Alice Cocéa

Alice Cocéa
Description de cette image, également commentée ci-après
Alice Cocéa en 1921.
Nom de naissance Sophie Alice Cocéa
Naissance
Sinaia (Roumanie)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 70 ans)
Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
Profession Actrice, metteuse en scène, directrice de théâtre

Alice Cocéa est une actrice, metteuse en scène et directrice de théâtre française d'origine roumaine, née le à Sinaia en Roumanie et morte le à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine.

Biographie

Alice Sophie Cocéa est la fille du général Dumitru Cocea ; son frère aîné N. D. Cocea (1880-1949) est romancier et journaliste, homme politique de gauche en Roumanie ; une des filles de ce dernier, Dina Cocea (1912-2008) est actrice et dramaturge.

Alice Cocéa suit les cours du Conservatoire de Bucarest entre 1909 et 1912. Elle s'installe ensuite à Paris, et y achève ses études d’art dramatique en 1917. Elle commence sa carrière de comédienne en 1918 : elle joue au théâtre dans deux opérettes légères (elle chante en soprano) d'Henri Christiné et Albert Willemetz, Phi-Phi créée en 1918, puis Dédé créée en 1921, où elle chante en duo avec Maurice Chevalier ; elle est actrice dans un film muet de Jacques de Baroncelli en 1918.

En 1926, elle épouse le comte Stanislas de La Rochefoucauld-Doudeauville, malgré l'opposition de la famille de ce dernier ; l'écrivain Colette est son témoin. Divorcée en 1931, elle ne s'est jamais remariée par la suite. Elle joue dans plusieurs films à partir de 1930 quand le cinéma devient parlant.

Profondément épris d'elle, l'explorateur Victor Point, un des membres de la Croisière jaune, avec qui elle vivait en couple depuis trois ans et à qui elle avait promis de devenir son épouse une fois son divorce prononcé, se suicide en sa présence au cours d'une promenade en barque dans la baie d'Agay le ,,.

Pendant l'Occupation, Alice Cocéa dirige de 1940 à 1944, avec Roger Capgras, le Théâtre des Ambassadeurs à Paris ; elle a remplacé le dramaturge Henri Bernstein qui, d’origine juive, a dû s'exiler en juin 1940 aux États-Unis. Son attitude à l'égard des Allemands, pendant cette période, lui est reprochée à la Libération et ultérieurement ; elle est arrêtée en pour collaboration, libérée au printemps 1945 ; son dossier est classé sans suite, mais elle est sous le coup d’une interdiction professionnelle, et ne reprendra son activité d'actrice et de metteuse en scène qu’en 1947.

Elle met en scène, joue au théâtre et dans quelques films jusqu'au début des années 1960. En , sa mise en scène de la pièce La Reine de Césarée de Robert Brasillach, fusillé en 1945 pour collaboration, au Théâtre des Arts et où elle joue le rôle-titre, provoque des manifestations et une polémique politique et judiciaire,,,. Un conflit éclate entre la directrice du théâtre, Alexandra Roubé-Jansky et Alice Cocéa, qui souhaite prolonger les représentations ; il est porté devant la justice qui déboute la metteuse en scène.

En 1964, elle joue une dernière pièce, Bonheur, impair et passe de Françoise Sagan, et joue un rôle secondaire dans le film de Roger Vadim la Ronde ; en 1965, elle met en scène à bord du paquebot France un vaudeville de Noël Coward, Quatuor, adapté par Paul Géraldy. Elle quitte ensuite le monde du spectacle et se consacre alors à sa nouvelle passion : la peinture.

Alice Cocéa meurt à 70 ans le à Boulogne-Billancourt, des suites d'une brève maladie ; elle est enterrée au cimetière de Saint-Brisson-sur-Loire, dans le Loiret. Sa sépulture a récemment été réhabilitée par son neveu par alliance, Armand de La Rochefoucauld.

En 2017, Marie-Thérèse Thierry et Gérard Damion, deux passionnés, créent l'Association « Les Amis d'Alice Cocéa » ; celle-ci est destinée à mieux faire connaître la vie et la carrière de cette comédienne, et à rechercher tout ce qui la concerne.

Théâtre

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données Les Archives du spectacle. Sauf mention contraire, les théâtres indiqués sont situés à Paris.

Actrice : opérettes et comédies musicales

  • 1923 : Avec plaisir !, opérette, musique de Georges Ménier, livret d'Hervé Lauwick (création), Cercle des Escholiers.

Actrice : pièces de théâtre

Metteuse en scène et comédienne

Alice Cocéa jouant le rôle de Laurie en 1949 dans Sincèrement de Michel Duran au Théâtre des Capucines.

Metteuse en scène

Filmographie

Cinéma

Télévision

Publications

Bibliographie

Notes et références

Notes

  1. ↑ Olivier Weber a consacré à cet épisode un roman On ne se tue pas pour une femme, publié en 2000 ; il a également fait l'objet d'une bande dessinée de Régis Hautière (scénario) et Arnaud Poitevin (dessin) en 3 volumes publiés de 2010 à 2013 : Le marin, l’actrice et la croisière jaune, publiée chez Quadrants.
  2. ↑ Rôle repris par Arletty en 1955 lorsque la pièce est jouée au Théâtre des Célestins à Lyon.
  3. ↑ Pièce de théâtre à ne pas confondre avec le film La Femme du boulanger de Marcel Pagnol, inspiré d'un épisode du roman de Giono, Jean le Bleu.

Références

  1. ↑ (en) « French Court Overrules Ducal Objection To Wedding of Young Heir and an Actress », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  2. ↑ (en) « Lieut. point kills himself in boat. French Explorer Dies in Jealous Row With Mile. Cocea, Light Comedy Actress », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  3. ↑ « Le drame de la baie d'Agay. Le lieutenant de vaisseau Victor Point s'est suicidé par amour devant le yacht de Mme Alice Cocéa », Comœdia,‎ , p. 1, col. 6-7 (lire en ligne).
  4. ↑ Roger Grison, « Alice Cocéa, directeur du théâtre des Ambassadeurs », Le Petit Parisien,‎ .
  5. 1 2 Dominique Viart, « Compte-rendu. La Séparation de Claude Simon : un texte précurseur » », Cahiers Claude Simon, no 15,‎ , p. 273-283 (lire en ligne Accès libre).
  6. ↑ « Violentes manifestations au Théâtre des Arts. La Reine de Césarée n'a pu être représentée », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. 1 2 Emmanuel Debono, « Brasillach à l’affiche. La Reine de Césarée », dans Le racisme dans le prétoire. Antisémitisme, racisme et xénophobie devant la loi, Paris, Presses Universitaires de France, (ISBN 978-2-13-081004-9, lire en ligne Accès limité), p. 267-300.
  8. 1 2 Robert Kemp, « Au Théâtre des Arts », Le Monde,‎ 19 novembre1957 (lire en ligne).
  9. ↑ André Frossard, « Dernière polémique à propos de La Reine de Césarée », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  10. ↑ « La Reine de Césarée quittera-t-elle l'affiche ? », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ « Mmes Roubé-Jansky et Cocéa se séparent. Et La Reine de Césarée quittera le l'affiche du Théâtre des Arts », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. ↑ « Théâtre à bord du paquebot France », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. ↑ « Mort de la comédienne Alice Cocéa », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  14. ↑ Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi, , 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 100.
  15. ↑ « Coccéa Alice », sur Encyclopédie multimédia de la comédie musicale en France.
  16. ↑ « Le théâtre. Une femme libre par A. Salacrou à l'Œuvre », Esprit, vol. 3, no 27,‎ , p. 488-490 (lire en ligne Accès limité).
  17. ↑ « Gigi portera-t-elle bonheur au Théâtre des Arts ? », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  18. ↑ Saint-Aignan, « Gigi a pleuré de joie. la plus élégante soirée de la saison », Paris-Presse,‎ , p. 1, col. 3-4 (lire en ligne).
  19. ↑ Robert Kemp, « Quatuor aux Capucines », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  20. ↑ Claude Sarraute, « Jean-Bernard Lux s'intéresse aux Amants novices », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  21. ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Monsieur chasse de Georges Feydeau », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  22. ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « La Séparation de Claude Simon », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  23. ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Bonheur, impair et passe de Françoise Sagan », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  24. ↑ « Programme et articles de presse sur Échec à Don Juan », sur Gallica.
  25. ↑ « Recueil d'articles de presse sur la mise en scène de La Femme du boulanger », sur gallica.
  26. ↑ Robert Kemp, « Le Voyage en calèche au Vieux-Colombier », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  27. ↑ « Articles de presse sur Sincèrement au Théâtre des Capucines », sur Gallica.
  28. ↑ « Robert Brasillach au Théâtre des Arts », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  29. ↑ « Programme et articles de presse sur Histoire de rire », sur Gallica.

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :