Alloclasite

Alloclasite
Catégorie II : sulfures et sulfosels
Général
Symbole IMA Acl
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique Co1-xFexAsS (x ≈ 0-0,35)
Identification
Masse formulaire 165,15 uma
Couleur gris acier à argenté
Système cristallin monoclinique
Classe cristalline et groupe d'espace 2 - sphénoïdale
P21
Clivage parfait parfait sur {101} distinct sur {010}
Cassure irrégulière/irrégulière, subconchoïdale
Habitus Agrégat – composés de nombreux cristaux individuels ou amas.

Prismatique – cristaux en forme de prismes allongés. Radial – cristaux rayonnant à partir d'un centre, sans former de structures en étoile .

Échelle de Mohs 5
Ténacité fragile
Trait presque noir
Éclat métallique
Propriétés optiques
Transparence non
Propriétés chimiques
Densité 5,95 (mesurée), 6,188 (calculée)
Propriétés physiques
Radioactivité non

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L’alloclasite est un minéral de la famille des sulfures et sulfosels, de formule idéale CoIIIAsS. Découverte dans la mine Elizabeth, à Oraviţa, en Roumanie au XIXe siècle, elle est confirmée par l'IMA (l'association internationale de minéralogie) qui lui attribue le symbole Acl. Elle se présente sous forme de cristaux prismatiques (en prismes allongés) de couleur gris acier à argenté et d'éclat métallique, qui s'assemblent fréquemment en agrégats ou selon un mode radiaire (rayonnant à partir d'un centre commun). Sa dureté est de 5 sur l'échelle de Mohs. Elle est membre du groupe de la löllingite.

Son nom, donné par Gustav Tschermak en 1866, vient du grec ancien ἄλλος (allos, « autre ») et κλάσις (klasis, « briser »), car on estimait que son clivage différait de celui de la marcassite.

Photo de studio à l'ancienne, en noir et blanc, d'un vieil homme à la barbe blanche, et lunettes rondes, habillé en manteau noir épais, veste de velours noir, col blanc et nœud papillon, avec un chapeau noir à rebord.
Portrait de Gustav Tschermak (-), minéralogiste autrichien qui a étudié et nommé le minéral.

Classification

Dans la classification de Strunz, sous la cote 2.EB.10 (ou 2.EB.10b), l'alloclasite figure parmi la classe des sulfures et sulfosels, division des sulfures métalliques avec un rapport M:S = 1:2, contenant du fer, du cobalt, du nickel et des éléments du groupe du platine.

Selon la classification de Dana, 8e édition, sous la cote 2.12.6.2, l'alloclasite est classée dans les sulfures (02), sous-section 02.12 de type Am Bn Xp avec (m+n):p=1:2, soit les sulfures de type pyrite où le rapport métal/anion est de 1 pour 2, de formule Co1-xFexAsS.

Caractéristiques

L'alloclasite cristallise dans le système monoclinique, de classe cristalline 2, de groupe d'espace P21. Elle présente un trait presque noir, un clivage parfait sur {101} distinct sur {010}, une cassure irrégulière, subconchoïdale. Sa densité est de 5,95 (mesurée), 6,188 (calculée).

Ses cristaux sont opaques et prismatiques, parallèles à [010], atteignant 5 mm, et forment des agrégats colonnaires à rayonnants. Ils se présentent aussi couramment sous forme massive.

Chimie et formation

La formule chimique de l'alloclasite s'écrit Co1-xFexAsS avec x≈0-0,35, soit une solution solide où le cobalt est partiellement substitué par le fer sur le site métallique. Le pôle pur x=0 correspond à CoAsS, tandis que la teneur maximale en fer observée est d'environ 35 % atomique. Cette teneur en fer est nettement plus élevée que dans la cobaltite, et le fer occupe généralement environ 25 % du site (Co,Fe).

De masse molaire de 165,15 g/mol, l'alloclasite contient principalement — par part décroissante — de l'arsenic, du cobalt, du soufre et du fer. La formule chimique la rapproche de la cobaltite (CoAsS), du glaucodot ((Co0,50Fe0,50)AsS) et du minéral non-encore validé « UM1966-01-As:CoNiS » ((Co,Ni,Fe)2As2S).

Composition
Arsenic 45,37 %
Cobalt 26,76 %
Soufre 19,42 %
Fer 8,45 %

L'alloclasite se forme principalement dans des contextes hydrothermaux et d'altération à faible profondeur. Selon la classification paragénétique, elle passe par le processus du dépôt hydrothermal (stade 33) qui valide son origine hydrothermale subsurfacique. Elle s'y dépose à partir de fluides riches en métaux, formant généralement des filons ou d'autres types de corps minéralisés, souvent en lien avec des environnements volcaniques — ce qui est un stade commun à de nombreuses espèces de sulfures, arséniures et sulfosels d'importance économique —, et par altération aqueuse de surface ou subaquatique (stade 23).

Elle peut également résulter de processus d'altération par des fluides aqueux subaériens (non sensibles à l'oxydation), intervenant dans des environnements relativement réducteurs ou sous grande altération et métamorphisme.

Environnement et gisements

Le gîte du minéral réside dans sa localité type des filons de calcite ou de quartz, d’origine hydrothermale tardive et apparemment de basse température et également dans des roches métamorphiques silicifiées et recristallisées.

La base de données minéralogique Mindat.org recense en 2026, 104 gisements dans le monde, dont 16 en Allemagne, et 10 au Canada. En France, on en trouve 2 : le col du Lautaret et, à moins de deux kilomètres, la mine Les Clochettes dans les Alpes, près de Briançon. L'Europe regroupe 54 de toutes les localités.

Notes et références

  1. ↑ La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. 1 2 3 (en) « Alloclasite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 (en) « Alloclasite », sur Mindat.org (consulté le )
  4. ↑ (en) « The New IMA List of Minerals : A Work in Progress – Updated: July 2024 » [PDF], sur CNMNC (consulté le )
  5. ↑ (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  6. ↑ (de) Gustav Tschermak, « Der alloklas und der sogenannte glaukodot von Orawicza », Sitzungsberichte der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, vol. 53,‎ , p. 220-225. (lire en ligne [PDF], consulté le )
  7. ↑ M désigne le métal (Co, Fe) et S l'ensemble des anions (As+S), avec un atome métallique pour deux anions, de type pyrite
  8. ↑ Type Am Bn Xp avec (m+n):p=1:2 : A = Fe, Co, Ni, PGE ; B = As, Sb, Bi ; X = S, Se, Te. Le rapport (m+n):p compare la somme des cations métalliques et métalloïdes (A+B) au nombre d'anions chalcogènes (X). Un rapport 1:2 correspond aux disulfures et sulfarséniures de type pyrite, soit une formule MX où X2 est une paire anionique S-S ou As-S. L'alloclasite (Co,Fe)AsS s'écrit structuralement (Co,Fe)(AsS), soit 1 métal pour 2 anions.
  9. ↑ (de + en) « Alloclasite (Alloclasit) », sur Mineralienatlas.de (consulté le )
  10. ↑ (en) P. W. Kingston, « On alloclasite, a Co-Fe sulpharsenide », The Canadian Mineralogist, vol. 10, no 5,‎ , p. 838-846
  11. 1 2 (en) « Alloclasite Mineral Data », sur www.webmineral.com (consulté le )
  12. ↑ (en) Robert M. Hazen et Shaun M. Morrison, « On the paragenetic modes of minerals: A mineral evolution perspective », American Mineralogist, vol. 107, no 7,‎ , p. 1262-1287 (DOI 10.2138/am-2022-8109)
  13. ↑ (en) « Lautaret Pass, Villar-d'Arêne, Briançon, Hautes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France », sur Mindat.org (consulté le )
  14. ↑ (en) « Les Clochettes mine, Villar-d'Arêne, Briançon, Hautes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France », sur Mindat.org (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes