BCBS 239 est la norme numéro 239 du Comité de Bâle. Le titre en est « Principes aux fins de l’agrégation des données sur les risques et de la notification des risques ». Elle a pour but de participer à la stabilisation du système financier mondial en contraignant les grandes banques à mieux connaître les risques auxquels elles sont exposées.
La norme a été publiée en et s'applique le à toutes les banques systémiques d'importance mondiale qui étaient définies comme telles en , et trois ans après leur date de désignation pour celles qui l'ont été après cette date.
La norme recommande en outre qu'elle soit appliquée par les superviseurs locaux aux banques systémiques d'importance au plan intérieur trois ans après leur désignation comme telles.
L'objectif général de la norme est le renforcement, dans les banques, des capacités d'agrégation de données des risques et des pratiques internes de notification des risques, améliorant ainsi la gestion de ces derniers et les processus de décision les concernant.
La norme contient cinq sections, les quatre premières incluant quatorze principes :
I. Gouvernance et infrastructure 1. Gouvernance 2. Architecture des données et infrastructure informatique II. Capacités d'agrégation des données sur les risques 3. Exactitude et intégrité 4. Exhaustivité 5. Actualité 6. Adaptabilité III. Pratiques de notification des risques 7. Exactitude 8. Représentativité 9. Clarté et utilité 10. Fréquence 11. Distribution IV. Surveillance prudentielle, outils et coopération entre autorités de contrôle 12. Surveillance 13. Actions correctives et mesures prudentielles 14. Coopération entre autorités d’origine/d’accueil V. Délais de mise en œuvre et dispositions transitoires
Même au niveau le plus détaillé, BCBS 239 est une norme basée sur des principes : elle donne peu de mesures claires pouvant être utilisées pour en suivre la conformité.
Chacun des 14 principes est brièvement présenté ci-dessous. Il est à noter que les 11 premiers principes concernent les banques, et les 3 derniers concernent les autorités de contrôle.
Les banques systémiques d'importance mondiale qui étaient définies comme telles en devaient mettre en place cette norme pour le .
Un rapport d'audit thématique de la Banque Centrale Européenne montre que, à , aucune des 25 institutions de crédit incluses dans l'échantillon étudié n'avait complètement mis la norme en place. Selon ce rapport, « les faiblesses proviennent avant tout d'un manque de clarté concernant la responsabilité des données. » Le rapport conclut notamment : « La mise en œuvre complète des principes du BCBS ne sera probablement pas réalisée dans un avenir proche, car les plannings de mise en œuvre de plusieurs institutions de crédit vont jusqu'à fin 2019 et au-delà. »
En , un rapport du Comité de Bâle montre que « En ce qui concerne la mise en place de l'architecture de données nécessaire, aucune des banques ne respecte pleinement les principes, et pour beaucoup, l'infrastructure informatique reste difficile. Mais les efforts des banques pour mettre en œuvre les principes ont permis de réaliser des progrès tangibles dans plusieurs domaines clefs, en particulier la gouvernance, les capacités d'agrégation des données sur les risques, et les pratiques de reporting. »
En , le Comité de Bâle affirme que « Près de dix ans après la publication initiale des principes et sept ans après la date prévue pour leur mise en conformité, les banques se trouvent à des stades différents en termes d'alignement. Des efforts supplémentaires sont nécessaires dans toutes les banques pour atteindre ou maintenir une conformité totale. »