| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré |
au studio de Meudon (Meudon) au studio Sequenza (Montreuil) et au studio Music Unit (Montreuil) |
| Durée | 43:41 |
| Genre | Chanson française |
| Producteur | Didier Pascalis |
| Label | Tacet |
Albums de Jean Guidoni
Avec des si est le seizième album studio de Jean Guidoni, sorti le sous le label Tacet.
Produit et composé par Didier Pascalis, il succède à Légendes urbaines (2017) et marque le début d'une collaboration du chanteur avec le journaliste Arnaud Bousquet qui signe la plupart des paroles.
L'album a été conçu en partie pendant le confinement au cours de l'année 2020, puis enregistré dans plusieurs studios d'Île-de-France. Ses arrangements, écrits par le pianiste Julien Lallier et Didier Pascalis, privilégient une instrumentation acoustique dominée par le piano et le violoncelle, complétée ponctuellement par le violon et le trombone. Les douze chansons abordent, entre autres, la nostalgie, l'usure du temps et des habitudes, la mort, les souvenirs autobiographiques ou la joie de chanter.
L'album, qui se distingue des précédentes productions de Jean Guidoni par son esthétique sobre et intimiste, a été présenté au public au cours d'un spectacle donné au théâtre des Bouffes-du-Nord en .
Après l'album Légendes urbaines (2017) dont il avait écrit la totalité des textes, Jean Guidoni éprouve le besoin de se reposer et même d'arrêter sa carrière,. Interrogé par David Desreumaux en 2022, il confie qu'à cette époque, il pensait sereinement que ce disque serait son dernier. Le , le chanteur termine donc sa tournée à L'Européen. C'est lors de ce concert, que son producteur et compositeur Didier Pascalis lui présente le journaliste Arnaud Bousquet,. Ce dernier n'avait alors aucune expérience en tant que parolier mais se propose « d'écrire pour [lui] » : il était à l'époque rédacteur en chef pour France Bleu Nord avant de devenir chargé de mission à France Bleu puis directeur de la rédaction de France Culture et France Musique. Le courant passe entre les deux hommes et Jean Guidoni finit par lui accorder sa confiance,. Il dit apprécier particulièrement sa « bienveillance et sa bonté ».
Le travail d'écriture des chansons commence l'année suivante. Le Toulonnais venait d'esquisser les paroles d'Un homme sans importance et demande d'abord à Arnaud Bousquet de l'aider à les finaliser,, puis celui-ci lui propose d'autres textes que Didier Pascalis met peu à peu en musique. La conception du disque s'étale sur plusieurs mois et les premières maquettes sont enregistrées au cours de l'été 2021. Après cette première collaboration, Jean Guidoni retravaillera à nouveau avec Arnaud Bousquet sur son dernier album Eldorado(s) (2025),.
Le , les nouvelles chansons du disque Avec des si sont créées sur la scène du théâtre des Bouffes-du-Nord, quarante ans après la première du spectacle Crime passionnel,.
Écrits essentiellement autour d'un duo constitué par le piano de Julien Lallier et le violoncelle d'Isabelle Vuarnesson, auxquels s'ajoutent ponctuellement le violon de Mathias Lévy ainsi que le trombone de Julien Chirol, les arrangements acoustiques de l'album ont été confiés à Julien Lallier et Didier Pascalis. Le premier officiait déjà en tant que simple instrumentiste sur trois pistes de Légendes urbaines, de même qu'Isabelle Vuarnesson. Natif de Cholet, Julien Lallier s'est surtout fait connaître comme pianiste de jazz, notamment auprès du tromboniste Raul de Souza. Quant à Isabelle Vuarnesson, il s'agit d'une violoncelliste de formation classique qui accompagne de nombreux artistes de chanson française comme Romain Didier, Allain Leprest et Anne Sylvestre. L'ensemble instrumental très épuré choisi par les deux arrangeurs est par ailleurs totalement assumé par le chanteur qui vise une certaine intemporalité, :
« Il arrive un certain moment dans une vie où tu as envie d'ôter tes oripeaux afin de te montrer tel que tu es. D'où cette légèreté. »
— Jean Guidoni
Comme Paris-Milan, le disque a été enregistré dans plusieurs studios d'enregistrement différents. On retrouve l'ingénieur du son Thomas Vingtrinier derrière les manettes au studio Sequenza, situé rue des Roulettes à Montreuil. Le studio de Music Unit, situé également à Montreuil, est lui aussi mis à contribution, cette fois sous la houlette d'Alexandre Chaigne. Enfin, Aurélien Marotte s'est occupé de la prise de son aux studios de Meudon, fondés en 2000 par Bernard Faulon dans la commune de Meudon. Familier des enregistrements de Jean Guidoni, mais aussi de Juliette, Ibrahim Maalouf ou Jean-Louis Aubert, c'est l'ingénieur du son et designer sonore Martin Antiphon qui a pris en charge le mixage de l'album.
Produit par Didier Pascalis, l'album Avec des si est publié le par le label Tacet.
L'accueil de la presse française est globalement positif. L'hebdomadaire Télérama lui décerne même la note TTT (« Très Bien »), récompensant ainsi les « douze nouvelles chansons élégantes » qui le composent.
Jean-Pierre Michy de FrancoFans a été particulièrement séduit par les paroles d'Un homme sans importance, mais aussi par les arrangements qui soutiennent « une interprétation toujours aussi forte et touchante ». De son côté, le magazine culturel We Culte! salue « le retour d'un phénix nostalgique ». Yannick Delneste, du quotidien Sud Ouest, estime que Jean Guidoni a conçu un album où « il scrute les ombres passées sans verser dans le "c'était mieux avant" » et dans lequel « belle nostalgie et pulsion de vie cohabitent au fil de 12 titres sensibles ». Pour Jean-Baptiste Urbain de France Musique, le chanteur n'hésite pas à se dévoiler « à travers [les] musiques intimistes et enivrantes » de ce nouvel opus. Quant à Gérard Classe du tabloïd Le Télégramme, il lui attribue la note 4/5 et décrit « un disque plutôt confidentiel, un poil nostalgique », servi par l'« écriture vive et précise » d'Arnaud Bousquet et où se détache le titre Sans Dabadie.

Les paroles ont pratiquement toutes été imaginées par Arnaud Bousquet, sauf quatre chansons coécrites avec Jean Guidoni à partir de ses propres idées. À ses yeux, le style littéraire de l'ancien journaliste est « plus simple » que celui, plus théâtral, de son ancien parolier Pierre Philippe. Selon David Desreumaux, l'écriture d'Arnaud Bousquet « use de la métaphore et de l'allusion pour conserver un flou artistique » tout en jouant volontiers avec les mots. Il remarque également que l'auteur soigne la conclusion de chaque chanson, en particulier sur Sans Dabadie. Souvent sombres, les thèmes abordés sont dans la lignée de ceux de l'album Légendes urbaines (2017) qui parlait déjà du temps qui passe ou de la peur de l'absence. Le chanteur y évoque des souvenirs parfois autobiographiques, comme s'il faisait des confidences aux auditeurs.
Pour Jean Guidoni, la chanson titre Avec des si est une « chanson d'espoir » dont la mélancolie reste « joyeuse ». Revoir l'été s'inspire de son premier livre autobiographique Quelques jours de trop et fait référence à son enfance à Toulon en tant que fils de marin d'origine corse. Si les anges parle de la fuite du temps et de la mort, un thème récurrent dans son répertoire,. Les mêmes médite sur la routine et les gestes que l'on fait quotidiennement sans possibilité de changement. Faisant écho à Moi je danse sur l'album précédent, Allons chante est un « hymne à la chanson et une injonction à chanter ». D'apparence plus légère, Sans Dabadie rend hommage au célèbre écrivain et scénariste Jean-Loup Dabadie. Elle a été écrite par Arnaud Bousquet avant sa rencontre avec Jean Guidoni. Il y fait notamment un clin d'œil à l'univers des films de Claude Sautet pour lequel Jean-Loup Dabadie avait travaillé. Plus ironique, L'été meurtrier se moque du comportement de certains touristes en vacances. Un homme sans importance s'interroge quant à elle sur « l'utilité d'une vie », y compris celle du chanteur lui-même. On retrouve un univers plus mystérieux dans Cecil Hotel qui s'inspire de la série American Horror Story et de l'affaire Elisa Lam, une jeune étudiante retrouvée noyée dans une citerne au sommet du Cecil Hotel à Los Angeles,. Très différente, Larmes de tigre se demande où vont les larmes que l'on retient. À plus d'un titre s'amuse à passer en revue les nombreux titres de la discographie de Jean Guidoni sous la forme de huit quatrains. Enfin, Paris je suis en vie renoue avec le thème de la mélancolie de la chanson titre et fait le « récit de l'itinéraire d'une vie ».
Composée entièrement par Didier Pascalis, la musique s'éloigne nettement de l'esthétique plus pop rock des albums précédents de Jean Guidoni (comme Trapèze, La Pointe rouge ou Paris-Milan) et même de Légendes urbaines, pour lequel le compositeur avait conservé une instrumentation électrique avec quelques tournures « baroques ». Rien de tel dans cet opus entièrement acoustique qui frappe par sa très grande sobriété et son caractère intimiste. David Desreumaux va jusqu'à comparer les mélodies des chansons avec celles de certaines bandes originales de films, car « elles racontent une histoire » tout en « appor[tant] ce que le texte n'apporte pas ».
Sur le plan de l'interprétation, la voix du Toulonnais a encore mûri et évolue résolument dans les graves. Selon ce dernier, ce sont les compositions parfois peu aisées de Didier Pascalis qui l'inciteraient à se dépasser.
Le titre de l'album résume la situation professionnelle de l'artiste, qui est parvenu à un moment charnière de sa carrière :
« Je peux tout arrêter comme tout recommencer. "Avec des si" on refait le monde. »
La photo de pochette, prise par Arthur Hubert-Legrand, représente un cliché en noir et blanc du Toulonnais. Vêtu d'un long manteau sombre, le cou entouré d'une écharpe claire, il est adossé de profil contre un muret surplombant un parc urbain vu d'en haut. La sobriété de cette photo et le caractère hivernal du paysage d'arrière-plan sont au diapason de l'atmosphère de l'album qui semble esquisser « un portrait de l'artiste au soir de sa vie ». De son côté, Solène Chaillat a réalisé le graphisme du livret du CD.
| No | Titre | Paroles | Musique | Durée |
|---|---|---|---|---|
| 1. | Avec des si | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 4:00 |
| 2. | Revoir l'été | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 3:46 |
| 3. | Si les anges | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 4:00 |
| 4. | Les mêmes | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 3:12 |
| 5. | Allons chante | Jean Guidoni - Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 3:45 |
| 6. | Sans Dabadie | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 2:32 |
| 7. | L'été meurtrier | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 3:20 |
| 8. | Un homme sans importance | Jean Guidoni - Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 4:05 |
| 9. | Cecil Hotel | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 3:37 |
| 10. | Larmes de tigre | Jean Guidoni - Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 3:16 |
| 11. | À plus d'un titre | Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 3:25 |
| 12. | Paris je suis en vie | Jean Guidoni - Arnaud Bousquet | Didier Pascalis | 4:43 |
« Le moindre demi-pas de danse de Jean Guidoni, vous êtes embarqué, vous êtes happé, vous êtes hypnotisé. »
— Arnaud Bousquet
Puis il finit par rencontrer le chanteur dans les coulisses grâce à Didier Pascalis. C'est un an après, pendant le confinement, qu'il retrouve Jean Guidoni dans son domicile de Normandie puis qu'il commence à travailler sur les paroles de l'album.