| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Auguste-Adolphe Okolowicz |
| Nationalité | |
| Domicile |
Paris () |
| Activités |
Militaire, soldat, aide de camp |
| Grade militaire | |
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| Conflits | |
| Distinction |
Auguste Okolowicz, né le à Vierzon et mort le à Couilly-Pont-aux-Dames, est un militaire français.
Après avoir vaillamment combattu lors de la guerre de 1870, il se rallie, comme quatre de ses frères, à la République et sert la Commune de Paris, dont il est l’un des généraux en vue. Deux d’entre eux ont été tués dans la lutte, le troisième a été déporté.
Fils de la modiste française Clémence Canuet et du maitre de musique polonais Auguste Okołowicz, qui avait longtemps combattu l’invasion russe avant de devoir fuir sa patrie, Auguste est le premier enfant d'une très grande fratrie, qui ont tous opté, à leur vingt-et-unième année, pour la nationalité française.
Entré à l'École polonaise des Batignolles, en 1846, il en est renvoyé en 1853 pour inconduite. L’année suivante, il s’engage dans le 2e régiment des cosaques du Sultan en Pologne, commandé par le général comte Zamoyski, combattant les Russes, lors de la guerre de Crimée. De retour dans la capitale, à la fin du conflit, il ouvre, au 11 rue Saint-Sulpice, un café qui fait rapidement faillite. Lors de la guerre franco-allemande de 1870, il reprend du service, au sein d’une compagnie de francs-tireurs, avec grade de capitaine, à la Légion des Amis de la France, commandés par des personnalités comme le Polonais Jozef Bossak-Hauké ou Garibaldi. Pendant le siège de Paris, l’amiral Pothuau le choisit pour son officier d'ordonnance et, pour sa vaillante conduite, le porte un des premiers pour la croix de la Légion d'honneur.
Après l’armistice, il milite au sein du club de la rue de Lévis, et rejoint la Commune, dès le . Il plante un drapeau rouge au sommet de la colonne de la Bastille, au premier jour de l’insurrection, et se fait élire, le , commandant du 90e Bataillon fédéré. En , le général Dombrowski, commandant de la 11e légion de la Garde nationale, qui le connaissait, fait appel à lui, pour organiser la défense de Paris du côté d’Asnières, de Levallois et de Neuilly. Il était alors colonel. Okolowicz est un brave qui lorsqu’il affronte le danger, va le premier au feu. Blessé, le , à Asnières qu’il défendait avec sa fougue coutumière, Dombrowski le nomme général, l’un des onze de la Commune , et lui donne le commandement de la deuxième brigade de la division Dombrowski, le . Le , il donne l’ordre aux marchands de vin de Levallois, Clichy et Saint-Ouen de fermer leur établissement à partir de 2 heures.
Le , en tentant une reconnaissance hardie, il est atteint par une balle versaillaise et transporté, presque mourant, à l’ambulance du Palais de l’Industrie. Lors de la Semaine sanglante, les Versaillais font irruption dans l’ambulance, la baïonnette au canon, les soldats, s’apprêtant à clouer les malades dans leurs lits, fusiller même les infirmiers, malgré le médecin en chef qui leur répétait qu’on ne tue pas les blessés. Ils ordonne à Okolowicz de se lever, qui répond : « Je ne puis… Fusillez-moi sans me déranger » On allait l’entrainer de force, lorsque l’amiral Pothuau, entré dans l’ambulance et le reconnaissant, repousse les soldats en leur disant : « Tenez, voilà un des plus braves officiers que j’ai jamais connus ! » Les soldats s’étant retirés, l’amiral a commandé que les blessés soient respectés et qu’ils soient dirigés sur Versailles.
À son arrivée au camp de Satory, après l’évacuation de l’ambulance sur ordre de Pothau, Okolowicz, dont la blessure s’était rouverte en route, a été placé à l’ambulance de Satory. En butte aux avanies de ses geôliers, ainsi que leurs menaces, il a néanmoins de la chance dans son malheur puisqu’un des demmes chargées du soigner, Marie Carré, tombe amoureuse de lui et se met en tête du soustraire au peloton d’exécution. Durant ce temps, la sœur d’Okolowicz, préparait, au dehors, l’évasion de son frère. Tenu au courant de ces projets par l’intermédiaire de ses avocats, qui se rendaient à Versailles, Okolowicz poursuivait sa convalescence, reprenant des forces, d’abord capable de se lever, de faire quelques pas puis, appuyé sur une canne, de marcher pendant une ou deux minutes, jusqu’à pouvoir se tenir debout. Sa sœur étant parvenue à lui faire remettre une tenue complète de lieutenant, du képi jusqu’aux souliers, il enfile, une nuit, cet uniforme, alors que ses camarades, prévenus, font tous semblant de dormir. Une fois dans la cour, la sentinelle présente les armes, Okolowicz fait le salut militaire et sort dụ camp, marchant droit devant lui, où une voiture devait l'attendre. Le fiacre arrivé, le fugitif y monte promptement à côté de sa sœur, tandis que le cocner, qui emmener un officier et une jeune conquête, fouette son cheval à tour de bras.
Il se cache, tout d’abord, près de deux mois, à Montmartre, chez un ami acteur, que sa sœur avait prévenu depuis longtemps. Vivre longtemps caché à Paris étant difficile, il s’installe dans une masure louée pour lui à La Garenne, en face de l’Ile Saint-Denis, où il allait à la pêche tous les jours, par tous les temps. Ayant acquis, au bout deux ans, une assez grande popularité auprès des locaux, une députation d’électeurs est venue le prier d’accepter les fonctions de conseiller municipal. Sentant le danger, il les a vivement remerciés en demandant à réfléchir. Il profite de ces délais pour faire ses préparatifs de départ et passer en Belgique.
Ayant gagné, sans être inquiété, Bruxelles, avec Marie Carré, qui était venue, sous de nombreux déguisements, le ravitailler, pendant deux ans, il se met bravement au travail, faisant courageusement tous les métiers capables de les faire vivre honorablement. Devenu ouvrier, aussi brave à l’atelier qu’au parc de Neuilly, il monte une affaire dans l’industrie céramique avec la fabrication de faïences craquelées
Avec la loi du 11 juillet 1880, permettant le retour en France des derniers exilés, il rentre à Paris, où il continue de vendre de la porcelaine craquelée, au 14 rue Bleue, jusqu’à sa faillite, en 1881. Il fonde, avec le concours de plusieurs sommités politiques et artistiques, le Cercle protecteur des Arts, au 6 boulevard Poissonnière, devenu, dans sa seconde incarnation, le Cercle Protecteur des Arts, véritable réunion d'artistes, d'hommes de lettres et de gens du monde.
À l’issue d’obsèques strictement civiles, il est inhumé, le , au cimetière du Père-Lachaise. Parmi la foule qui assistait à la cérémonie, le député Boyer, le romancier Clovis Hugues, les peintres Boetzel, Grenier et Guillaumet, le photographe Carjat, etc.