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Adrien Goffinet, né à à Neufchâteau (Belgique) et mort le à Bruxelles est un militaire belge et l'un des principaux conseillers et homme de confiance du roi Léopold II de Belgique, de concert avec Jules Van Praet et Edouard Conway.
Adrien François Constantin Ladislas Goffinet, né le à Neufchâteau (Belgique), est le fils d'Adrien Goffinet et Julie Petit de Grandvoir. Il est issu d'une famille de nobles luxembourgeois. Son père Adrien décède jeune, laissant ses neuf enfants à la charge de son épouse. Le , Adrien Goffinet épouse Marie-Thérèse De Cock, fille du sénateur Auguste De Cock qui lui donne six enfants. Ses fils jumeaux, les barons Constant Goffinet (Bruxelles, , ) et Auguste Goffinet (Bruxelles, , ) ont assumé des responsabilités dans l'entourage du roi Léopold II.
Le , il s'engage dans la jeune armée belge. En 1832, il est sous-lieutenant dans l'infanterie et en 1833, aide de camp du général Albert Prisse commandant de la 7e division de la province d'Anvers. Il participe à des escarmouches entre la garnison hollandaise du fort Lillo et celle du fort Lacroix autour d'Anvers, et fait preuve d'initiative lors de la rupture des digues de Stabroek. Le , il est adjoint au corps d'état-major. Le 15 juin de cette année, il est nommé lieutenant.
En 1839, il est chargé, comme secrétaire des généraux Prisse et Jolly, de négocier le tracé des frontières entre la Belgique et les Pays-Bas à la suite de la signature tardive du traité des XXIV articles par Guillaume Ier des Pays-Bas. Faisant la navette à La Haye et Maestricht, il fait preuve de sens diplomatique et de pragmatisme. À la demande du ministre des Affaires étrangères, il est élevé au grade de capitaine au 1er régiment de Chasseurs à pied en 1845. Cette même année, il entre à l'École royale militaire pour passer au cadre d'état-major en 1847.
En 1851, le roi Léopold Ier de Belgique l'engage comme officier d'ordonnance dans la Maison militaire du souverain avant de lui confier, en 1853, son fils le futur Léopold II de Belgique le jour de sa majorité. Le capitaine Goffinet devient ainsi l'homme de confiance du jeune prince qu'il épaule dans ses principaux centres d'intérêt : la recherche d'une colonie pour la Belgique, l'expansion commerciale et l'embellissement des villes. Il rédige, chaque matin, le courrier que lui dicte son mentor pour lequel il prépare son argumentaire. Il reste à son service jusqu'à son décès. En 1860, il est nommé aide de camp du roi.
Lors de son accession au trône en 1865, Léopold II de Belgique le nomme aide de camp et secrétaire des commandements royaux. Il est ainsi chargé de gérer le patrimoine privé de la famille royale. En 1869, il est promu colonel du corps d'état-major. En 1875, il est admis à la retraite avec le grade de lieutenant-général.
À la suite de son décès d'une congestion pulmonaire le à Bruxelles, il reçoit des funérailles officielles à la cathédrale Saint-Jacques-sur-Coudenberg à Bruxelles et est inhumé au cimetière de Lochristi en Flandre orientale.
Pour le remercier de ses bons et loyaux services, il est fait baron avec transmission pour sa descendance en 1870,.
Les distinctions suivantes lui ont été octroyées :


Avant que le baron Goffinet ne quitte son poste, il parvient à faire entrer ses fils jumeaux - Auguste et Constant - au palais royal. Juristes de formation, ceux-ci avaient embrassé la fonction diplomatique et étaient en poste à l'étranger au moment d'être appelés au palais royal. Auguste prend alors la succession de son père, tandis que Constant est nommé intendant de la liste civile. Avant de remplir cette fonction, le roi a l'habileté de le désigner comme secrétaire de la délégation belge à la conférence de Berlin, ce qui lui permet d'être informé minute par minute de ce qui s'y passe. Au moment de signer l'acte de clôture de la conférence, le , Otto von Bismarck se tourne vers lui pour lui glisser, sur un ton ironique : Voilà bien du plaisir en perspective pour votre Roi!
Lorsque le quai d’Orsay demande à son ambassadeur à Bruxelles de plus amples informations sur l’émissaire que Léopold II lui envoie pour négocier le litige frontalier entre les deux puissances coloniales au Congo, celui-ci décrit, mieux que personne, la nature de la relation qui les unit : « Le baron Goffinet vit dans une incessante et familière intimité avec le roi qui a une confiance absolue en son dévouement et tient en particulière estime son intelligence, ses facultés de travail son ferme bon sens. Aussi Sa Majesté a-t-elle pris l’habitude de l’associer à ses occupations les plus sérieuses et le consulte-t-elle volontiers sur des affaires de l’ordre le plus personnel, à propos desquelles elle écarte, bien plus qu’elle ne la recherche, l’intervention de ses conseillers officiels ordinaires. »
En sa qualité d’intendant de la liste civile, Constant Goffinet est en liaison constante avec le roi. C’est lui qui gère le budget alloué par l’État belge au souverain dans l’accomplissement de sa mission constitutionnelle. Il engage et paie le personnel attaché à la maison royale, achète les présents pour les hôtes de marque, assure l’intendance quotidienne de la vie du palais. Comme le roi a la fâcheuse tendance à confondre ses sources de revenus, la liste civile sert, au même titre que sa fortune privée, à ses entreprises congolaises ou aux travaux d’embellissement qu’il réalise à Ostende et à Bruxelles. Mis, plus qu’à son tour, dans des situations difficiles, il doit répondre à toutes les demandes royales et trouver l’argent nécessaire pour les satisfaire. Confiant dans les visées royales, Constant tente d’intéresser les entreprises belges à l’entreprise coloniale et, joignant les actes aux paroles, n’hésite pas y investir d’importantes sommes, en accord avec son frère. C’est à ce titre qu’il sera administrateur de plusieurs sociétés coloniales, comme la Compagnie des chemins de fer du Congo, la compagnie du Katanga ou, encore, la Société anversoise de commerce au Congo.
Promis à une carrière plus paisible, son frère jumeau, Auguste, a repris le secrétariat aux commandements du roi à la mort de son père Adrien. Chargé de gérer la fortune privée du roi, Auguste est également affecté au service de la reine Marie-Henriette lorsque celle-ci se retire définitivement à Spa, entérinant une séparation de fait de longue date. À la mort de cette dernière, en 1902, Léopold II lui demande d’administrer la fondation de Niederfullbäch et de servir d’intermédiaire avec ses ministres pour tout ce qui concerne la colonie et les grands travaux. C’est ainsi qu’il approche le groupe de généreux donateurs qui vont compléter le financement de l'arc de triomphe du Cinquantenaire, à Bruxelles, et qu’il fait pression sur l’entrepreneur pour que les travaux soient terminés dans les délais les plus brefs
Célibataires endurcis, fins gourmets et amateurs d’art, les deux inséparables partagent leurs rares temps libres entre leur somptueux hôtel de la rue de la Science, au cœur du quartier Léopold, et leur vaste propriété de Freux dans l'ardenne belge dont ils se plaisent à orner le parc de parterres de rosiers et de statues.
Ultime marque de confiance, les frères Goffinet sont nommés exécuteurs testamentaires du roi peu avant sa mort mais vivent très mal leur mise à l’écart par son successeur, Albert Ier, qui les remercie de leur dévouement en faisant Auguste Grand-Cordon et Constant Grand-Officier de l’ordre de Léopold. Mais leur petit-neveu Robert Goffinet sera nommé intendant de la liste civile du roi Albert, héritant ainsi de responsabilités proches de celles de ses deux oncles. Ces fonctions se prolongeront sous le fils du roi Albert, Léopold III et sous les premiers mois de la régence de Charles, frère de Léopold III. Il décède en 1945, des suites d'infirmités encourues au combat pendant la première guerre mondiale.