Un alux — en maya yucatèque alux ou arux, au pluriel aluxo’ob — est un être sacré des traditions de certaines communautés mayas de la péninsule du Yucatán et de régions voisines. Les aluxes sont notamment associés aux milpas, aux grottes, aux cénotes et à d’autres lieux du territoire. Selon les traditions locales, ils peuvent protéger les cultures, les animaux ou certains espaces, mais également provoquer des maladies ou d’autres désordres lorsqu’ils ne sont pas respectés ou lorsque les offrandes attendues ne leur sont pas remises. Certains aluxes sont décrits comme des êtres attachés de longue date à un lieu ; d’autres sont rituellement fabriqués par un spécialiste appelé jmeen. L’ancienneté préhispanique de ces conceptions sous leur forme actuelle demeure incertaine.
En langue maya, le pluriel de Alux est aluxo'ob, mais au Mexique on utilise la plupart du temps la forme espagnole aluxes.
Les conceptions relatives aux aluxo’ob varient selon les communautés de la péninsule du Yucatán, les générations et les contextes sociaux. Ils sont notamment décrits comme des êtres de petite taille, comme les esprits des anciens habitants du territoire ou comme des entités liées à des figurines fabriquées par un spécialiste rituel. Leur présence peut être manifestée, selon les récits, par des bruits, des ombres, des déplacements d’objets ou des apparitions. Dans les traditions liées à l’agriculture, les aluxo’ob sont principalement associés à la garde des milpas et des autres terres cultivées. La relation entretenue avec eux repose sur des demandes d’autorisation, des invocations et des offrandes alimentaires. Lorsqu’ils sont convenablement honorés, ils peuvent protéger les cultures et les personnes travaillant sur les parcelles ; lorsqu’ils sont négligés, ils peuvent, selon les récits locaux, provoquer des désordres ou des maladies. Leur statut n’est cependant pas identique dans toute la région. Dans certaines localités, ils sont considérés comme les premiers propriétaires ou les gardiens des terrains, du monte, des cénotes, des grottes, des points d’eau ou des vestiges anciens. Certaines traditions les identifient aux esprits des premiers habitants, tandis que d’autres racontent qu’un jmeen, spécialiste rituel maya, peut confectionner une figure d’argile ou de bois et lui insuffler rituellement la vie. Les représentations des aluxo’ob ont évolué avec le recul de l’agriculture traditionnelle, l’urbanisation, les changements religieux, la scolarisation et la diffusion des productions audiovisuelles. Les descriptions contemporaines peuvent ainsi combiner des éléments issus des traditions locales, du catholicisme et de figures fantastiques diffusées par les médias.