| Date | Août - Octobre 1211 |
|---|---|
| Lieu | Nord-ouest de l'actuel Xian de Wanquan, Zhangjiakou, Hebei, Chine |
| Issue | Victoire mongole décisive, annexion d'une partie du nord de la chine par l'Empire mongol |
| Empire mongol | Dynastie Jin |
| Gengis Khan Muqali Jebe Ögedeï Yelü Tuhua |
Wanyan Yongji Wanyan Chengyu Zhuhu Gaoqi Hushahu Wanyan Jiujin† Tushan Yi Shimo Ming'an (PDG) |
| entre 90 000 et 110 000 cavaliers | entre 30 000 et 50 000 soldats. Au total, l'armée Jin est forte de 800 000 fantassins et 150 000 cavaliers entraînés ; la plupart de ces troupes sont déployées le long de la Grande Muraille. |
| lourdes | lourdes |
Invasion mongole de la dynastie Jin
Batailles
Bataille de Yehuling - Bataille de Zhongdu (en) - Siège de Kaifeng - Siège de Caizhou
| Coordonnées | 41° 06′ 13″ nord, 114° 43′ 01″ est | |
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La bataille de Yehuling (chinois simplifié : 野狐岭战役 ; chinois traditionnel : 野狐嶺戰役 ; pinyin : ), littéralement la bataille de la crête du Renard Sauvage, fut une bataille entre l'Empire mongol et la dynastie Jürchen des Jin, qui règne sur la Mandchourie et le nord de la Chine. Elle a lieu pendant la première phase de l'Invasion mongole de la dynastie Jin, entre août et à Yehuling (野狐嶺; lit. « Crête du Renard Sauvage »), au nord-ouest de l'actuel Xian de Wanquan, Zhangjiakou, Hebei. La bataille s’achève par une victoire mongole ; peu après, Wanyan Yongji, l'empereur du Jin, est assassiné par un de ses généraux. Elle a entraîné l'affaiblissement et le déclin de la dynastie Jin.
En 1206, Temüjin a unifié sous son commandement toutes les tribus de la Mongolie et reçu le titre de « Genghis Khan ». Les Jürchen de la Dynastie Jin, qui contrôlent le nord de la Chine, deviennent un obstacle pour la domination mondiale de l'Empire mongol. Dans le passé, les dirigeants de la dynastie Jin avait adopté une stratégie de division et de domination et brisé toute volonté d'unification des différentes tribus mongoles. Cette stratégie ne fonctionnant plus, ils se sont préparé à la guerre ; leur but est d'éliminer la menace mongole en une seule campagne. À partir du règne de l'Empereur Zhangzong, les Jin construisent une ligne de défense, d'environ 300 kilomètres, le long de leur frontière nord ; cette ligne est parfois appelée La grande muraille Jin.
En l'an 1204, Genghis Khan avait soumis la tribu mongole des Ongud : elle aidait la dynastie Jin à garder sa frontière nord, et avait formé une alliance avec eux, en mariant sa fille au fils de leur chef. Les Mongols contrôlaient donc la région au nord des monts Yin ; ils ont stocké des provisions, en vue d'une campagne militaire contre la dynastie Jin. Les Mongols avaient aussi infiltré le nord de la Chine et incité certains Jurchens à se rendre ou à faire défection. Wanyan Yongji, l'empereur du Jin, sous-estimait la menace mongole ; il a négligé les défenses du nord. Il surestimait la puissance réelle de la dynastie Jin et sous-estimait celle des Mongols.
En 1210, Genghis Khan déclara publiquement que l'empereur Jin était lâche et inapte à diriger : « L'empereur devrait être un homme du ciel comme moi. » Wanyan Yongji fit exécuter l'ambassadeur mongol. Les tensions entre les Mongols et la dynastie Jin s'intensifièrent. En , les Mongols rassemblent 90 000 soldats, ne laissant derrière eux qu'environ 2 000 hommes dans leurs bases arrière. Plus de 90% des forces mongoles sont parties au combat. Avant de partir, Genghis Khan pria Tengri le long de la rivière Kherlen et lui demanda de bénir les Mongols en leur offrant la victoire. Il jura de venger son ancêtre Ambaghai, qui fut crucifié en 1146, sur ordre de l'Empereur Jin Xizong.
La bataille s'est déroulée en trois temps, entre mars et .
Duji Sizhong (獨吉思忠), le Chancelier de l'empereur du Jin, a mené le gros de l'armée du Jin sur la ligne de front nord-ouest. Les troupes de Sizhong comptaient 30 000 à 50 000 hommes. Le chancelier renforça les défenses le long de la Grande Muraille de la dynastie Jin. Genghis Khan ordonna à son troisième fils, Ögedeï, d'attaquer la capitale occidentale de Jin, Xijing (西京), et bloquer les renforts ennemis. Le Khan lui-même a attaqué la forteresse de Wusha (烏沙堡) avec le gros des troupes mongoles ; il a pris le camp de Wuyue (烏月營), détruisant les lignes de défense de l'armée du Jin. Duji Sizhong est tué lors des combats et un grande partie de l'armée Jin est anéantie. Cette bataille a lieu entre mars et fin ; les Mongols se sont reposés pendant un mois puis se sont dirigés vers Yehuling. Un ambassadeur fut envoyé pour rencontrer la cour impériale de Jin.
Wanyan Chengyu (完顏承裕), le successeur de Duji Sizhong au poste de chancelier, commande l'armée du Jin. il savait qu'il était largement surpassé en nombre par les Mongols. Il ordonna à ses hommes d'abandonner les villes de Hengzhou (恆州), Changzhou (昌州) et Fuzhou (撫州). En les dirigeant vers Yehuling, son but était d'utiliser le terrain montagneux de Yehuling pour bloquer la cavalerie mongole.
Le terrain montagneux est aussi mauvais pour la cavalerie mongole que pour les grandes unités de l'armée Jin. Ces unités étaient dispersées à travers les montagnes et le goulot d'étranglement que représente la vallée. Le terrain difficile et la grande distance empêchaient la communication et la coordination. Ce sera fatal lorsque les Mongols lanceront une attaque ciblée et concentrée.
La cour impériale du Jin a envoyé Shimo Ming'an (石抹明安), un fonctionnaire d'origine khitan, rencontrer Genghis Khan et entamer des négociations de paix. Le Khan réussit retourner Shimo Ming'an. Shimo fournit alors à son nouveau maître des renseignements militaires.
Genghis Khan avait confié le commandement de l'unité Balu (八魯營) à son général Muqali ; il lança une charge de cavalerie surprise sur l'ennemi, via un passage situé à Huan'erzui (獾兒嘴).
Avant la bataille, Muqali a promis à Gengis Khan : « Je ne reviendrai pas vivant si je ne défais pas l'armée Jin ! ». Ce serment donna le moral à l'armée mongole. Le terrain montagneux les empêchant de déployer leur cavalerie, ils ont mis pied à terre et combattu comme des fantassins. Ils ont surpassé l'armée du centre des Jin et se sont frayé un chemin vers le camp principal de Wanyan Chengyu. En raison des mauvaises communications, les troupes Jin déployées de part et d'autre du camp n'ont pas pu renforcer les positions centrales Jin.
L'armée Jin s'est désorganisée, son commandant, Wanyan Jiujin (完顏九斤), est tué au combat, les troupes jurchens stationnées à proximité sont massacrées. L'armée Jin est détruite, des cadavres jonchent une centaine de kilomètres. Cette bataille eut lieu en .
Wanyan Chengyu réussit à rallier les restes des forces Jin et les rassemble dans la forteresse Huihe (澮河堡). Ils sont attaqués par les forces mongoles vers . Les Mongols encerclent les forces Jin et engagent une bataille qui dura pendant trois jours. Genghis Khan prit personnellement le commandement d'une unité de 3 000 cavaliers et lança une charge contre l'ennemi. Cette ultime armée Jin est détruite et Wanyan Chengyu s'en sort de justesse. Il sera démis de son poste de chancelier et remplacé par Tushan Yi (徒單鎰).
Après la bataille, l'empereur Wanyan Yongji est assassiné à Zhongdu (中都), la capitale centrale, par un de ses généraux, Hushahu (胡沙虎). Ce dernier prend le contrôle de la ville ; les Mongols assiègent Zhongdu pendant environ quatre ans. Les habitants sont forcés de recourir au cannibalisme pour survivre, avant de se rendre. Les Mongols permettent à la dynastie Jin de garder Zhongdu mais forcent les jurchens à payer un tribut de 500 hommes, 500 femmes et 3.000 chevaux.
Au cours de l'été 1212, l'empereur Jin Xuanzong abandonne Zhongdu et transfère la capitale à Bianjing. La ville est plus au sud que l'ancienne capitale. Cette démonstration de faiblesse encourage les Mongols à conquérir le reste des territoires de la dynastie Jin.
Les forces de la dynastie Jin ont été totalement vaincues lors de la campagne de Yehuling. Elle s'est achevée après le pillage d'une dizaine de villes Jin par les Mongols. La dynastie Jin conservera le pouvoir pendant une vingtaine d'années, mais affaibli. Les dirigeants de la dynastie Jin vont préférer conquérir la dynastie Song, qui contrôle alors le sud de la Chine, plutôt que défendre les frontières contre les mongols. L'inimitié entre les dynasties Song du Sud et Jin va croissant, jusqu'à ce que les Song s'allient avec les Mongols. La dynastie Jin disparaît en 1234.