Aouchem

Le groupe Aouchem (en arabe/berbère parfois rendu « Aoucham », « Aouchem » — litt. « tatouage ») est un collectif d’artistes plasticiens algériens fondé en 1967 à Alger. Le groupe revendiquait la réappropriation des signes et motifs du patrimoine local (tatouages, graphismes, art populaire, inscriptions rupestres du Sahara) pour forger un langage plastique moderne autonome, en réaction à l’art d'État et à l’orientalisme hérités de la colonisation,.

Membres fondateurs du groupe Aouchem, Galerie de l'UNAP, Alger (3 janvier 1967). De gauche à droite : Choukri Mesli, Mustapha Adane (debout), Saïd Saïdani, Mohamed Benbaghdad et Denis Martinez (accroupi)

Histoire

Aouchem est officiellement constitué en  ; la première exposition du groupe se tient à la galerie de l'Union nationale des arts plastiques (UNAP) à Alger . Une deuxième présentation a lieu la même année à Blida (centre culturel), ce qui contribue à diffuser leurs idées à l’échelle nationale. Le mouvement est particulièrement actif jusqu'au début des années 1970 ; plusieurs sources signalent que le collectif fonctionne jusque vers 1971,.

Membres principaux

Parmi les artistes associés au mouvement figurent (liste non exhaustive) :

Esthétique et manifeste

Le nom « Aouchem » renvoie au tatouage (signification en tamazight/darija) : le collectif considère le signe — tatouage, graphie rupestre, ornement populaire — comme matrice d'une modernité artistique algérienne. Le manifeste du groupe (diffusé en 1967 lors de la première exposition) affirme la volonté de puiser dans ce patrimoine « millénaire » et de construire un art où « le signe est plus fort que les bombes ». Les artistes utilisent fréquemment des matériaux inhabituels (cuir, sable, métal, émaux, pigments terreux) et privilégient la stylisation du signe plutôt que la figuration narrative,.

Activité et influence

Aouchem s’inscrit dans une période post-indépendance où plusieurs courants cherchent à forger une identité artistique algérienne (parallèlement à l’École du Signe, au travail de Khadda, Issiakhem, Benanteur, etc.). Bien que les activités collectives s’estompent après 1971, l’impact esthétique et théorique du groupe perdure dans la peinture algérienne (réappropriation du patrimoine visuel, emploi du signe et de matériaux locaux). Des catalogues d’exposition et des textes critiques d’époque et contemporains analysent cette influence,.

Chronologie des expositions (sélection)

Publications, catalogues et livres (sélection)

Thèses, articles universitaires et ressources académiques

Iconographie

Héritage

Aouchem est aujourd’hui étudié comme un moment charnière de la peinture algérienne moderne — son manifeste, ses expositions et ses expérimentations matérielles sont régulièrement cités dans les travaux historiques et les catalogues internationaux qui reconsidèrent l’abstraction dans le monde arabe,.

Notes et références

  1. 1 2 3 « LE GROUPE AOUCHEM par Ali Silem - », sur founoune.com via Internet Archive, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 https://web.archive.org/web/20240715052135/https://dafbeirut.org/contentFiles/file/2021/03/Algerian-Painters-and-Pioneers-of-Modern-small.pdf
  3. ↑ (en) « Galerie d’art Bloom The Art Factory : Retour sur 60 ans de carrière de… », sur lejourdalgerie.com (consulté le ).
  4. ↑ « Le groupe Aouchem (2/2) », sur max-marchand-mouloud-feraoun.fr (consulté le ).
  5. 1 2 https://founoune.com/document/ManifesteAouchem2parAdaneMustapha.pdf
  6. 1 2 Lévy, Marjolaine, « Entre Doha et Ithaca, où est l’abstraction arabe ? », Critique d’art. Actualité internationale de la littérature critique sur l’art contemporain, Archives de la critique d’art, no 59,‎ , p. 101–117 (ISSN 1246-8258, DOI 10.4000/critiquedart.98042, lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ « Modern African Art : A Basic Reading List », sur si.edu (consulté le ).
  8. ↑ « Le groupe Aouchem (1/2) », sur max-marchand-mouloud-feraoun.fr (consulté le ).
  9. 1 2 (en) « PRESS RELEASETaking Shape : Abstraction from the Arab World, 1950s-1980s », sur nyu.edu via Wikiwix, (consulté le ).
  10. ↑ « La peinture Aouchem : un patrimoine visuel en question (s) par Belhachemi Noureddine - », sur founoune.com via Internet Archive, (consulté le ).
  11. ↑ https://core.ac.uk/download/pdf/227309180.pdf
  12. ↑ https://asjp.cerist.dz/en/downArticlepdf/566/5/5/75053
  13. ↑ https://shs.cairn.info/revue-les-cahiers-du-musee-national-d-art-moderne-2019-2-page-9?lang=fr

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes