| Secrétaire général de la préfecture de la Seine (d) | |
|---|---|
| - | |
| Directeur École d'administration | |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités |
Fonctionnaire, journaliste, avocat |
| Fratrie |
| Distinctions |
|---|
Alfred Blanche, né le à Rouen (Seine-Maritime) et mort en 1893 à Paris, est un haut fonctionnaire français. Conseiller d'État, il a été le premier et seul directeur de l'École d'administration créée par Hippolyte Carnot et ancêtre de l'ENA, devenue Institut national du service public.
Alfred Blanche naît dans une famille aisée. Il est le fils d'Antoine-Louis Blanche, chirurgien chef des hôpitaux militaires de Rouen. Il a deux frères : Esprit Blanche, psychiatre, et Emmanuel Blanche, médecin. Il fait des études de droit et obtient une licence de droit.
En 1837, Alfred Blanche est inscrit à l'ordre des avocats de Paris et devient avocat à la Cour d'appel de Paris. Il devient par ailleurs l'associé d'Alexis de Tocqueville, qu'il aide dans ses travaux intellectuels et publications. Intéressé par le droit administratif naissant, Blanche se rapproche de Joseph-Marie de Gérando. Il devient rapidement le rédacteur en chef de l'école des communes, publication de droit public. Il participe à la deuxième édition du livre Institutes du droit administratif français, publié en 1846, et qui fait office de référence pour les publicistes.
Sa réputation parmi les juristes permet à Blanche de prétendre à des fonctions publiques. En 1847, il est nommé inspecteur général des établissements de bienfaisance ; dès la fin de cette même année, il est intégré au Conseil d'État. Il obtient rapidement des responsabilités : en mars 1848, il devient sous-directeur au bureau des cultes.
La Révolution française de 1848 mène à la création de l'École d'administration par Hippolyte Carnot, qui a vocation à former les futurs hauts fonctionnaires français. Le 5 août 1848, Blanche est nommé directeur de cette nouvelle école. Il y enseigne également le droit administratif, aux côtés de Sébastien Joseph Boulatignier.
En février 1849, il est nommé comme conseiller à la préfecture de la Seine. Il continue néanmoins de diriger l'école, qui vacille sous les attaques de la droite la plus conservatrice, qui voit d'un mauvais œil le principe d'une sélection par concours des hauts fonctionnaires, et préfère un recrutement par entretiens qui garantit le choix discrétionnaire de l'administration et la cooptation. L'arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte et d'Alfred de Falloux conduisent à la suppression de l'école en août 1849. Alfred Blanche continue néanmoins d'aider ses anciens élèves, en les recommandant auprès de membres de son réseau et en les soutenant dans leur carrière.
En avril 1851, Alfred Blanche est nommé secrétaire général du ministère de l'Intérieur, à l'âge de 35 ans. Il quitte ce poste en mai 1852 pour retrouver le Conseil d’État, qu'il quitte aussitôt pour devenir secrétaire général du ministère d’État nouvellement créé, et qui gérait les relations avec le Parlement comme l'administration de certains palais nationaux. Lors de la création du ministère de l'Algérie et des Colonies en 1858, Alfred Blanche en est nommé secrétaire général. En 1860, il retourne au Conseil, cette fois à la section du contentieux.
En 1865, il est nommé secrétaire général de la préfecture de la Seine, où il appuie Georges Eugène Haussmann dans sa politique de rénovation de la capitale. Lors de la guerre franco-allemande de 1870, Blanche est nommé préfet de la Seine par intérim et assure la logistique d'approvisionnement en vivres de Paris.
Il quitte ses fonctions lors de la proclamation de la Troisième République. Il devient enseignant de droit commercial à l'ESCP.
Alfred Blanche est nommé officier de la Légion d'honneur en août 1855, puis commandeur de la Légion d'Honneur en août 1866. A sa mort en 1889, son ancien élève, Léon Aucoc, lui rend un hommage appuyé.