Barnard b

Étoile de Barnard b
Vue d'artiste de la planète.
Vue d'artiste de la planète.
Étoile
Nom Étoile de Barnard
Constellation Ophiuchus
Ascension droite 17h 57m 48,498s
Déclinaison +04° 41′ 36,21″
Distance 5,96 al
Type spectral M4 V
Magnitude apparente 9,57

Localisation dans la constellation : Ophiuchus

(Voir situation dans la constellation : Ophiuchus)
Caractéristiques orbitales
Demi-grand axe (a) 0,022 94 ± 0,000 33  ua
Excentricité (e) < 0,16
Période (P) 3,153 3 ± 0,000 6  jours
Caractéristiques physiques
Masse minimale (m sin(i)) 0,37 ± 0,05  M⊕
Température (T) 400 ± 7  K
Découverte
Découvreurs Très Grand Télescope (VLT)
Date 1er octobre 2024
Statut Confirmée (2024)

Étoile de Barnard b, ou informellement simplement Barnard b (aussi désignée GJ 699 b), est une exoplanète confirmée de type sous-Terre chaude qui orbite autour de l'étoile de Barnard, dans la constellation d'Ophiuchus.

La planète est découverte suite aux observations effectuées par le spectrographe ESPRESSO du Très Grand Télescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO), en utilisant la méthode des vitesses radiales. Sa découverte est annoncée le , en même temps que la publication de l’étude,. C'est la deuxième planète de son étoile parmi les quatre planètes connues de ce système : Barnard d (période de 2,34 j), b (3,154 j), c (4,124 j) et e (6,739 j).

Première découverte réfutée : super-Terre glacée

L'existence d'un système planétaire orbitant autour de l'étoile de Barnard, une des étoiles les plus proches de la Terre, à un peu moins de six années-lumière de distance, est déjà avancée dès 1972.

En , une étude menée par une équipe internationale d'astronomes, issus de l'Observatoire européen austral et de la Carnegie Institution for Science, fait état d'une possible exoplanète, de la catégorie des super-Terres, avec une masse estimée à 3,2 fois celle de la Terre, orbitant autour de l'étoile de Barnard. Cette découverte est officiellement publiée dans la revue scientifique Nature le , et la planète est baptisée Étoile de Barnard b (en anglais : Barnard's Star b),.

L'existence de cette planète glacée, est avancée avec un taux de confiance de 99 % de la part des scientifiques, et il est envisagé d'obtenir une observation directe par télescope d'ici une dizaine d'années.

L'existence de cette planète est cependant réfutée en , après une analyse de la vitesse radiale de l'étoile. Les variations de vitesse observées sont alors interprétées comme un artéfact dû à l'activité stellaire, plutôt que comme la présence d'un compagnon en orbite,.

Caractéristiques de la première Barnard b

La planète a été étudiée par la méthode des vitesses radiales, la technique de chasse aux planètes la plus courante. Il est confirmé que l'étoile de Barnard présentait une « oscillation » observée dans son mouvement, ayant une période d'environ 233 jours, ce qui correspondrait à la présence d'un compagnon à un demi-grand axe de 0,4 UA. La masse minimale du corps planétaire théorisé est alors estimée à environ 3,2 masses terrestres (M🜨). L'analyse est minutieuse et approfondie, en effet l'astronome principal Ignasi Ribas fait remarquer que « nous avons utilisé les observations de sept instruments différents, couvrant 20 ans de mesures, ce qui en fait l'un des ensembles de données les plus importants et les plus complets jamais utilisés pour des études précises de vitesse radiale ».

Vue d'artiste de la planète Barnard b orbitant l'étoile de Barnard (2019).

Barnard b était alors présentée comme une planète tellurique glacée, atteignant des températures de surface d'environ −170 °C. Sa distance orbitale, bien que proche de l'étoile selon les normes du système solaire, se situe autour de la ligne de glace pour une naine rouge faible comme l'étoile de Barnard. C'est la ligne isotherme où les composés volatils tels que l'eau se condensent pour former de la glace, hors de la zone habitable supposée où les températures permettent la présence d'eau liquide en surface.

Les astronomes s'attendaient également à trouver dans la zone de Barnard b d'autres planètes de ce genre, l'accrétion protoplanétaire étant courante dans cette plage de températures.

Seconde découverte : sous-Terre ardente

Après la remise en question de l'existence de la super-Terre en 2021, une équipe de l'ESO recycle le nom de Barnard b pour une exoplanète de la catégorie des sous-Terres, bien moins massives (0,37 M🜨), orbitant autour de son étoile en 3,15 jours terrestres. C'est une planète chaude, dont la température d'équilibre vue de l'espace avoisine les 125 °C.

Néanmoins, il est très probable qu'elle soit en rotation synchrone, vu la proximité de son étoile, la faible excentricité de son orbite et l'âge très avancé de ce système. Ses nuits perpétuelles sont supposées être très froides et sa période diurne est toujours chaude. Ce serait alors une planète de type globe oculaire. Il est en outre peu probable qu'elle ait une atmosphère, dû à sa faible masse et sa grande proximité avec la naine rouge[réf. nécessaire].

Suite à la découverte de Barnard b, les chercheurs se penchent sur l'existence de trois planètes voisines potentielles. L'existence de ces corps telluriques est confirmée grâce à l'outil MAROON-X en , et l'existence d'une cinquième planète, Barnard e, est théorisée. Le système est un des plus compacts observés, aucune des planètes observées ne dépassant la masse de 0,57 M🜨 pour une période de révolution de 7 jours terrestres au maximum.

Notes et références

  1. ↑ (en) Encyclopédie des planètes extrasolaires de l'Observatoire de Paris, « Planet Barnard's star b » Accès libre, sur exoplanet.eu (consulté le )
  2. ↑ Observatoire Européen Austral, « Des scientifiques découvrent une planète en orbite autour de l'étoile individuelle la plus proche de notre soleil » Accès libre, sur www.eso.org, (consulté le )
  3. ↑ (en) J. I. González Hernández, A. Suárez Mascareño, A. M. Silva, A. K. Stefanov, J. P. Faria et al., « A sub-Earth-mass planet orbiting Barnard’s star », Astronomy & Astrophysics (A&A), vol. 690,‎ (lire en ligne Accès libre)
  4. ↑ (en) Ritvik Basant et al., « Four Sub-Earth Planets Orbiting Barnard’s Star from MAROON-X and ESPRESSO », The Astrophysical Journal Letters, vol. 982,‎ (lire en ligne Accès libre)
  5. ↑ Michel Rouzé, « L'étoile de Barnard et ses planètes », Raison présente, vol. 21, no 1,‎ , p. 112–112 (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ (en-GB) Paul Rincon, « Planet found circling neighbouring star », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. 1 2 3 (en) I. Ribas, M. Tuomi, A. Reiners, R. P. Butler, J. C. Morales, M. Perger, S. Dreizler, C. Rodríguez-López, J. I. González Hernández, A. Rosich, F. Feng, T. Trifonov, S. S. Vogt, J. A. Caballero, A. Hatzes, E. Herrero, S. V. Jeffers, M. Lafarga, F. Murgas, R. P. Nelson, E. Rodríguez, J. B. P. Strachan, L. Tal-Or, J. Teske, B. Toledo-Padrón, M. Zechmeister, A. Quirrenbach, P. J. Amado, M. Azzaro, V. J. S. Béjar, J. R. Barnes, Z. M. Berdiñas, J. Burt, G. Coleman, M. Cortés-Contreras, J. Crane, S. G. Engle, E. F. Guinan, C. A. Haswell, Th. Henning, B. Holden, J. Jenkins, H. R. A. Jones, A. Kaminski, M. Kiraga, M. Kürster, M. H. Lee, M. J. López-González, D. Montes, J. Morin, A. Ofir, E. Pallé, R. Rebolo, S. Reffert, A. Schweitzer, W. Seifert, S. A. Shectman, D. Staab, R. A. Street, A. Suárez Mascareño, Y. Tsapras, S. X. Wang et G. Anglada-Escudé, « A candidate super-Earth planet orbiting near the snow line of Barnard’s star », Springer Nature America, Inc, vol. 563, no 7731,‎ , p. 365–368 (ISSN 0028-0836, OCLC 716177853, DOI 10.1038/s41586-018-0677-y, lire en ligne).
  8. 1 2 (en) Mike Wall, « Icy 'Super-Earth' Exoplanet Spotted Around Nearby Barnard's Star », Space.com, (consulté le ).
  9. ↑ (en) Jack Lubin, Paul Robertson, Gudmundur Stefansson et al., « Stellar Activity Manifesting at a One-Year Alias Explains Barnard b as a False Positive », The Astronomical Journal, American Astronomical Society, vol. 162, no 2,‎ , p. 16, article no 61 (ISSN 0004-6256, DOI 10.3847/1538-3881/ac0057, Bibcode 2021AJ....162...61L, arXiv 2105.07005)
  10. ↑ (en) Étienne Artigau, Charles Cadieux, Neil J. Cook, René Doyon, Thomas Vandal et al., « Line-by-line velocity measurements, an outlier-resistant method for precision velocimetry », The Astronomical Journal, vol. 164, no 3,‎ , p. 18, article no 84 (DOI 10.3847/1538-3881/ac7ce6, Bibcode 2022AJ....164...84A, arXiv 2207.13524)
  11. ↑ Laurent Sacco, « Une exoplanète découverte autour de l'étoile de Barnard : la réalité rejoint la fiction ! », Futura,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. 1 2 « « Barnard b », une nouvelle exoplanète détectée tout près de nous », sur ouest-france.fr, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes