| Nom de naissance | Sophie Alice Cocéa |
|---|---|
| Naissance |
Sinaia (Roumanie) |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 70 ans) Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) |
| Profession | Actrice, metteuse en scène, directrice de théâtre |
Alice Cocéa est une actrice, metteuse en scène et directrice de théâtre française d'origine roumaine, née le à Sinaia en Roumanie et morte le à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine.
Alice Sophie Cocéa est la fille du général Dumitru Cocea ; son frère aîné N. D. Cocea (1880-1949) est romancier et journaliste, homme politique de gauche en Roumanie ; une des filles de ce dernier, Dina Cocea (1912-2008) est actrice et dramaturge.
Alice Cocéa suit les cours du Conservatoire de Bucarest entre 1909 et 1912. Elle s'installe ensuite à Paris, et y achève ses études d’art dramatique en 1917. Elle commence sa carrière de comédienne en 1918 : elle joue au théâtre dans deux opérettes légères (elle chante en soprano) d'Henri Christiné et Albert Willemetz, Phi-Phi créée en 1918, puis Dédé créée en 1921, où elle chante en duo avec Maurice Chevalier ; elle est actrice dans un film muet de Jacques de Baroncelli en 1918.
En 1926, elle épouse le comte Stanislas de La Rochefoucauld-Doudeauville, malgré l'opposition de la famille de ce dernier ; l'écrivain Colette est son témoin. Divorcée en 1931, elle ne s'est jamais remariée par la suite. Elle joue dans plusieurs films à partir de 1930 quand le cinéma devient parlant.
Profondément épris d'elle, l'explorateur Victor Point, un des membres de la Croisière jaune, avec qui elle vivait en couple depuis trois ans et à qui elle avait promis de devenir son épouse une fois son divorce prononcé, se suicide en sa présence au cours d'une promenade en barque dans la baie d'Agay le ,,.
Pendant l'Occupation, Alice Cocéa dirige de 1940 à 1944, avec Roger Capgras, le Théâtre des Ambassadeurs à Paris ; elle a remplacé le dramaturge Henri Bernstein qui, d’origine juive, a dû s'exiler en juin 1940 aux États-Unis. Son attitude à l'égard des Allemands, pendant cette période, lui est reprochée à la Libération et ultérieurement ; elle est arrêtée en pour collaboration, libérée au printemps 1945 ; son dossier est classé sans suite, mais elle est sous le coup d’une interdiction professionnelle, et ne reprendra son activité d'actrice et de metteuse en scène qu’en 1947.
Elle met en scène, joue au théâtre et dans quelques films jusqu'au début des années 1960. En , sa mise en scène de la pièce La Reine de Césarée de Robert Brasillach, fusillé en 1945 pour collaboration, au Théâtre des Arts et où elle joue le rôle-titre, provoque des manifestations et une polémique politique et judiciaire,,,. Un conflit éclate entre la directrice du théâtre, Alexandra Roubé-Jansky et Alice Cocéa, qui souhaite prolonger les représentations ; il est porté devant la justice qui déboute la metteuse en scène.
En 1964, elle joue une dernière pièce, Bonheur, impair et passe de Françoise Sagan, et joue un rôle secondaire dans le film de Roger Vadim la Ronde ; en 1965, elle met en scène à bord du paquebot France un vaudeville de Noël Coward, Quatuor, adapté par Paul Géraldy. Elle quitte ensuite le monde du spectacle et se consacre alors à sa nouvelle passion : la peinture.
Alice Cocéa meurt à 70 ans le à Boulogne-Billancourt, des suites d'une brève maladie ; elle est enterrée au cimetière de Saint-Brisson-sur-Loire, dans le Loiret. Sa sépulture a récemment été réhabilitée par son neveu par alliance, Armand de La Rochefoucauld.
En 2017, Marie-Thérèse Thierry et Gérard Damion, deux passionnés, créent l'Association « Les Amis d'Alice Cocéa » ; celle-ci est destinée à mieux faire connaître la vie et la carrière de cette comédienne, et à rechercher tout ce qui la concerne.
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Sauf mention contraire, les théâtres indiqués sont situés à Paris.
