Système décimal

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Ne doit pas être confondu avec Nombre décimal.

Le système décimal est un système de numération utilisant la base dix. Dans ce système, les puissances de dix et leurs multiples bénéficient d'une représentation privilégiée.

Numérations décimales

Le système décimal est largement le plus répandu. Ainsi sont constituées, par exemple, les numérations :

Systèmes de notation

Les peuples ayant une base de numération décimale ont employé, au cours du temps, des techniques variées pour représenter les nombres. En voici quelques exemples.

Les systèmes de numération dont les chiffres représentent les valeurs un, dix, cent, mille, etc. sont de type additif. C'est le cas de la numération égyptienne. Exemple : 1506 s'écrit

en écriture hiéroglyphique (1000 + 100 + 100 + 100 + 100 + 100 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1 + 1).

Les systèmes de numération utilisant des chiffres qui représentent les valeurs un, cinq, dix, cinquante, cent, cinq-cents, etc. sont aussi de type additif. Bien que décimaux, ils font intervenir un système quinaire auxiliaire. C'est le cas des numérations attique, étrusque, romaine et tchouvache. Exemple : 2604 s'écrit MMDCIIII. en chiffres romains (1 000 + 1 000 + 500 + 100 + 1 + 1 + 1 + 1).

La numération romaine connait également une variante additive et soustractive.

Exemple : 2604, de cette manière, s'écrit MMDCIV. (1000 + 1000 + 500 + 100 - 1 + 5).

Les systèmes de numération employant neuf chiffres pour les unités (un, deux, …, neuf), ainsi que pour les dizaines (dix, vingt, …, quatre-vingt-dix), les centaines (cent, deux-cents, …, neuf-cents), etc. sont encore de type additif. C'est le cas des numérations arménienne, arabe alphabétique, gotique, grecque et hébraïque.

Exemple : 704 s'écrit ψδ en chiffres grecs ioniques (700 + 4).

Les systèmes de numération comportant des chiffres de un à neuf et des chiffres pour dix, cent, mille, etc. sont de type hybride. C'est le cas des numérations chinoise et japonaise.

Exemple : 41 007 s'écrit 四万千七 dans le système japonais (4 × 10 000 + 1 000 + 7).

Le système chinois utilise en plus le zéro pour indiquer des positions vides avant les unités .

Exemple : 41 007, s'écrit 四萬千〇七 en chiffres chinois (4 × 10 000 + 1 000 + 0 + 7).

Les systèmes de numération dont les mêmes chiffres, allant de zéro à neuf, sont utilisés pour les unités, les dizaines, les centaines, etc., mais dont la valeur représentée dépend de la position dans le nombre, sont de type positionnel. C'est le cas des numérations arabe non-alphabétique, européenne, de la plupart des numérations indiennes et des numérations mongole et thaï.

Exemple : 8002 s'écrit ๘๐๐๒ en chiffres thaïs (8002).

Historique

Article détaillé : Écriture décimale positionnelle.

La base dix est très ancienne. Elle découle d'un choix naturel, dicté par le nombre des doigts des deux mains. Les Proto-indo-européens comptaient probablement en base dix. Un système de notation décimale a été mis au point :

Noter cependant l'usage de systèmes non décimaux, dont voici quelques exemples.

Bases combinées

Numération décimale combinée avec une base auxiliaire

Les numérations décimales utilisent parfois des bases auxiliaires :

Numération décimale utilisée comme système auxiliaire

Systèmes d'unités

En Chine les mesures de capacité et de poids sont décimalisées vers 170 av. J.-C.. Aux États-Unis, le système monétaire est décimal en 1786. En Europe, la décimalisation des unités est initiée en France à partir du 22 août 1790, date à laquelle Louis XVI demande à l'Académie des Sciences de nommer une commission pour définir les poids et mesures. Cette dernière préconise la division décimale.

Avantages et inconvénients

La plupart des langues vivantes décomposent les nombres en base dix en raison de certains atouts de celle-ci :

Cependant, il a fallu attendre la généralisation de la notation positionnelle, et l'existence d'un algorithme de division adapté à cette notation pour que les unités de mesure perdent progressivement leurs sous-multiples non décimaux - en particulier, la notation qui comprend 3 du facteur tel que sénaire, duodécimal et octodécimal.

Quand la livre comprenait en France 20 sous de 12 deniers (ou en Grande-Bretagne 20 shillings de 12 pence), les agents économiques appréciaient que cette unité puisse être divisée de manière exacte par 20 diviseurs différents (y compris 1 et 240). En 1971, malgré l'informatique qui permet désormais de gérer facilement l'hétérogénéité de rapports non décimaux entre sous-multiples, la Grande-Bretagne n'a pourtant pas hésité à décimaliser sa monnaie.

Mathématiques

Conversion vers la base N d'un nombre écrit en base décimale

Pour passer d'un nombre en base décimale à un nombre en base N, on peut appliquer la méthode suivante :

Soit K le nombre en base décimale à convertir en base N.

  1. Effectuer la division entière de K par N. Soit D le résultat de cette division et R le reste
  2. Si D >= N, recommencer en 1
  3. Sinon, l'écriture en base N de K est égal à la concaténation du dernier résultat et de tous les restes en commençant par le dernier.

Exemple : conversion en base hexadécimale (base seize) du nombre 3257 écrit en base décimale

Sachant que 11 (onze) se note B et que 12 (douze) se note C, l'écriture de 3257 (trois-mille-deux-cent-cinquante-sept) en base hexadécimale est CB9.

Conversion vers la base décimale d'un nombre écrit en base N

Pour passer d'un nombre en base N à un nombre en base décimale, on peut appliquer la méthode suivante :

Soit K le nombre en base N à convertir.

Pour tout chiffre c de rang r dans K, on calcule c × N r. La représentation de K en base dix est la somme de tous les produits.

Le comptage de r commence à zéro de la droite vers la gauche.

Exemple
Le nombre « 10110 » en base deux s'écrit en base dix :

1 × 24 + 0 × 23 + 1 × 22 + 1 × 21 + 0 × 20 = 22 (base dix)

Exemple
Le nombre « 14043 » en base six s'écrit en base dix :

1 × 64 + 4 × 63 + 0 × 62 + 4 × 61 + 3 × 60 = 2 187 (base dix)

Exemple
Le nombre « 3FA » en base seize s'écrit en base dix :

3 × 162 + 15 × 161 + 10 × 160 = 1 018 (base dix)

Rappel : F en base seize vaut quinze, A en base seize vaut dix.

Notes et références

  1. ↑ Maurice Caveing, Essai sur le savoir mathématique : dans la Mésopotamie et l'Egypte anciennes, Villeneuve d'Ascq, Presses Univ. Septentrion, , 417 p. (ISBN 2-85939-415-X), p. 243,244.
  2. ↑ Walter William Rouse Ball A Short account of the history of mathematics, Dover Publications, 2001, chapitre I, p.  2, et 4 early egyptian arithmetic ( l'arithmétique dans la haute antiquité égyptienne), p. 3 early egyptian mathemathic, p. 5 egyptian and phoenician mathematics, p. 6, 7 et 8 early egyptian geometry (avec référence au papyrus de Rhind et à PI), p.  (ISBN 1402700539)
  3. ↑ Voir page 13 in The mathematics of Egypt, Mesopotamia, China, India, and Islam: a sourcebook, Victor J. Katz & Annette Imhausen, Princeton University Press, 2007
  4. ↑ Voir page 118 in Encyclopedic dictionary of mathematics - EDM 2, Kiyosi Itô, MIT Press, 2000
  5. ↑ Verdan, Samuel, « "Systèmes numéraux en Grèce ancienne: Description et mise en perspective historique" » [PDF], sur CultureMATH website, (consulté le )
  6. ↑ Temple 2007, p. 152-154.
  7. ↑ Voir page 104 in La science antique et médiévale, René Taton, Quadrige P.U.F., 1966
  8. ↑ Voir pages 20-21 in Histoire des sciences sous la direction de Philippe de la Cotardière, Tallandier, 2004 - Extraits : « Au début du IIe millénaire, alors que l'écriture cunéiforme est désormais en place, un système numérique unique s'impose. Il s'agit d'un système de numération sexagésimale, c'est-à-dire fondé sur la base soixante, et non sur la base décimale qui nous est familière. »
  9. ↑ Voir pages 40-41 in The Technology of Mesopotamia, Graham Faiella, Rosen Publishing, 2006
  10. ↑ Voir page 77 in The Princeton Companion to Mathematics sous la direction de Timothy Gowers, June Barrow-Green et Imre Leader, Princeton University Press, 2008
  11. ↑ Voir pages 111-114 in 'The first writing: script invention as history and process, sous la direction de Stephen D. Houston, Cambridge University Press, 2004
  12. ↑ Voir aussi page 341 in Abstraction and representation: essays on the cultural evolution of thinking, Peter Damerow, Luwer Academic Publishers, 1996
  13. ↑ Voir page 16 in Fleeting Footsteps – Tracing the Conception of Arithmetic and Algebra in Ancient China, Lay Yong Lam & Tian Se Ang, World Scientific Publishing, 2004. Extraits (concernant la base de numération maya): « it began as vigesimal after the unit 1 to 19, but then went on to three hundred and sixties, and eventually (in the four place) to seven thousand two hundred).»

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes