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Alexander McNutt (1725, près de Derry, en Irlande – 1811, Lexington, en Virginie) est un officier de la British Army, colon et agent foncier, qui est chargé de faire venir environ 500 Scots d'Ulster en Nouvelle-Écosse au début des années 1760.
McNutt émigre en Amérique quelque temps avant 1753, date à laquelle il s'établit dans la ville de Staunton, en Virginie. En 1756, il est officier dans la milice de Virginie lors de l'expédition de Sandy Creek (en) menée par le major Andrew Lewis (en) contre les Chaouanons sur l'Ohio. En septembre 1758, McNutt s'installe à Londonderry, dans le New Hampshire, une ville peuplée par des Scots d'Ulster.
Entre avril et novembre 1760, McNutt sert comme capitaine dans les forces du Massachusetts au fort Cumberland, près de l'actuelle frontière entre la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, cinq ans après la déportation des Acadiens. C’est à cette époque qu’il s’implique dans la colonisation de la Nouvelle-Écosse. Il s’intéresse aux cantons de Cobequid, notamment à ceux de Truro et de Londonderry.
Grâce aux efforts de McNutt, un groupe de cinquante familles du New Hampshire arrive au printemps 1761 dans la région de Cobequid (Truro), en Nouvelle-Écosse. Plusieurs de ses projets visant à établir quelque 7 000 à 8 000 Irlandais protestants en Nouvelle-Écosse sont acceptés par le Board of Trade à Londres, mais il ne parvient pas à obtenir le soutien du Conseil privé, qui craint qu'une telle émigration ne nuise aux intérêts britanniques en Irlande. Il se rend néanmoins en Ulster avec la seule approbation du Board of Trade afin d’y recruter des émigrants. Au printemps 1761, il fait publier des annonces dans tout l’Ulster, proposant aux « agriculteurs industrieux et artisans utiles » une concession de 200 acres de terres au chef de famille, ainsi que 50 acres à chaque membre de celle-ci. Ses efforts aboutissent à l'arrivée de 300 colons à Halifax en octobre, à bord des navires Hopewell et Nancy (en).
L’automne suivant, 170 autres colons quittent Londonderry à bord des deux mêmes navires et s'installent dans la région de New Dublin, dans l'actuel comté de Lunenburg, ainsi qu’ailleurs dans la province. McNutt travaille également à l’établissement d’un groupe d’anciens soldats de la Nouvelle-Angleterre, parmi lesquels se trouve Israel Perley, le long du fleuve Saint-Jean. En 1764, il entame des négociations avec John Hughes (en), de Philadelphie, une entreprise qui aboutit deux ans plus tard à l’établissement de 60 colons germano-pennsylvaniens dans le canton de Monckton (en), sur la rivière Petitcodiac.
Les projets d’établissements de grande ampleur portant sur quelque 2 300 000 acres de terres échouent lorsque l’essor foncier de la Nouvelle-Écosse s’essouffle vers le milieu des années 1760. McNutt passe une partie de la fin de la décennie à vivre avec son frère sur l'île McNutt (en), dans le port de Rosebay, près de l’actuelle Shelburne, ainsi que dans la région de Cobequid, où il apparaît dans le recensement de 1771. Il semble alors subvenir à ses besoins en travaillant à l’abattage du bois.
Il est élu le à l'Assemblée générale de la Nouvelle-Écosse pour le canton de Londonderry (en), mais son siège est déclaré vacant le ,.
Il est condamné à payer plusieurs dettes et contraint de vendre ses terres à Port Roseway. D'autres terres qu’il possède dans le bassin des Mines, à Beaver Harbour (en) et sur la limite côtière orientale de la concession de Philadelphie (en), à Pictou, sont confisquées au profit de la Couronne. Il quitte la colonie vers 1780, y revient vers 1786, puis la quitte définitivement en 1794 et s'installe finalement dans le comté de Rockbridge, en Virginie, en 1796.
McNutt atteint le grade de colonel dans l’armée.