
L’angoisse possède plusieurs sens et définitions mais il s’agit avant tout d’une expérience « psychométaphysique » ou d'un affect. Avant d'être considérée comme un sujet pour la psychologie, l'angoisse a fait l'objet d'une réflexion philosophique qui plonge ses racines dans la question de l'Être (Qui suis-je ? D'où viens-je ? Qu'est-ce que l’éternité, le néant, la mort, etc.?). La psychopathologie de l'angoisse retrouve à un niveau individuel un questionnement universel, les deux sont inséparables même si pratiquement, elles ne doivent pas être confondues. Saint Augustin, Pascal, Kierkegaard, Heidegger, Jean-Paul Sartre parmi les philosophes et Karl Jaspers et Pierre Janet pour la psychologie, Sigmund Freud pour la psychanalyse ont chacun traité à leur manière cette question de l'angoisse, questions sur la mort, les origines, etc. L'angoisse n'est réductible ni à une manifestation psychologique ni à une question philosophique, elle est l'une et l'autre dans ses fondements.

Historiquement, jusqu'au milieu du XIXe siècle le terme décrivait essentiellement les manifestations physiques de la peur, pour ensuite définir « une peur sans objet ». Angoisse : 1. Sentiment de resserrement de la région épigastrique avec difficulté de respirer et grande tristesse : « Ce malade éprouve des angoisses très douloureuses ». 2. Grande affliction avec inquiétude. 3. Poire d'angoisse, poire d'un goût très âpre. Étymologiquement : angustia resserrement, d’angustus, étroit, lequel vient d’ango, serrer.
La notion d'angoisse semble avoir émergé en philosophie avec Kierkegaard (1813-1855) dans son ouvrage Le concept de l'angoisse. Non loin de la définition qu'en fait la psychanalyse elle sera alors fréquemment utilisée par les philosophes contemporains pour désigner un état d'inquiétude métaphysique et morale.
« (…) L'angoisse exprime au niveau de la conscience de soi le vertige de l'individu auquel s'offre une pluralité de possibilités contradictoires : le point origine de notre liberté définit en même temps l'origine du péché et de la culpabilité, et c'est en ce point de rupture que l'homme prend connaissance de lui-même en se prenant en charge. L'existence humaine est ainsi une existence par défaut; c'est pourquoi devant Dieu, nous avons toujours tort (…) »[réf. souhaitée].
Georges Gusdorf (1912-2000) à propos de Kierkegaard.
« Les philosophes contemporains, après s'être quelque temps complu dans l'inquiétude, se servent aujourd'hui du mot « angoisse » pour désigner cette conscience de notre destinée personnelle qui nous tire à chaque instant du néant en ouvrant devant nous un avenir où notre existence se décide ». Louis Lavelle (1883-1951).
Le concept d'angoisse revêt dans l'« analyse existentiale » de Martin Heidegger un sens tout à fait neuf et une acuité qui a fasciné ses premiers lecteurs.
Depuis le début du XXe siècle l'angoisse est classiquement définie comme « une peur sans objet ». Certains auteurs français la distinguaient de l'anxiété, faisant de l'angoisse la manifestation physique de la première. Sous l'influence de la psychiatrie anglo-saxonne, anxiété et angoisse sont aujourd'hui utilisées indistinctement.
Dans l'approche psychologique inspirée du béhaviorisme, l'angoisse se définit comme un comportement lié à une émotion durable de peur sans objet externe clairement identifié. Dans cette approche on distingue la crise d'angoisse de l'attaque de panique. Une crise d'angoisse se caractérise par une période bien délimitée de craintes et de malaises intenses, avec au minimum quatre des symptômes suivants, survenant en moins de dix minutes.
Parmi les approches symptomatiques - le DSM-IV et la CIM-10 - proposent une catégorie : Trouble de l'anxiété, dont un trouble de l'anxiété généralisée.
Les théorisations de l'angoisse de Sigmund Freud se complètent. On distingue généralement deux conceptions de mécanismes intrapsychiques, qui la plupart du temps sont inconscients et n'apparaissent qu'à travers la parole de la cure, le dessin pour les enfants, ou par des médiations plus ou moins sublimées :
On peut distinguer à travers l'analyse des colorations qualitatives de l'angoisse, selon l'objet de crainte :