui est au centre d'une controverse à la suite des liens qu'elle entretient avec des organisations islamistes terroristes telle qu'Al-Qaïda, selon l'administration Bush. Les autorités allemande, suisse et américaine, le considèrent également comme un extrémiste de droite ainsi qu'une « passerelle mondiale entre le négationnisme et l'antisémitisme islamiste ».
Ahmed Huber naît dans une famille protestante fervente sous le nom d'Albert Friedrich Armand Huber. À la fin des années 1950, il est actif dans le Parti socialiste suisse (il en sera exclu en 1994,,) et il noue alors des rapports avec l'islam lors de son soutien au mouvement indépendantiste algérien pendant la Guerre d'Algérie. Il étudie ensuite l'islam à Genève dans un centre des Frères musulmans, puis part pour l'Égypte sur les conseils de l'ambassadeur d'Égypte en Suisse, Fathi al-Dhib, et s'y convertit à l'islam sunnite en 1962,. Il prend pour nom « Ahmed Abdallah Ramadan al-Swissri ».
Jusqu'en 1981, Ahmed Huber travaille principalement comme rédacteur du Palais fédéral pour le département suisse de l'agence de presse Deutscher Depeschendienst à Berne, sous la direction rédactionnelle de Wolfgang Kenntemich, puis sous celle d'Urs C. Grassi. Huber travaille ensuite pour la maison d'édition Ringier.
Après avoir publiquement admis à des journalistes ses liens auparavant non divulgués avec les cercles néo-nazis, Huber est expulsé du Parti social-démocrate en 1994.
En Égypte, il fait la connaissance de Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), grand mufti de Jérusalem, collaborateur nazi ainsi que membre de la SS, à propos duquel Huber s'exprime positivement en 1965 lors d'un entretien, et de Johann von Leers (1902-1965), l'un des auteurs antisémites les plus radicaux du IIIe Reich, qui s'est également converti à l'islam sous le nom d'« Omar Amin von Leers » et qui tient un rôle-clé en tant que propagandiste pour l'Égyptien Gamal Abdel Nasser (1918-1970),,.
Après son retour en Suisse, Huber devient un familier de l'avocat et banquier François Genoud (1915-1994), exécuteur testamentaire d'Adolf Hitler et de Joseph Goebbels, et financier de droite impliqué dans des activités anti-israéliennes. Dans les années 1970 et 1980, Huber intensifie ses contacts avec l'extrême gauche et les islamistes, principalement avec le régime chiite de l'Ayatollah Khomeini qu'il admire et désigne comme la « continuation vivante d'Adolf Hitler ».
À partir de 1989, Huber agi pour renforcer la coopération entre les extrémistes de droite et les islamistes contre Israël et les États-Unis (« États-Unis juifs d'Amérique », selon son expression lors d'un entretien avec CNN). Aux États-Unis, par exemple, il intervient comme orateur lors de la Nation of Islam et au Congrès européen de 2000 des Jeunes Démocrates Nationalistes (JN), il aborde le thème de « L'islam et la nouvelle droite ». Une conférence prévue en mars 2001 à Beyrouth, intitulée « Révisionnisme et sionisme », est interdite par le gouvernement libanais.
Huber est également connu depuis des années comme révisionniste historique, particulièrement en ce qui concerne la Shoah. En Angleterre, il participe à des événements organisés par le négationniste David Irving ; en 1996, il évoque le « canular de l’Holocauste » lors d’une interview accordée à la station de radio musulmane sud-africaine Radio 786 ; en 2002, il prend la parole lors d’une manifestation néonazie contre l’exposition sur la Wehrmacht à Munich, dont le slogan est : « Contre les mensonges historiques des idéologues politiques – Pour l’honneur de notre Wehrmacht »
À partir de 2001, Huber est le seul citoyen suisse figurant sur la liste des organisations et individus soupçonnés de terrorisme établie par le département d'État américain, ainsi que sur une liste du département du Trésor des États-Unis, ce qui légalise le gel de ses avoirs et de ses transferts de fonds, en le considérant comme un financier du terrorisme,,. La même année, il figure également sur les listes de terrorisme du Conseil de sécurité des Nations Unies. À partir de 2002, Huber est également soumis à des mesures restrictives au sein de la Communauté européenne. La Suisse applique également les sanctions de l'ONU.
En raison de l’interdiction de voyager imposée par le Comité du Conseil de sécurité de l’ONU, qui oblige les États membres à refuser l’entrée aux personnes et entités figurant sur la liste, Huber devait « s’attendre à être refoulé aux frontières à l’étranger », selon Roland E. Vock du Secrétariat d’État suisse à l’économie (SECO). Huber lui-même confirme en 2007 qu’il ne peut se rendre ni aux États-Unis, ni au Canada, ni en Angleterre, ni dans les Caraïbes. Interrogé sur son souhait d’être retiré de la liste, Huber répond qu’il considère comme « un honneur » d’y figurer, parmi les « détenteurs du pouvoir » qui « inondent le monde de menaces, d’agressions et de néocolonialisme ».
Marié à une Égyptienne et réputé affable et charmant dans la vie privée, Ahmed Huber vit d'une modeste pension dans sa maison de Muri, près de Berne, après avoir été déshérité de son frère Peter, lui aussi journaliste, en raison de soupçons de terrorisme. Père de deux fils et collectionneur passionné de tableaux et d'objets nazis , il y meurt le 15 mai 2008, à l'âge de 81 ans, des suites d'une longue maladie,.
Il apparaît dans le documentaire L'Avocat de la terreur de Barbet Schroeder, témoignant des relations existantes entre l'avocat Jacques Vergès et le banquier admirateur du national-socialisme François Genoud.