Équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XIII

Description de l'image New Zealand Rugby League (logo).svg.
Surnom les Kiwis
Stade Mount Smart Stadium (36 000), Eden Park (60 000)
maillot maillot maillot
short
Association New Zealand Rugby League
Entrée à l'IRL 1948
Sélectionneur Stacey Jones
Record de sélections Ruben Wiki : 55
Record de points Matthew Ridge : 168
Record d’essais Manu Vatuvei : 22
Premier match officiel pays de Galles 8 - 9 Nouvelle-Zélande
Plus large victoire Tonga 0 - 74 Nouvelle-Zélande
Plus large défaite Nouvelle-Zélande 0 - 54 Australie
Coupe du monde Phases finales : 17/17
· meilleur résultat Vainqueur (2008)

L'équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XIII, surnommée les « Kiwis », est la sélection nationale qui représente la Nouvelle-Zélande dans les compétitions internationales de rugby à XIII. Placée sous l'autorité de la New Zealand Rugby League (NZRL), elle figure parmi les principales nations de la discipline aux côtés de l'Australie et de l'Angleterre. Elle entretient notamment une rivalité historique avec la sélection australienne, les « Kangaroos », qui constitue l'une des grandes confrontations du rugby à XIII international.

L'histoire de la sélection remonte à 1907, lorsqu'Albert Henry Baskerville organise une tournée d'une équipe néo-zélandaise en Grande-Bretagne et en Australie. Surnommée les « All Golds », cette formation pionnière contribue à l'introduction et à l'implantation du rugby à XIII dans l'hémisphère Sud, avant même la structuration de la discipline en Nouvelle-Zélande. Devenue les « Kiwis », la sélection se distingue progressivement par ses confrontations avec les équipes britanniques et australiennes, puis par l'émergence de plusieurs générations de joueurs évoluant dans les championnats professionnels d'Australie et d'Angleterre. Elle participe à toutes les éditions de la Coupe du monde de rugby à XIII depuis sa création en 1954.

La Nouvelle-Zélande remporte son premier titre mondial lors de la Coupe du monde 2008, en battant l'Australie en finale (34-20) à Brisbane, après avoir échoué à ce stade de la compétition en 1988 et 2000. Elle dispute une nouvelle finale en 2013. Son palmarès comprend également le Tri-Nations 2005, deux éditions du Tournoi des Quatre Nations en 2010 et 2014, ainsi que les Championnats du Pacifique de 2023 et 2025. Ces succès lui permettent de s'affirmer comme la principale rivale de l'Australie sur la scène internationale.

Reconnaissable à son maillot noir orné d'un chevron blanc, la sélection a vu évoluer plusieurs figures majeures de l'histoire du rugby à XIII, parmi lesquelles Mark Graham, Ruben Wiki, Stacey Jones, Benji Marshall et Shaun Johnson. Son identité s'appuie également sur la place importante des joueurs maoris et issus des communautés du Pacifique dans le développement de la discipline. Composée principalement de joueurs évoluant en National Rugby League (NRL), la sélection demeure l'une des références du rugby à XIII mondial. Depuis 2024, elle est entraînée par l'ancien international Stacey Jones.

Histoire

Les pionniers du rugby à XIII dans l'hémisphère Sud (1907-1910)

La sélection « All Golds » de la tournée de 1907-1908.

L'histoire de l'équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XIII commence en 1907, dans un contexte de profondes divisions entre les défenseurs de l'amateurisme et les partisans du professionnalisme dans le rugby. Alors que le rugby à XV constitue déjà l'un des principaux sports du pays, le développement de la Northern Rugby Football Union dans le nord de l'Angleterre attire l'attention de plusieurs joueurs néo-zélandais. La tournée effectuée par les All Blacks en Grande-Bretagne en 1905-1906 a notamment révélé les tensions entourant les indemnités accordées aux joueurs, certains d'entre eux estimant insuffisante la compensation financière des longues absences imposées par les déplacements internationaux. Albert Henry Baskerville, employé des postes de Wellington et passionné de rugby, entreprend alors de constituer une équipe destinée à affronter les formations professionnelles britanniques. Il reçoit le soutien de George Smith, ancien international néo-zélandais de rugby à XV, qui a découvert le rugby de la Northern Union pendant la tournée de 1905. Baskerville rassemble vingt-cinq joueurs, parmi lesquels plusieurs anciens All Blacks, et organise une tournée en Grande-Bretagne et en Australie. L'équipe reçoit le surnom d'« All Golds », par opposition aux « All Blacks », en référence au caractère professionnel de l'entreprise et à la rémunération des participants.

La tournée de 1907-1908 constitue un événement fondateur dans l'histoire du rugby à XIII. Les Néo-Zélandais disputent notamment trente-cinq rencontres en Grande-Bretagne, pour dix-neuf victoires, six matchs nuls et dix défaites, avant de poursuivre leur voyage en Australie. Ils affrontent des clubs, des sélections régionales et les représentants de la Northern Union. Cette tournée intervient alors que les règles du rugby à XIII, notamment le passage à treize joueurs en 1906, sont encore récentes. Les rencontres organisées contre les Australiens contribuent également à populariser le nouveau code dans ce pays, où les premières compétitions professionnelles sont créées en 1908.

La tournée est cependant marquée par la mort d'Albert Baskerville, emporté par une pneumonie à Brisbane en mai 1908. À leur retour, les joueurs organisent des rencontres destinées notamment à soutenir financièrement sa famille. Le , une rencontre disputée à l'Athletic Park de Wellington constitue le premier match de rugby à XIII joué sur le sol néo-zélandais. Des équipes régionales apparaissent rapidement à Auckland, Wellington et Taranaki, puis dans d'autres provinces.

En 1910, la New Zealand Rugby League est constituée afin d'organiser la pratique de la discipline et de recevoir une tournée britannique. La sélection nationale dispose désormais d'une structure fédérale, bien que son développement demeure confronté à la prédominance institutionnelle et populaire du rugby à XV. Contrairement à la situation observée dans certaines régions d'Angleterre et d'Australie, où des clubs entiers changent de code, l'implantation néo-zélandaise repose principalement sur des initiatives individuelles et sur la création de nouvelles équipes.

La structuration de la sélection et les premières rivalités (1910-1939)

Sélection néo-zélandaise en 1925.

Au cours des décennies suivantes, l'équipe nationale se construit autour de ses confrontations avec les sélections australienne et britannique. Les tournées internationales constituent alors l'essentiel de son calendrier et permettent aux meilleurs joueurs issus des compétitions régionales de se mesurer à des adversaires plus expérimentés. Cependant, les relations sportives avec l'Australie demeurent inégales car les instances australiennes considèrent longtemps la Nouvelle-Zélande comme un adversaire secondaire et refusent d'organiser des test-matchs sur leur territoire entre 1909 et 1948. Les équipes néo-zélandaises en tournée affrontent principalement des sélections d'États ou des formations régionales. Les rencontres contre la Grande-Bretagne occupent dès lors une place importante. En 1924, la Nouvelle-Zélande remporte une série de trois test-matchs contre les Britanniques par deux victoires à une, démontrant sa capacité à rivaliser avec l'une des principales puissances de la discipline. Les tournées des Lions britanniques contribuent également à attirer le public et à asseoir la légitimité du rugby à XIII dans le pays.

La sélection bénéficie parallèlement d'une participation importante des joueurs maoris. Dès 1908, l'ancien All Black Albert Asher organise une tournée d'une équipe maorie en Australie, renouvelée en 1909. Cette tradition se développe indépendamment de l'équipe nationale tout en alimentant le vivier des joueurs néo-zélandais. En 1936, Steve Watene devient le premier Māori à exercer le capitanat de la sélection nationale, avant de renouveler cette fonction contre l'Australie l'année suivante.

En 1938, la sélection adopte officiellement le surnom de « Kiwis », emprunté à l'oiseau emblématique du pays, ainsi que le chevron blanc sur son maillot noir. Ces deux éléments deviennent les principaux symboles de son identité sportive. Cette période voit ainsi se consolider une équipe nationale reconnue, même si ses moyens demeurent limités par rapport à ceux des grandes fédérations australienne et britannique.

L'affirmation internationale et les grands succès d'après-guerre (1945-1969)

Après l'interruption des compétitions internationales provoquée par la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Zélande connaît une période de résultats particulièrement favorables. La reprise des rencontres avec l'Australie permet aux Kiwis de contester plus régulièrement la domination de leurs voisins. Les séries disputées en 1948 en Australie et en 1949 en Nouvelle-Zélande se terminent toutes deux sur des résultats de parité, illustrant le rapprochement entre les deux sélections. La sélection élargit également ses confrontations internationales. En 1947, elle rencontre pour la première fois l'équipe de France à Paris, s'imposant par 11 à 7 au terme d'une rencontre disputée. Le développement des relations avec les nations européennes permet aux joueurs néo-zélandais de découvrir d'autres styles de jeu et contribue au rayonnement de la sélection au-delà du monde anglophone.

En 1952, les Kiwis réalisent une performance historique en remportant pour la première fois une série de test-matchs contre l'Australie sur le territoire australien. Après une victoire 21 à 19 à Sydney, ils s'inclinent 19 à 9 à Brisbane, avant de remporter le troisième match 19 à 9 à Sydney. Cette victoire marque une étape majeure dans l'histoire de la sélection et confirme sa capacité à rivaliser avec les Kangaroos sur leur propre terrain. L'année suivante, les Néo-Zélandais remportent également la série disputée à domicile contre l'Australie,. Lorsque la première Coupe du monde de rugby à XIII est organisée en 1954 en France, la Nouvelle-Zélande fait partie des quatre nations fondatrices de la compétition, aux côtés de la France, de l'Australie et de la Grande-Bretagne. Elle participe à chacune des éditions suivantes. Son parcours demeure cependant irrégulier en raison de plusieurs résultats encourageants et des troisièmes places en 1957 et 1960, elle ne parvient pas encore à disputer une finale mondiale.

Les années 1950 et 1960 sont marquées par l'émergence de joueurs tels que Desmond White, Cliff Johnson, John Butterfield, George Menzies et Roger Bailey. Plusieurs d'entre eux deviennent des références du rugby à XIII néo-zélandais. La sélection conserve également une forte implantation régionale, notamment à Auckland, tandis que les départs de joueurs vers les clubs professionnels britanniques et australiens participent progressivement à l'élévation du niveau individuel. Entre 1960 et 1964, ses performances internationales lui valent de recevoir le « trophée Courtney », récompensant la meilleure nation de rugby à XIII sur cette période. En 1962, les Kiwis dominent notamment à deux reprises les Lions britanniques à Carlaw Park, à Auckland, avec dix-neuf points d'écart à chaque rencontre. Malgré ces succès, l'Australie et la Grande-Bretagne continuent de monopoliser les premières places des principales compétitions mondiales.

Le Grand Chelem de 1971 et une génération ambitieuse (1970-1984)

Le début des années 1970 représente une nouvelle étape dans l'affirmation internationale des Kiwis. En 1971, la Nouvelle-Zélande réalise une campagne particulièrement remarquable face à ses principaux adversaires. Elle domine d'abord l'Australie 24 à 3 à Auckland, avant d'entreprendre une tournée en Europe au cours de laquelle elle remporte ses séries de rencontres contre la Grande-Bretagne et la France. Cette campagne, traditionnellement qualifiée de « Grand Slam » dans l'histoire du rugby à XIII néo-zélandais, demeure l'un des grands exploits collectifs de la sélection. La série remportée contre les Britanniques constitue notamment un résultat important. Les Néo-Zélandais s'imposent deux fois en trois rencontres, confirmant les progrès réalisés face à une nation qui dispose d'un championnat professionnel particulièrement développé. Le succès de 1971 contribue à renforcer la réputation de la sélection et à populariser davantage le rugby à XIII en Nouvelle-Zélande.

Cette période voit évoluer des joueurs tels que Ken Stirling, Roger Bailey, Phillip Orchard ou encore Ronald Ackland, qui participent à la construction d'une équipe capable de rivaliser ponctuellement avec les meilleures formations internationales. Les compétitions mondiales restent néanmoins difficiles. Lors des éditions de 1970, 1972 et 1975, les Kiwis terminent en dehors des premières places, avant d'obtenir la troisième place en 1977.

À partir de la fin des années 1970, une nouvelle génération commence à s'imposer. Elle comprend notamment Mark Graham, Olsen Filipaina, Hugh McGahan et Kurt Sorensen, dont plusieurs poursuivent leur carrière dans les championnats professionnels étrangers. Le renforcement des liens sportifs avec l'Australie et la Grande-Bretagne contribue à transformer progressivement la préparation des internationaux, de plus en plus confrontés au haut niveau professionnel. Cette évolution s'inscrit dans une transformation plus générale du rugby à XIII néo-zélandais, alors que la sélection s'appuyait traditionnellement sur les compétitions régionales, les carrières dans les clubs australiens et britanniques prennent une importance croissante dans la composition de l'équipe nationale.

L'âge d'or des années 1980 et la première finale mondiale (1985-1994)

Au milieu des années 1980, la Nouvelle-Zélande dispose d'une génération particulièrement compétitive. Autour de joueurs comme Mark Graham, Dean Bell, Gary Freeman, Kevin Iro, Kurt Sorensen et Hugh McGahan, les Kiwis deviennent l'un des adversaires les plus redoutés des Kangaroos. Le , ils remportent une victoire historique contre l'Australie à Carlaw Park, à Auckland, sur le score de 18 à 0. Cette performance revêt une importance particulière, car les Australiens n'avaient plus été tenus sans marquer de point depuis vingt-sept ans. Elle illustre la qualité défensive de la sélection et relance l'intérêt du public néo-zélandais pour ses confrontations avec les Kangaroos. Ces progrès se concrétisent lors de la Coupe du monde 1985-1988, organisée sous la forme d'une compétition étalée sur plusieurs années. La Nouvelle-Zélande réalise une campagne suffisante pour se qualifier pour la première finale mondiale de son histoire. Celle-ci se dispute le à l'Eden Park d'Auckland, devant plus de 47 000 spectateurs. L'événement témoigne de l'engouement suscité par la sélection et constitue l'une des rencontres majeures de l'histoire du rugby à XIII dans le pays.

Face à l'Australie emmenée par Wally Lewis, les Kiwis ne parviennent cependant pas à concrétiser leurs ambitions. Les Kangaroos prennent rapidement l'avantage et s'imposent finalement 25 à 12, malgré une réaction néo-zélandaise en seconde période. Cette défaite empêche la sélection de remporter son premier titre mondial, mais sa présence en finale confirme les progrès accomplis au cours de la décennie. La génération des années 1980 contribue à modifier durablement l'image du rugby à XIII néo-zélandais. L'expérience acquise par ses principaux joueurs dans les championnats professionnels australien et britannique permet à la sélection d'opposer régulièrement une résistance plus importante aux équipes dominantes. La période demeure également marquée par la rivalité avec l'Australie, qui continue néanmoins de remporter les principales compétitions internationales.

La professionnalisation et les finales mondiales manquées (1995-2004)

Les années 1990 correspondent à une transformation structurelle du rugby à XIII néo-zélandais. En 1995, les Auckland Warriors intègrent le championnat professionnel australien, devenant la première franchise néo-zélandaise engagée dans cette compétition. Leur création constitue un tournant pour la discipline, en permettant à de nombreux joueurs de se développer dans un environnement professionnel de haut niveau sans nécessairement quitter leur pays. L'équipe dispute sa première rencontre le contre les Brisbane Broncos, sous le capitanat de l'ancien international Dean Bell. La même année, la Nouvelle-Zélande participe à la Coupe du monde 1995 en Grande-Bretagne. Elle atteint les demi-finales, confirmant sa place parmi les grandes nations de la discipline, sans parvenir à franchir l'obstacle australien. Cette période est également marquée par les tensions liées à la création de la Super League dissidente et aux transformations du rugby à XIII professionnel australien, qui affectent l'organisation des compétitions et les relations entre clubs et fédérations.

La sélection bénéficie alors de joueurs de premier plan, notamment Ruben Wiki, Stephen Kearney, Matthew Ridge, Daryl Halligan, Sean Hoppe, Nigel Vagana et Stacey Jones. Ce dernier, demi de mêlée des Warriors, s'impose progressivement comme l'un des principaux animateurs du jeu néo-zélandais et devient l'une des figures emblématiques de la sélection. Lors de la Coupe du monde 2000, organisée en Grande-Bretagne et en France, les Kiwis réalisent un parcours remarquable. Après avoir franchi la phase de groupes, ils dominent la France 54 à 6 en quart de finale, puis l'Angleterre 49 à 6 en demi-finale. Ces performances leur permettent de disputer la deuxième finale mondiale de leur histoire. Le , à Old Trafford, ils retrouvent cependant l'Australie, qui s'impose 40 à 12. La Nouvelle-Zélande échoue une nouvelle fois à conquérir le titre mondial, malgré la présence de plusieurs joueurs expérimentés.

Au début des années 2000, la progression des Warriors, finalistes de la National Rugby League en 2002, contribue à renforcer l'intérêt pour le rugby à XIII en Nouvelle-Zélande. Toutefois, la sélection nationale demeure confrontée à la domination australienne, particulièrement visible dans les rencontres décisives des grandes compétitions.

Les premiers grands titres et le sacre mondial de 2008 (2005-2012)

Benji Marshall, artisan du succès mondial en 2008.
Victoire néo-zélandaise lors de la Coupe du monde de 2008.

Une nouvelle période s'ouvre en 2005, lorsque les Kiwis remportent le Tri-Nations, compétition réunissant l'Australie, la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande. Sous la direction du sélectionneur Brian McClennan, les Néo-Zélandais réalisent plusieurs performances remarquables, notamment une victoire 38 à 28 contre l'Australie lors de la phase préliminaire. Le , ils dominent les Kangaroos 24 à 0 en finale à Leeds. Ce résultat met fin à une série de vingt-sept années sans défaite australienne dans une série ou compétition internationale et représente l'un des principaux succès de l'histoire des Kiwis. La sélection poursuit sur cette dynamique en atteignant la finale du Tri-Nations 2006, mais s'incline face à l'Australie après prolongation. Malgré des résultats irréguliers au cours des saisons suivantes, elle bénéficie d'un groupe associant plusieurs générations de joueurs, parmi lesquels Ruben Wiki, Stacey Jones, Nathan Cayless, Simon Mannering, Issac Luke et Benji Marshall.

La Coupe du monde 2008, organisée en Australie à l'occasion du centenaire du rugby à XIII dans l'hémisphère Sud, constitue un tournant décisif. La sélection est alors dirigée par l'ancien international Stephen Kearney, assisté de l'entraîneur australien Wayne Bennett. Après une défaite contre l'Australie en phase de groupes, les Kiwis progressent au cours de la compétition et se qualifient pour la finale. Le , au Suncorp Stadium de Brisbane, la Nouvelle-Zélande affronte l'Australie, grande favorite et tenante du titre. Menés au cours de la première période, les Néo-Zélandais parviennent à renverser la rencontre grâce notamment à leur engagement défensif, à la qualité de leur jeu collectif et aux performances de joueurs tels que Benji Marshall, Nathan Fien, Lance Hohaia et Adam Blair. Ils s'imposent finalement 34 à 20 et remportent la première Coupe du monde de leur histoire. Ce succès met fin à la domination australienne sur la compétition depuis 1975 et représente l'un des plus grands événements de l'histoire sportive de la sélection.

Le sacre mondial renforce la place de la Nouvelle-Zélande parmi les principales puissances internationales. La sélection confirme ce statut en remportant le Tournoi des Quatre Nations 2010, grâce à une victoire 16 à 12 contre l'Australie en finale à Brisbane. Cette rencontre, marquée par un dénouement tardif favorable aux Kiwis, constitue un nouveau succès majeur face aux Kangaroos et consolide le bilan de l'équipe dirigée par Stephen Kearney.

La période 2005-2010 marque ainsi une rupture avec les décennies précédentes. Longtemps cantonnée au rôle de principal challenger de l'Australie, la Nouvelle-Zélande remporte désormais plusieurs compétitions internationales majeures et développe une véritable culture de la victoire dans les rencontres décisives.

Une nouvelle génération et le retour en finale mondiale (2013-2016)

Shaun Johnson, grand joueur des années 2010.

En 2013, la Nouvelle-Zélande aborde la Coupe du monde organisée en Grande-Bretagne et en France avec le statut de championne du monde en titre. Son effectif associe plusieurs membres de l'équipe victorieuse en 2008 à une génération montante, incarnée notamment par Shaun Johnson, Roger Tuivasa-Sheck, Jesse Bromwich et Sonny Bill Williams. Après un parcours convaincant en phase de groupes et en quart de finale, les Kiwis affrontent l'Angleterre en demi-finale au stade de Wembley, le . Menés 18 à 14 dans les dernières secondes, ils arrachent leur qualification grâce à un essai inscrit par Shaun Johnson à la dernière minute, suivi d'une transformation décisive. La victoire 20 à 18 demeure l'une des rencontres les plus marquantes de l'histoire récente de la sélection. En finale, disputée le 30 novembre à Old Trafford, les Néo-Zélandais retrouvent l'Australie. Cette fois, les Kangaroos dominent largement la rencontre et s'imposent 34 à 2, privant les Kiwis d'un deuxième titre mondial consécutif. Malgré cette défaite, la Nouvelle-Zélande confirme sa régularité au plus haut niveau en atteignant une troisième finale mondiale en vingt-cinq ans.

La réaction intervient dès 2014, lors du Tournoi des Quatre Nations. Les Kiwis dominent l'Australie 30 à 12 en phase préliminaire, puis retrouvent les Kangaroos en finale à Wellington. Ils s'imposent 22 à 18 et remportent leur deuxième titre dans cette compétition. Shaun Johnson joue un rôle majeur dans ce succès, notamment par sa capacité à créer des décalages et à inscrire des essais décisifs. Cette victoire est présentée comme la confirmation du renouveau néo-zélandais après l'échec mondial de 2013.

En 2015, les Kiwis prolongent leur série victorieuse contre l'Australie en remportant une nouvelle confrontation à Brisbane (26-12). Ils enchaînent ainsi trois succès consécutifs contre les Kangaroos, une performance qu'ils n'avaient plus réalisée depuis plusieurs décennies. La sélection connaît néanmoins une campagne plus difficile en 2016, lorsqu'elle atteint la finale du Tournoi des Quatre Nations avant de subir une lourde défaite contre l'Australie (34-8).

Les désillusions mondiales et la concurrence des nations du Pacifique (2017-2022)

La Coupe du monde 2017, organisée principalement en Australie et en Nouvelle-Zélande, révèle une évolution importante des rapports de force internationaux. Sous la direction de David Kidwell, les Kiwis disposent d'un effectif talentueux, mais connaissent une campagne décevante. Après des victoires contre les Samoa et l'Écosse, ils s'inclinent contre les Tonga (28-22), dont plusieurs joueurs possèdent une expérience de la NRL et des liens familiaux avec la Nouvelle-Zélande. Cette défaite symbolise l'émergence des sélections du Pacifique comme adversaires de premier plan. Le développement du rugby à XIII aux Tonga, aux Samoa et aux Fidji modifie progressivement les équilibres internationaux, en offrant à de nombreux joueurs professionnels d'origine océanienne de nouvelles possibilités de représentation.

En quart de finale, le , les Kiwis sont éliminés par les Fidji sur le score inhabituel de 4 à 2 à Wellington. Cette rencontre, particulièrement fermée, représente l'un des principaux échecs de leur histoire en Coupe du monde, la Nouvelle-Zélande étant éliminée avant les demi-finales pour la première fois depuis l'édition 1977. Elle met également en évidence la compétitivité croissante des nations du Pacifique. À la suite de cet échec, la fédération confie la sélection à Michael Maguire en 2018. L'équipe s'appuie sur une génération renouvelée, comprenant notamment Joseph Tapine, James Fisher-Harris, Brandon Smith, Jahrome Hughes et Dylan Brown. Elle remporte plusieurs rencontres importantes, dont une victoire 26 à 24 contre l'Australie à Auckland en octobre 2018.

La période suivante est marquée par les perturbations du calendrier international provoquées par la pandémie de Covid-19, qui entraîne notamment le report de la Coupe du monde initialement prévue en 2021. Lorsque la compétition se déroule finalement en Angleterre à l'automne 2022, la Nouvelle-Zélande apparaît parmi les principales prétendantes au titre. Les Kiwis dominent leur groupe avant de retrouver les Fidji en quart de finale. Ils prennent leur revanche sur leur élimination de 2017 en s'imposant difficilement 24 à 18. En demi-finale, le à Leeds, ils livrent une rencontre particulièrement disputée face à l'Australie. Malgré une avance de 14 à 10 à la mi-temps, ils s'inclinent finalement 16 à 14, échouant de peu à retrouver une finale mondiale.

Le renouveau dans le Championnat du Pacifique (depuis 2023)

À partir de 2023, la création du Championnat du Pacifique offre à la Nouvelle-Zélande un nouveau cadre régulier de compétition face à l'Australie et aux autres grandes nations de la région. Le tournoi répond au développement du rugby à XIII international en Océanie et à l'importance croissante des sélections tongienne, samoane et fidjienne.

Lors de la première édition, en 2023, les Kiwis dominent d'abord les Samoa (50-0), avant de s'incliner contre l'Australie (36-18). Ils retrouvent les Kangaroos en finale, le , au Waikato Stadium de Hamilton. Sous la direction de Michael Maguire, la sélection réalise l'une des plus grandes performances de son histoire en s'imposant 30 à 0, infligeant à l'Australie sa plus lourde défaite contre la Nouvelle-Zélande. Cette victoire, obtenue sans concéder le moindre point, constitue également le premier titre des Kiwis dans la nouvelle compétition,.

En 2024, l'ancien demi de mêlée international Stacey Jones, figure historique du rugby à XIII néo-zélandais, devient le sélectionneur national. Sa première campagne dans le Championnat du Pacifique est contrastée. Après une défaite contre l'Australie (22-10), les Kiwis s'inclinent à domicile contre les Tonga (25-24), avant de terminer leur saison par un large succès contre la Papouasie-Nouvelle-Guinée (54-12), lors d'une rencontre de maintien dans la première division du tournoi. La Nouvelle-Zélande retrouve cependant le chemin du succès lors du Championnat du Pacifique 2025. Après avoir dominé les Samoa (24-18) puis les Tonga (40-14), elle se qualifie pour la finale contre les Samoa, disputée le au CommBank Stadium de Sydney. Les Kiwis s'imposent 36 à 14 et remportent leur deuxième titre dans la compétition en trois éditions, confirmant leur capacité à se maintenir au sommet du rugby à XIII océanien.

Ces succès s'inscrivent dans une transformation du paysage international. Si l'Australie demeure la référence historique du rugby à XIII mondial, la Nouvelle-Zélande évolue désormais dans un environnement régional plus concurrentiel, marqué par les progrès des Tonga, des Samoa et des Fidji. L'effectif néo-zélandais, largement composé de joueurs évoluant en National Rugby League, repose sur l'expérience de cadres tels que James Fisher-Harris, Joseph Tapine, Jahrome Hughes et Dylan Brown, tout en intégrant régulièrement de nouveaux talents. À l'approche de la Coupe du monde 2026, les Kiwis cherchent ainsi à conquérir un deuxième titre mondial, dix-huit ans après leur sacre de Brisbane. Leur histoire, marquée par le rôle pionnier des « All Golds », plusieurs générations de grands internationaux et une rivalité centenaire avec l'Australie, en fait l'une des sélections fondatrices et majeures du rugby à XIII international.

Palmarès

Palmarès de la Nouvelle-Zélande
Coupe du monde (1954-)
Championnat du Pacifique (2019-)
____
Tri-Nations (1999-2006)/Quatre Nations (2009-2016)

Équipe actuelle

Le , le sélectionneur Stacey Jones annonce les vingt-trois joueurs retenus avec l'équipe de Nouvelle-Zélande pour disputer la Coupe du monde. James Fisher-Harris conserve le capitanat d'un groupe largement constitué autour de l'équipe victorieuse du Championnat du Pacifique 2025. Quatre joueurs peuvent effectuer leurs débuts internationaux : Kalyn Ponga, Dane Gagai, Jacob Laban et Tanner Stowers-Smith. Les convocations de Ponga et Gagai sont particulièrement remarquées : tous deux ont auparavant représenté le Queensland en State of Origin, Gagai ayant également porté les couleurs de l'Australie avant d'être autorisé par l'International Rugby League à représenter la Nouvelle-Zélande. Le demi Jahrome Hughes, absent des dernières campagnes internationales en raison de blessures, effectue également son retour, tandis que Dylan Brown est indisponible sur blessure.

Effectif de l'équipe de Nouvelle-Zélande
Entraîneur Stacey Jones
Avants Pilier James Fisher-Harris (c), Moses Leota, Tanner Stowers-Smith, Joseph Tapine, Leo Thompson, Naufahu Whyte
Talonneur Jeremy Marshall-King
Deuxième ligne Jacob Laban, Briton Nikora, Isaiah Papali'i, Scott Sorensen, Xavier Willison
Troisième ligne Erin Clark
Arrières Demi de mêlée Jahrome Hughes, Te Maire Martin
Demi d'ouverture Kodi Nikorima
Centre Dane Gagai, Casey McLean
Ailier Jamayne Isaako, Ronaldo Mulitalo, Charnze Nicoll-Klokstad
Arrière Keano Kini, Kalyn Ponga

Joueurs emblématiques

Équipe du siècle

Autres joueurs ayant marqué la sélection

Parcours en Coupe du monde

Parcours de l'équipe de Nouvelle-Zélande en Coupe du monde
Année Position Année Position Année Position
1954 Quatrième 1975 Quatrième 2008 Champion
1957 Troisième 1977 Troisième 2013 Finaliste
1960 Troisième 1985-88 Finaliste 2017 Quart de finale
1968 Quatrième 1989-92 Troisième 2021 Demi-finale
1970 Quatrième 1995 Demi-finale 2026 Qualifié
1972 Quatrième 2000 Finaliste

Bibliographie

Notes et références

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Sources

Liens externes