Assuratome

Assuratome est un groupement d'assureurs et réassureurs créé en 1957 pour former un fonds commun de coréassurance pour le domaine du nucléaire civil.

Historique

Assuratome est un « Groupement de coréassurance des risques nucléaires », anciennement nommé PFARA ou "Pool Français d'Assurance des Risques Atomiques".
C'était d'abord une association, créée en 1957.
Devenu un GIE (Groupement d'intérêt économique) en 1969, il s'est adjoint les capacités assurantielles de plusieurs pools d'assurance nucléaire actifs dans la plupart des pays possédant une industrie nucléaire civile. Assuratome offre en échange à ces pools sa propre capacité de réassurance pour la couverture de risques dans le monde entier. Le groupement s’est dénommé « Assuratome » en 1995. Le GIE vise à mieux pouvoir répondre à des risques « non connus »pour un « nombre réduit d’installations assurées », mais avec une « exposition très importante », dans un cadre juridique spécifique (en France « responsabilité objective canalisée sur l’exploitant, limitée en durée et en montant, garantie financière obligatoire », avec des « risques de cumuls ».

Assuratome n’est pas un assureur, il n’émet pas directement de contrat d'assurance.

Son échelle internationale facilite le rôle de coordinateurs des pools associés en matière de gestion de sinistres RC (Responsabilité civile) de grande ampleur, dont leurs conséquences transfrontalières.

Adhérents

Selon Assuratome, le groupement comprenait plus de 30 adhérents au .

Contexte

Missions

Domaines de compétence / éligibilité

Bénéficiaires

Ce sont les opérateurs d’ « Installations Nucléaires de Base » (INB), dont par exemple en France EDF, Orano, le CEA et les ICPE utilisant ou détenant des radionucléides artificiels, ainsi que les opérateurs de médecine nucléaire ou encore utilisateurs de sources de ionisantes soumises à autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Les usages militaires ne sont pas couverts.

Limites

Ce sont celles des fonds disponibles ; les capacités domestiques cumulées RC et Dommages étaient en 2010, à titre d'exemple, pour les principaux pays couverts :

Pays-membreCapacités
Responsabilité civile et dommages
(en 2010, selon Assuratome)
Japon€ 728 M
Suisse€ 612 M
France€ 522 M
Royaume-Uni€ 516 M
Allemagne€ 498 M
Chine€ 331 M
NNI (Suède & Finlande)€ 181 M
ANI (USA)€ 106 M
Belgique€ 96 M
Espagne€ 78 M
Autres...

Le Conseil d’administration peut aussi « limiter les capacités pour certains risques ou certaines situations géographiques ».

Diverses inconnues, dont les risques liés à des opérations de démantèlement (en augmentation) ou à de grands accidents multiples et imprévus (ex. Fukushima en 2011) peuvent moduler les capacités d’intervention. Dans le domaine nucléaire, certains risques « peuvent être irréversibles, de long terme et catastrophiques »et imprévisibles dans l'espace et le temps.
De plus, la contamination interne par des radionucléides (dégâts potentiels et invisibles) et des altérations transmissibles de l'ADN sont encore mal prises en compte par le droit.

Enfin, comme pour d’autres risques majeurs, les événements naturels d'ampleur exceptionnelle sont généralement exclus de la couverture assurantielle.

Dans ce cas, la convention de Paris exonère également l'exploitant lui-même, ce qui pose la question de l’« aléa moral ». Par exemple au Japon, au moment des accidents nucléaires de Fukushima de 2011, pour les dommages au site lui-même, l’exploitant (Tepco) n'était plus assuré (depuis ), ce qui le prive d'indemnisation. Pour les dommages aux tiers, au Japon, la loi fixe un plafond d'indemnisation à 120 milliards de yens (soit 1,04 milliard d'euros environ). Tepco disposait d’une police d’assurance, mais le fait que les dommages aient été causés par un tsunami devrait priver l'opérateur japonais d'indemnisation.

Gouvernance

De l'ordre de 10 personnes (juristes & ingénieurs spécialisés dans le domaine de l’assurance des risques nucléaires) travaillent sous l’autorité d’un Directeur et du « Conseil d'administration » qui réunit au moins dix et au plus quinze Administrateurs, désignés annuellement par l'Assemblée générale ordinaire du GIE .

Chaque Administrateur étant une « personne physique, membre du haut personnel de l'entreprise adhérente qui la présente ».
Certains administrateurs peuvent être désignés pour leurs compétences particulières sans être membre du haut personnel d’une société adhérente.

Le règlement prévoit que ce conseil constitue notamment :

Des assemblées générales réunissent périodiquement « l'ensemble des membres du Groupement ».

Assuratome adhère au GIE « GSA+ » pour la logistique administrative et comptable.

Depuis , Julien Guénot est Président d'Assuratome, succédant à Philippe Rocard, et Henri Gurs est Directeur, succédant à Gilles Trembley.

Références

  1. ↑ Assurance et risque nucléaire, Nanodata, PDF, 363 pages
  2. ↑ Brown J.P. (1973), "Toward an Economic theory of Liability", Journal of Legal Studies, vol. 2(2), pp. 323-349.
  3. ↑ Shavell, S. (1987), Economic Analysis of Accident Law, Harvard University Press, Cambridge
  4. ↑ Shavell S. (1987), "The Optimal Use of Nonmonetary Sanctions as a Deterrent," The American Economic Review, American Economic Association, vol. 77(4), pp. 584-92, September
  5. ↑ Tunc, A. (1989), La responsabilité civile, 2e éd., Paris, Economica.
  6. ↑ Bouckaert, B. (1991), « La responsabilité civile comme base institutionnelle d'une protection spontanée de l'environnement », Journal des Économistes et des Études Humaines, vol. 2(2&3), pp. 315-335.
  7. ↑ Deffains, B. (2000), « L'évaluation des règles de droit : un bilan de l'analyse économique de la responsabilité », Revue d'Économie Politique, vol. 110(6), novembre-décembre, pp.751-785.
  8. ↑ Facchini, F. (2002), "Principe de causalité et économie de la responsabilité civile", L'analyse économique du droit dans les pays de droit civil, éd. Bruno Deffains., Cujas, Paris, pp.151-167.
  9. ↑ Faure, M.G. (2002), "L'analyse économique du droit civil français : le cas de la responsabilité", L'analyse économique du droit dans les pays de droit civil, éd. Bruno Deffains, Cujas, Paris, pp.113- 149.
  10. ↑ Natowicz-Laurent, I. (2000), "Responsabilité civile et assurance en matière environnementale", L'analyse économique du droit dans les pays de droit civil, Bruno Deffains éd., Cujas, Paris, pp.169- 179.
  11. ↑ Présentation détaillée d’Assuratome (Archives consultées 2011/04/29, Assuratome-France
  12. ↑
  13. ↑ Thierry Gouby, « Grands risques : Une nouvelle gouvernance pour Assuratome », sur News Assurances Pro, (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes


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