
Le terme Anunnaki (akkadien) ou Anun-naku, du sumérien A-nun-na(k), désigne dans la mythologie mésopotamienne un groupe de dieux.
Il prend deux sens différents selon les textes et les époques :
Dans les domaines de la pseudoscience et de la science-fiction contemporaines, ces figures ont été reprises et réinterprétées comme des Extraterrestres venus sur Terre dans l'Antiquité pour apporter leurs savoirs.
Dans son sens ancien, aux époques sumérienne et paléo-babylonienne (premiers siècles du IIe millénaire av. J.-C.), le terme Anunnaki désigne de manière collective les divinités les plus importantes du panthéon mésopotamien, organisées autour du grand dieu céleste An/Anu(m). Ils apparaissent sous cette forme dans le Mythe d'Etana comme ceux qui décident du destin, dans le récit sumérien de La mort de Gilgamesh, où le héros leur adresse des offrandes avant de trépasser, dans la fin de l'épilogue du Code de Hammurabi ils sont présentés comme « les dieux puissants du Ciel et de la Terre » et invoqués « tous ensemble » pour maudire quiconque ne respecterait pas ou altèrerait le texte.
Ce mot est parfois employé durant ces mêmes époques en parallèle à un autre, Igigi, qui désigne un groupe de dieux mais dont le sens est débattu par les assyriologues : il se pourrait qu'il s'agisse d'un groupe plus restreint de dieux importants, mais plus simplement il pourrait s'agir d'un synonyme d'Anunnaki. Dans le Mythe d'Atrahasis, daté du XVIIIe siècle av. J.-C., au début du texte il est dit que dans les temps originels les Anunnaki soumettent les Igigi a une corvée pour leur compte, ce qui introduit une distinction entre dieux supérieurs et consommateurs et dieux inférieurs et producteurs. Les Igigi, accablés par le travail, se révoltent et l'homme est créé pour accomplir le labeur à leur place. Mais ailleurs les termes sont employés cote-à-cote et semblent interchangeables, la différence entre les deux s'estompant et rejoignant les définitions vagues de la littérature de la période,.
Quelque part autour du milieu du IIe millénaire av. J.-C. le sens des mots Anunnaki et Igigi évolue : le premier désigne les divinités du Monde souterrain (les Enfers, aussi l'Abîme), donc un groupe de divinités chthoniennes, tandis que le second désigne les divinités du Ciel. Mais d'autres textes distinguent des Anunnaki du Ciel et des Anunnaki du Monde souterrain, ce qui indique qu'il n'y a pas une seule vision des choses.
Le terme Annunaki est également repris dans des textes cunéiformes anatoliens, dans la sphère culturelle hourrite-hittite, où il sert à désigner un groupe de divinités infernales. Dans ce contexte qui présente des contacts culturels avec le monde grec, ils ont pu être rapprochés des Titans de la mythologie grecque par certains universitaires.
Plusieurs textes babyloniens d'époque moyenne, datés des derniers siècles du IIe millénaire av. J.-C., donnent un nombre de 600 Anunnaki. C'est le cas d’Enuma Elish, le principal texte mythologique babylonien, qui précise dans un passage que les 600 Anunnaki sont répartis en deux groupes, à savoir 300 au Ciel et 300 dans le Monde souterrain (VI 39–44). Mais un autre passage du même mythe donne 300 Igigi au Ciel, et 600 autres (les Anunnaki manifestement) dans le monde de l'Abîme (VI 69). Ce dernier passage est selon W. Lambert une glose, appuyée sur un texte topographique de Babylone (Tintir) qui indique que la ville comprend 600 autels pour les Anunnaki et 300 pour les Igigi. Dans une litanie d'époque récente rédigée dans une variante du sumérien employée pour les chants (emesal), une organisation du monde divin est donnée comme suit : 50 grands dieux, 7 dieux des destinées, 300 Anunnaki du Ciel, et 600 Anunnaki du Monde inférieur. Cette division entre 300 Igigi célestes et 600 Anunnaki chthoniens semble la vision dominante de l'époque babylonienne moyenne. Pour les autres périodes les textes mésopotamiens donnant une organisation générale du monde divin sont rares, et présentent des contradictions entre eux, ce qui témoigne d'une absence de tradition unifiée.
Les Anunnaki sont présents dans la culture contemporaine, essentiellement dans le domaine de la science-fiction et de la pseudoscience, notamment en lien avec la théorie des anciens astronautes qui y voit des Extraterrestres humanoïdes venus apporter leurs savoirs sur Terre dans l'Antiquité, ou d'une manière générale modifier les destinées de l'humanité.