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Albert Meister est un sociologue libertaire, spécialiste du développement et des associations, né à Bâle le et mort à Kyoto le .
« Sociologue de l'utopie »,, il a surtout écrit sur l'autogestion, le milieu associatif et coopératif, et le développement des pays pauvres.
Albert Meister grandit à Delémont. Après des études en sciences économiques, sociologie et psychologie à l'Université de Genève, il travaille à l'École pratique des hautes études de Paris (où il collabore notamment avec Alain Touraine et Henri Desroche) et dirige un centre de recherches en Italie du Nord. D'abord influencé par le marxisme, il se rapproche dès 1949 de la gauche libertaire et des idées de Vilfredo Pareto, mais continue d'écrire pour des revues marxistes et de gauche chrétienne.
Dès le début des années 1950, il associe recherche et action auprès des communautés de travail, et demeure toute sa carrière un sociologue de terrain. En 1958, il soutient sa thèse de doctorat puis fonde, avec Adriano Olivetti, l’International Review of Community Development, dont il devient le premier directeur,. Avec Socialisme et autogestion : l'expérience yougoslave (1964), Meister popularise en France la notion d'autogestion ; notion dont il critique ensuite les récupérations populistes, néolibérales, voire totalitaires (L'Autogestion en uniforme, 1981).
Dans les années 1970, les travaux de Meister sur les communautés renouvellent la théorie coopérative et annoncent le développement de l'économie sociale et solidaire. Son activité littéraire se poursuit : il collabore à la partie française d'Interrogations, revue internationale de recherche anarchiste. Il publie également un roman sous pseudonyme, La Soi-disant utopie du Centre Beaubourg (1976), puis rédige des textes satiriques dans la revue d'art et d'humour Le Fou parle, qu'il fonde avec Jacques Vallet en 1977.