Nu Ursae Majoris

ν Ursae Majoris
Alula Borealis
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 11h 18m 28,737s
Déclinaison +33° 05′ 39,51″
Constellation Grande Ourse
Magnitude apparente +3,49

Localisation dans la constellation : Grande Ourse

(Voir situation dans la constellation : Grande Ourse)
Caractéristiques
Type spectral K3- III:
Indice U-B +1,55
Indice B-V +1,40
Indice R-I +0,70
Astrométrie
Vitesse radiale −9,63 ± 0,38 km/s
Mouvement propre μα = −26,84 mas/a
μδ = +28,69 mas/a
Parallaxe 8,17 ± 0,17 mas
Distance 399 ± 8 al
(122 ± 3 pc)
Magnitude absolue −1,95

Désignations

Alula Borealis, ν UMa, 54 UMa, HD 98262, HIP 55219, HR 4377, ADS 8123 A, BD+33°2098, CCDM 11185 +3306A, FK5 425, GC 15547, SAO 62486

Nu Ursae Majoris (ν UMa / ν Ursae Majoris), également nommée Alula Borealis, est une étoile binaire de la constellation de la Grande Ourse. Sa magnitude apparente est de 3,49. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, le système est situé à environ 399 années-lumière de la Terre. Il se rapproche du Système solaire à une vitesse radiale de −10 km/s.

Propriétés

La composante primaire, désignée Nu Ursae Majoris A, est une géante rouge de type spectral K3- III:. Elle possède une compagne de 10e magnitude située à 7,0 secondes d'arc en date de 2020, Nu Ursae Majoris B, qui est une naine jaune de type spectral G1V. Les deux étoiles forment un véritable système binaire. Un possible compagnon de type naine blanche a été proposé pour Nu Ursae Majoris A, sur la base qu'il s'agit d'une étoile à baryum, mais l'anomalie en baryum est très légère (« Ba0 ») et pour de telles étoiles, le renforcement apparent des raies du baryum pourrait être simplement du à une luminosité plus élevée.

Nomenclature, histoire et mythologie

La figure de la série desالظباء قفزات Qafzāt al-Ẓibā’, « les Sauts de Gazelles », dans le ciel arabe traditionnel, tel que la décrit ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī, 964.

ν Ursae Majoris, latinisé Nu Ursae Majoris, est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de 54 Ursae Majoris.

Alula Borealis est aujourd’hui le nom approuvé pour ν UMa par l’Union astronomique internationale (UAI). Il vient l’arabe الثانية al-Ūlā, résultant de la troncation du nom complet, soit القفزة الألى al-Qafzat al-Ūlā, « le Premier Saut »,. Pour comprendre ce nom, il faut se référer à la série des قفزات الظباء Qafzāt al-Ẓibā’, « les Sauts de Gazelles », qui figurent dans le ciel arabe traditionnel tel qu’il est décrit par ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī (964). Selon lui, il s’agit des six étoiles situées sur les trois pieds de l’Ourse touchant le sol, à savoir ν et ξ UMa formant al-Ūla, soit « le Premier [Saut] », λ et μ UMa al-Ṯāniyya, « le Second », et ι et κ UMa al-Ṯāliṯa, « le Troisième ». Chaque « Saut » ressemble à la trace du pied fendu des gazelles, et, toujours al-Ṣūfī donne à ce propos ce dicton arabe,:

« Les Gazelles sautèrent lorsque le Lion frappa la terre de sa queue. »

.

Plus tard, dans le Catalogue d’al-Tīzīnī, édité en complément des زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), est donnée la transcription ‘AlKáphza’ Prima pour ξ UMa. Giuseppe Piazzi s’en saisit pour donner à ξ UMa le nom de Al-ula australis et, par symétrie, à ν UMa, celui de Al-ula Borealis. Ils sont ignorés par Richard Hinckley Allen (1899), mais repris dans plusieurs catalogues du XXe siècle,,, et finalement consacrés par l’UAI.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 (en) F. van Leeuwen, « Validation of the new Hipparcos reduction », Astronomy & Astrophysics, vol. 474, no 2,‎ , p. 653–664 (DOI 10.1051/0004-6361:20078357, Bibcode 2007A&A...474..653V, arXiv 0708.1752)
  2. 1 2 (en) J. R. Ducati, « Catalogue de données en ligne VizieR : Catalogue of Stellar Photometry in Johnson's 11-color system », CDS/ADC Collection of Electronic Catalogues, 2237, 0,‎ (Bibcode 2002yCat.2237....0D)
  3. 1 2 (en) Philip C. Keenan et Raymond C. McNeil, « The Perkins catalog of revised MK types for the cooler stars », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 71,‎ , p. 245 (DOI 10.1086/191373, Bibcode 1989ApJS...71..245K)
  4. 1 2 3 (en) D. Hoffleit et W. H. Warren, « Bright Star Catalogue, 5e éd. », Catalogue de données en ligne VizieR : V/50. Publié à l'origine dans : 1964BS....C......0H, vol. 5050,‎ (Bibcode 1995yCat.5050....0H)
  5. 1 2 (en) B. Famaey et al., « Local kinematics of K and M giants from CORAVEL/Hipparcos/Tycho-2 data. Revisiting the concept of superclusters », Astronomy & Astrophysics, vol. 430, no 1,‎ , p. 165–186 (DOI 10.1051/0004-6361:20041272, Bibcode 2005A&A...430..165F, arXiv astro-ph/0409579)
  6. ↑ (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5,‎ , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971)
  7. 1 2 (en) * nu. UMa -- Star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  8. ↑ (en) Brian D. Mason et al., « The 2001 US Naval Observatory Double Star CD-ROM. I. The Washington Double Star Catalog », The Astronomical Journal, vol. 122, no 6,‎ , p. 3466 (DOI 10.1086/323920, Bibcode 2001AJ....122.3466M, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ (en) James B. Kaler, « Alula Borealis », sur Stars
  10. 1 2 (en) P. P. Eggleton et A. A. Tokovinin, « A catalogue of multiplicity among bright stellar systems », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 389, no 2,‎ , p. 869–879 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2008.13596.x, Bibcode 2008MNRAS.389..869E, arXiv 0806.2878)
  11. ↑ (en) A. Escorza et al., « Hertzsprung-Russell diagram and mass distribution of barium stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 608,‎ , article no A100 (DOI 10.1051/0004-6361/201731832, Bibcode 2017A&A...608A.100E, arXiv 1710.02029)
  12. ↑ (en) IAU, « Star Names », 2021. »
  13. ↑ (de) Paul Kunitzsch, Untersuchungen zur Sternnomenklatur der Araber, Wiesbaden : O. Harrassowitz, 1961, pp. 90-91.
  14. ↑ Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, pp. 112-113.
  15. ↑ (ar) ᶜAbd al-Raḥmān Abū l-Ḥusayn b. ᶜUmar al-Ṣūfī, «  Kitāb Ṣuwar al-kawākib al-ṯābita, 960, ms. arabe 5036 : Copie anonyme et non datée réalisée pour Zāhir al-Dīn Ulūġ Beg Kūrakan, petit-fils de Tamerlan, probablement à Samarqand, ca., 1430-1449, fol. 27r. »
  16. ↑ (ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du Xe siècle de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, pp. 58-59 (fr.), p. 60 (ar.).
  17. ↑ Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p.180.
  18. ↑ (la) Thomas Hyde, « Tabulae Long. ac Lat. Stellarum Fixarum ex Observatione Ulugh Beighi, Tamerlanis Magni Nepotis, Oxonii : Henry Hall, 1665, Gadwal… (1533), p. 82. »
  19. ↑ (la) Giuseppe Piazzi, Præcipuarum stellarum inerrantium positiones mediæ ineunte sæculo XIX : ex observationibus habitis in specola Panormitana ab anno 1792 ad annum 1813, éd. Panermi : ex regia typ. militari, 1814, p. 75.
  20. ↑ (de) Paul Kunitzszch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 140-141.
  21. ↑ (en) Paul Kunitzszch & Tim Smart, A Dictionary of Modern Star Names : Cambridge (Ma) : Sky & Telescope, 1986, pp. 57-58.
  22. ↑ Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 149.

Liens externes