| Alstonite Catégorie V : carbonates et nitrates | |
Alstonite de la mine de Browney Hill, comté de Cumbria, Angleterre | |
| Général | |
|---|---|
| Symbole IMA | Asn |
| Classe de Strunz | 5.AB.35
5 CARBONATES et NITRATES |
| Classe de Dana | 14.2.5.1
Carbonates
|
| Formule chimique | BaCa(CO3)2 |
| Identification | |
| Masse formulaire | 297,42 uma |
| Couleur | incolore à blanc snow, jaune gris; gris pâle, pâle cream, rose à rouge pâle rose |
| Système cristallin | triclinique |
| Classe cristalline et groupe d'espace | 1 or -1; C1 or C-1 |
| Macle | courant sur {110} pseudo-orthorhombique et {301}, formant groupes les pseudo-hexagonaux (Groupe ponctuel : 1 ou 1 ; groupe spatial : C1 ou C1) |
| Clivage | imparfait/moyen sur pseudo-orthorhombic {110}, imparfait |
| Cassure | irrégulière/irrégulière |
| Habitus | euhedral cristaux |
| Échelle de Mohs | 4-4,5 |
| Trait | blanc |
| Éclat | vitreux |
| Propriétés optiques | |
| Indice de réfraction | nα = 1,526, nβ = 1,671, nγ = 1,672 |
| Biréfringence | δ = 0,146 - biaxe (-) |
| Angle 2V | 6° (mesuré), 8° (calculé) |
| Dispersion optique | r > v faible |
| Fluorescence ultraviolet | oui |
| Transparence | oui, translucide |
| Propriétés chimiques | |
| Densité | 3,67 - 3,711 (mesurée), 3,67 (calculée) |
| Solubilité | dans l'acide chlorhydrique dilué. |
| Propriétés physiques | |
| Radioactivité | non |
| Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire. | |
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L’alstonite est un minéral rare de la famille des carbonates et nitrates, de formule chimique BaCa(CO3)2. Elle a pour localités types la mine de Brownley Hill, dans la commune de Nenthead (en) (comté de Cumbria) et la mine Fallowfield, à Acomb (comté de Northumberland), en Angleterre. Décrite en 1835 (en tant que bromlite) et nommée plus tard en référence à la ville d'Alston voisine de la mine de Browney Hill, elle est confirmée par l'IMA qui lui attribue le symbole Asn.
En lumière transmise, elle est incolore, montrant six ou douze domaines de macle pseudo-hexagonale,. À l'œil nu, elle apparait de couleur blanc neige, gris jaunâtre, gris pâle, beige crème ou rose pâle à rouge pâle, couleur qui peut se décolorer à la lumière et sous lumière UV, elle produit une faible fluorescence jaune (ultraviolet en ondes courtes et ondes longues). Elle possède un éclat vitreux une dureté de 4 à 4,5 sur l'échelle de Mohs.
Elle a comme synonymes barytocalcite (de Johnston), bicarbonate-carbonate de baryum, et bromlite.
Dans la classification de Strunz, sous la cote 5.AB.35, l'alstonite est classée parmi les carbonates alcalino-terreux sans H2O.
La classification de Dana, 8e édition, sous la cote 14.2.5.1, range l'alstonite parmi les carbonates normaux anhydres, de structure AB(XO3)2.
L'espèce a été nommée, à tort, bromlite par Thomas Thomson en 1837 en retranscrivant mal le nom de la mine de Brownley-Hill, puis alstonite par August Breithaupt en 1841 d'après la ville proche d'Alston, nom devenu définitif.
En 1895, le minéralogiste français Ernest Mallard fait passer l'alstonite du statut de « mélange » à « sel double BaCa(CO3)2 » — trimorphe avec la barytocalcite et la paralstonite.
En 1909, Leonard J. Spencer, minéralogiste anglais, trouve de l'alstonite et de l'ullmannite NiSbS (nouvelle pour la Grande-Bretagne) dans un filon de barytine-withérite qui recoupe une mine de charbon à Durham, soit dans une roche encaissante inattendue pour l'époque. Jusque-là, on ne connaissait l'alstonite qu'à 2 endroits : Brownley Hill (Alston) et Fallowfield (Northumberland), dans des mines de plomb du Carbonifère. À New Brancepeth, il établit l'ordre de succession barytine → withérite → alstonite, l'alstonite résultant selon lui de l'action d'eaux carbonatées calciques sur la barytine.
Le minéral est redécouvert in situ en 1990 à la mine de Brownley Hill, dans des géodes de barytine, en association avec de l'ankérite, du quartz, de la galène et le calcite en « tête de clou », sous forme de pyramides pseudo-hexagonales aiguës jusqu'à 5 mm.
Polymorphe de la barytocalcite et de la paralstonite, l'alstonite est d'origine hydrothermale de basse température. Les cristaux en sont des dipyramides pseudo-dihexagonales formées par maclage répété d'individus délimités par {111} et {021} ; également des dipyramides aiguës délimitées par {221}. Les faces dipyramidales évidentes sont fortement striées horizontalement (perpendiculairement à la direction pseudo-hexagonale [0001]).

Sartori (1975) indique que l'alstonite « est probablement un terme ordonné au sein d'une famille de structures présentant des degrés divers d'ordre et de désordre », c'est-à-dire que Ba2+ et Ca2+ peuvent s'ordonner sur deux sites distincts (alstonite triclinique ordonnée) ou se mélanger sur un même site (paralstonite trigonale et barytocalcite monoclinique désordonnées).
L'alstonite cristallise, effectivement, dans le système triclinique, de classe cristalline 1 or -1, de groupe d'espace C1 or C-1. Elle présente un trait blanc, un clivage imparfait/moyen sur {110} pseudo-orthorhombique, imparfait, une cassure irrégulière/irrégulière. Sa densité est de 3,67-3,711 (mesurée), 3,67 (calculée).
La maille cristallographique du minéral donne : a = 17,38 Å, b = 14,4 Å, c = 6,12 Å, et ses paramètres sont α = 90,35°, β = 90,12°, γ = 120,08°.
L'alstonite a une masse molaire de 297,42 g/mol. Elle est composée à 51,55 % d'oxyde de baryum (BaO), de dioxyde de carbone (CO2) à 29,59 % et d'oxyde de calcium (CaO) à 18,85 %. Elle contient du baryum, de l'oxygène, du calcium et du carbone.
Elle est chimiquement très proche de la benstonite.
| Composition | |
|---|---|
| Baryum | 46,17 % |
| Oxygène | 32,28 % |
| Calcium | 13,48 % |
| Carbone | 8,08 % |
L'alstonite se forme selon plusieurs contextes paragénétiques distincts. Par le mode 23, elle provient d'une altération aqueuse subaérienne, opérée par des fluides non sensibles à l'oxydoréduction, ainsi qu'à des phénomènes d'altération ou de métamorphisme de degré élevé en subsurface. Le mode 32 par contre implique une genèse dans les gisements hydrothermaux et métamorphiques de métaux et de baryum, englobant les concentrations de baryum, manganèse, plomb et zinc (Ba-Mn-Pb-Zn). Et par le mode 36, le minéral a une origine magmatique, et se retrouve alors dans les carbonatites, les kimberlites et les roches ignées alcalines apparentées, parfois liées à des stades tardifs de roches hautement évoluées datées de plus de 3 milliards d'années.
Elle est trouvée en Cumbria généralement dans les gisements hydrothermaux de Pb–Zn de basse température et plus rarement dans les carbonatites. Dans ses localités type, l'alstonite est associée à la barytine, à la calcite et à la witherite.
La base de données minéralogique Mindat.org dénombre 34 gisements dans le monde en 2026, dont 8 au Royaume-Uni, et 5 en Russie. La plupart, à savoir 19 sont en Europe. Le seul gisement recensé en France est dans les filons hydrothermaux (recoupant des siltites calcaires contenant du rutile, des minerais de zinc et de plomb) dans le lieu-dit Garaoulère, sur la commune Pierrefitte-Nestalas, dans les Hautes-Pyrénées.