Assimilation coloniale

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Le cahier de doléances de Saint-Louis du Sénégal (1789).

L'assimilation coloniale est la politique qui suppose que les peuples colonisés doivent progressivement adopter la culture et les valeurs du colonisateur afin de devenir à terme des citoyens à part entière. Elle est censément mise en place par la France dans une partie de ses colonies durant le XIXe et le XXe siècle, bien que contestée par des personnalités politiques de la troisième république, comme Georges Leygues.

Les Quatre communes au Sénégal, reposant sur une véritable communauté française d'Afrique, sont une illustration de cette politique. Dans ce cas précis, les Africains sont des citoyens français à part entière pouvant exercer les plus hautes fonctions politiques de l’État français. Blaise Diagne ou encore Barthélémy Durand Valantin sont des exemples parlants de ces Français d'Afrique.

Longtemps considérée de manière simpliste comme l'envers de la politique coloniale britannique plus différentialiste, elle ne constitue en réalité qu'un des axes de la politique coloniale française, à côté d'autres politiques fondées davantage sur le maintien des structures sociales antérieures à la mise en place de la domination coloniale. En la matière, les historiens ont montré que la politique coloniale française était variable, s'appliquant diversement entre les différents territoires de l'empire.

Définition du concept d'assimilation

Le concept français d'assimilation est fondé sur l'idée d'étendre la culture française dans les colonies hors du pays de la Révolution durant le XIXe et le XXe siècle. Les habitants de Saint-Louis, au Sénégal, rédigent un cahier de doléances dès 1789 au même titre que les autres citoyens français. Les révolutionnaires considèrent les indigènes comme français dès que leur territoire est sous souveraineté française. Cela signifie également qu'ils pourraient prétendre aux mêmes droits que les citoyens français de métropole. Suivant ce principe, la citoyenneté est accordée aux indigènes d'Afrique par l'Assemblée nationale législative le . Cette citoyenneté se limite alors aux territoires français d'Afrique : l'Île Saint Louis à l'embouchure du fleuve Sénégal et l'Île de Gorée au large de la Presqu'île du Cap-Vert et aux vieilles colonies (Saint Domingue, Tobago, Sainte Lucie, Guadeloupe, Guyane, Martinique, la Réunion, île Maurice, Seychelles, Saint Pierre et Miquelon).

Le concept d'assimilation a été débattu pendant longtemps. Il prend sa source avec le siècle des Lumières.

Cependant, ce principe est contradictoire avec la politique même de la France d'après la conférence de Berlin. En effet, un statut spécifique subsistait (indigène) on jugeait couramment les peuples colonisés comme étant inférieurs aux métropolitains.

Buts de l'assimilation

Le but principal était homogénéiser les populations afin d'effacer les particularismes.

L'assimilation ne doit pas être confondue avec l'assimilationnisme, qui est la culture politique véhiculant l'idée que la nationalité française des ultramarins des Quatre communes et des vieilles colonies (Antilles, Guyane, Réunion) allait de soi.

Critique de l'assimilation sous la France coloniale

Des voix se sont élevées, dès la Troisième République, contre le principe même de l’assimilation coloniale. Certains responsables politiques estimaient que vouloir imposer à des sociétés non européennes les normes culturelles françaises relevait d’un universalisme rigide et irréaliste. Georges Leygues, ministre des Colonies, puis ministre de l'Intérieur, de la Marine, et président du Conseil, dénonça ainsi en 1920 à la tribune de l’Assemblée une politique d’uniformité écrasante et rejeta la politique d’assimilation face à des peuples dotés de traditions et de civilisations anciennes :

[...] en face de populations musulmanes, hindoues, annamites, qui ont tout un passé de civilisation brillante, la politique d'assimilation serait la plus funeste et la plus absurde. (Applaudissements.) Pourquoi couler tous les cerveaux dans le même moule ? Avec ces peuples, nous devons faire une politique d'association et de collaboration, respectant toutes leurs traditions et toutes les religions des divers peuples avec lesquels nous sommes en rapport. (Applaudissements à droite.)

Références

  1. ↑ « Akhbar : journal de l'Algérie », sur Gallica, (consulté le ) : « Nous ne devons pas oublier que nous sommes une grande nation musulmane, et que par conséquent nous devons avoir une politique islamique afin de ne pas faire dans notre immense empire africain qu'une politique d'expédients, au jour le jour, sans lendemain, sans base, sans solidité, sans espoir. (Applaudissements à droite.) De toutes les religions, l'islam est la seule qui se développe grâce à la simplicité de ses rites et à l'évidence de ses doctrines. (Très bien ! très bien !) Il a raison : évitons aussi de faire une politique d'uniformité écrasante. (Très bien ! très bien !) Il est déjà étrange de vouloir imposer à des barbares vos conceptions de la vie ; mais en face de populations musulmanes, hindoues, annamites, qui ont tout un passé de civilisation brillante, la politique d'assimilation serait la plus funeste et la plus absurde. (Applaudissements.) Pourquoi couler tous les cerveaux dans le même moule ? Avec ces peuples, nous devons faire une politique d'association et de collaboration, respectant toutes leurs traditions et toutes les religions des divers peuples avec lesquels nous sommes en rapport. (Applaudissements à droite.) »

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Droit international

Études théoriques