Ascite

Ascite
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Ascite chez un cirrhotique.
Traitement
Spécialité Gastro-entérologieVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CIM-10 R18
CIM-9 789.5
DiseasesDB 943
MedlinePlus 000286
eMedicine 933942
med/173
MeSH D001201
Patient UK Ascites

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Une ascite, ou épanchement liquidien intraabdominal, est une accumulation de liquide dans l'abdomen, plus précisément dans la cavité péritonéale. Souvent causée par une cirrhose (une maladie sévère entraînée par une fibrose hépatique), elle peut survenir chez des patients souffrant d'insuffisance cardiaque ou de cancer. Environ 10 % des patients cirrhotiques ont une ascite. En 2013, l'échographie abdominale est la méthode de référence pour le diagnostic d'ascite. Aujourd'hui (2022), « un examen plus poussé, impliquant un scanner abdominal (tomodensitométrie) peut aussi permettre de déterminer la cause de l’ascite ».

L'épanchement peut être de plusieurs types :

Causes

95 % des ascites sont dues soit à une cirrhose hépatique, soit à une carcinose péritonéale.

Seules les ascites tertiaires sont dues à des infections digestives type péritonite, elles sont alors plus diffuses et masquent une perte de poids comme pour les péritonites.

Causes de gradient d'albumine entre le sérum et l'ascite élevé (> 11 g/L)

Causes de gradient d'albumine entre le sérum et l'ascite bas (< 11 g/L)

Autres causes possibles rares

Symptômes

Les patients peuvent se plaindre de prise de poids, de lourdeur abdominale (voire parfois de douleurs abdominales) ou de dyspnée (difficulté à respirer) causée par une pression sur le diaphragme. Ceci peut parfois entraîner une perte d’appétit en plus d'une sensation d’essoufflement et de gêne.

Mais le symptôme le plus visible est souvent (mais pas toujours) un gonflement important de l'abdomen, : la distension abdominale peut alors aplatir la cavité du nombril, voire le repousser vers l’extérieur. Lorsque l'épanchement de liquide est faible, l'ascite peut rester asymptomatique un certain temps,. Il est à noter que la prise de poids est parfois masquée ou compensée par l'amaigrissement.

D'autres symptômes fréquemment associés sont aussi des nausées et vomissements, un gonflement des jambes et des chevilles (œdème des membres inférieurs), des indigestions et brûlures d'estomac. L'ascite peut aussi être « parfois associée à un épanchement pleural (entre le poumon et la paroi thoracique), le plus souvent à droite ».

Signes physiques

Diagnostic positif : pour affirmer le diagnostic

Les signes dépendent de l'abondance de l'épanchement, ainsi on décrit l'épanchement de petite abondance qui est peu symptomatique, et les épanchements de moyenne et de grande abondance qui sont cliniquement symptomatiques.

Étiologique : pour retrouver la cause

Classification

Elle est peu utilisée. L'ascite est décrite en trois stades :

Examens complémentaires

Biologie

Imagerie

Ascite vue en échographie (en noir, ou hypoéchogène, chez une personne avec un cancer ; derrière, en blanc ou plus échogène, on retrouve les anses digestives).

Enjeux pour les cancers

En 2026, des analyses multiomiques ont mis en évidence dans les ascites malignes (ascites de patients atteints d'adénocarcinomes gastriques et œsophagiens dans ce cas), une population spécifique de cellules dendritiques immunitaires exprimant deux facteurs de transcription : 1) le gène RORC qui code le facteur de transcription RORγt, impliqué dans la différenciation de certaines cellules immunitaires (notamment le lymphocyte Th17) et 2) le gène PIGR (polymeric immunoglobulin receptor, récepteur qui transporte les IgA/IgM à travers les épithéliums) ; la cavité péritonéale métastatique est fortement enrichie en ces deux types de cellules dendritiques — que les chercheurs ont pu isoler à haut degré de pureté — et elles conservent leurs caractéristiques transcriptionnelles après culture in vitro, modulant la réponse immunitaire en atténuant les fonctions effectrices des lymphocytes T, notamment l'expression d'IFNG, le gène codant l'interféron gamma (IFN‑γ), une cytokine clé de l'immunité cellulaire. Une technique d'imagerie permettant de visualiser plusieurs marqueurs à la fois sur un même échantillon (immunofluorescence multiplexée) a montré que ces cellules dendritiques exprimant le gène RORC occupent des niches spatiales distinctes dans les ganglions lymphatiques et sont particulièrement abondantes dans les métastases ganglionnaires, ce qui les associe aux microenvironnements tumoraux avancés, suggérant qu'elles jouent un rôle dans la tolérance immunitaire et la progression métastatique.

Complications

Devant toute ascite, le premier geste invasif à faire est la ponction du liquide d'ascite. On prélève le liquide pour réaliser une série d'examens et en particulier pour dépister une complication grave : l'infection du liquide d'ascite.

L'infection du liquide d'ascite (ILA) est définie par la présence de plus de 250 polynucléaires neutrophiles par mm³, qu'il y ait ou non un taux significatif de bactéries identifiées à l'examen bactériologique direct ou après culture. L'infection se traite par une antibiothérapie.

Une détresse respiratoire peut parfois révéler l'ascite ; cette difficulté à respirer est due à la compression du diaphragme par une ascite volumineuse. Elle nécessite une évacuation du liquide.

Une hernie ou éventration, extériorisation d'anses digestives le plus souvent par une zone de faiblesse de la paroi musculaire abdominale (ombilicale, inguinale), peut survenir.

Notes et références

  1. ↑ Rev Prescrire 2014 ; 33 (366) : 290.
  2. 1 2 3 4 5 Marion Spée, journaliste scientifique, « L'ascite : les causes et les traitements » Accès libre, sur Passeport santé.net, (consulté le ).
  3. ↑ (en) Branco-Ferreira M, Pedro E, Barbosa MA, Carlos AG, « Ascites in hereditary angioedema », Allergy, vol. 53, no 5,‎ , p. 543–5 (PMID 9636820, DOI 10.1111/j.1398-9995.1998.tb04098.x)
  4. ↑ (voir notamment le résumé introductif de l'article consacré à Candida albicans, qui est un champignon potentiellement pathogène présent à l'état naturel dans les muqueuses de l'être humain)
  5. 1 2 3 4 Danielle Tholey, du Sidney Kimmel Medical College à la Thomas Jefferson University, « Ascite » Accès libre, sur msdmanuals.com, (consulté le ).
  6. 1 2 3 Dr Rodolphe Sobesky, Hépatologue, « L'Ascite » Accès libre, sur centre-hepato-biliaire.org, (consulté le ).
  7. ↑ (en) K.P. Moore, Wong, F.; Gines, P.; Bernardi, M.; Ochs, A.; Salerno, F.; Angeli, P.; Porayko, M.; Moreau, R.; Garcia-Tsao, G.; Jimenez, W.; Planas, R.; Arroyo, V, « The Management of Ascites in Cirrhosis: Report on the Consensus Conference of the International Ascites Club », Hepatology, vol. 2003, no 38,‎ , p. 258–66 (PMID 12830009, DOI 10.1053/jhep.2003.50315)
  8. ↑ (en) Runyon BA, Montano AA, Akriviadis EA, Antillon MR, Irving MA, McHutchison JG, « The serum-ascites albumin gradient is superior to the exudate-transudate concept in the differential diagnosis of ascites », Ann. Intern. Med., vol. 117, no 3,‎ , p. 215–20 (PMID 1616215)
  9. 1 2 (en) Steven M. Blum, Thomas L. Chan, Neal P. Smith et Courtney Ambrose, « Multiomic analysis of malignant ascites defines RORC -expressing dendritic cells at sites of metastasis », Science Immunology, vol. 11, no 124,‎ (ISSN 2470-9468, DOI 10.1126/sciimmunol.aeb9068, lire en ligne, consulté le ).

Bibliographie