Le batelier ou marinier est un professionnel dont le métier consiste à piloter un bateau fluvial, une péniche, un pousseur ou un convoi fluvial naviguant sur le réseau des voies navigables intérieures (lacs, canaux et rivières).
Le marinier vit généralement à bord, dans un espace restreint, l'essentiel du volume de ces bateaux étant dévolu au fret marchand.
Cette profession est apparue avec la navigation sur les rivières[réf. nécessaire] ; elle a évolué avec l'apparition des canaux ; des familles entières se sont installées à bord du bateau.
Pendant plusieurs siècles, le nombre des membres de la corporation était important ; son rôle dans l'approvisionnement en marchandises et dans le transport des voyageurs était primordial. Le développement du chemin de fer puis de la route ont réduit le nombre de bateliers, vivant d'une manière assez marginale.

Au milieu du XIXe siècle, la nécessité de transporter des marchandises sur de longues distances, notamment pour les besoins de l'industrie, oblige les bateliers à « faire de grands voyages ». Ils doivent réduire les coûts pour rester concurrentiels avec le rail ; ils vont embarquer leur famille, elle va constituer une main d'œuvre. Les voyages lents, souvent longs, ont longtemps éloigné les enfants de l'éducation ; ou ils étaient placés dans des internats.
Les conditions de vie sont restées difficiles jusqu'au milieu du XXe siècle. Jusque là, l'électricité et l'eau courante n'existaient pas sur les péniches.
L'équipage d'une péniche comprend souvent le batelier, son épouse (généralement batelière également), un enfant, et parfois, un matelot.
La vie de famille est marquée par le goût des voyages ; à chaque escale, les membres de la famille débarquent pour explorer les villes.
Les risques sont inhérents à la navigation fluviale : dans les ports, l'éperonnage, les noyades, comme celle d'Annie Maillet en 1950. Norbert Teite sauva la petite Annie d'une mort certaine. Les bateliers sont des mécaniciens compétents. Ils savent dépanner l'installation électrique ou la robinetterie.
Les horaires de travail sont amples ; l'entretien du bateau est régulièrement nécessaire. Les conditions météorologiques rendent parfois la vie difficile ; en hiver, le plat-bord verglacé est dangereux. Le débarquement est effectué à l'aide d'un gambrai, ou d'un mat de charge. Le tirage d'eau du canal à l'aide d'une tinette au bout d'une corde, le soulèvement des écoutilles en fer pesant environ soixante kilogrammes, le lancer des câbles pour amarrer le bateau sont des tâches quotidiennes.
L'entrée dans les écluses, avec les bajoyers ressemblant aux doigts d'une main dans un gant, demande de l'attention. Les remous générés par l'entrée du bateau dans l'écluse peuvent dévier la péniche. La vie de famille chez les bateliers est marquée par le bonheur et la liberté.

Le film de Jean Vigo, L'Atalante, et le feuilleton télévisé L'Homme du Picardie (1968), sont deux illustrations de cette profession.
Le film est daté, et n'a plus de rapports avec le métier actuel.
Le saint patron des mariniers et bateliers est, en France, saint Nicolas. Le culte de saint Roch, saint Aré (ou Arigle) existe dans le Nivernais, saint Clément en Basse Loire, saint Thibault en Berry, sainte Philomène un peu partout. (on en trouve des représentations en statue ou en vitrail à Roanne, Montauban ou Clamecy, entre autres), sainte Honorine, saint Budoc et la sainte Marie. En Espagne, c'est saint Elme.
Le pardon national de la batellerie s'y déroule chaque année depuis 1960. Avant 1960 le pardon de la batellerie célébrait l'arrivée des cendres de Saint Nicolas à Bari, en Italie. L'autre pardon célébrait Sainte Honorine,.
La capitale française de la batellerie est Conflans-Sainte-Honorine.
Le Musée d'intérêt national de la batellerie y a été créé en 1965.
Après un long déclin, lié à la désaffection des pouvoirs publics pour le transport fluvial[réf. nécessaire], les enjeux écologiques ont relancé le transport par les voies navigables intérieures. La proximité avec la nature est inhérente à la vie des bateliers. Le bateau glisse sans effrayer personne. La courtoisie prévaut entre les bateaux qui se croisent : des bateaux chargés de marchandises pourraient sombrer si la vitesse pendant le croisement est trop élevée.
La profession voit coexister actuellement des mariniers-artisans, souvent propriétaires d'une péniche automoteur, et des salariés de compagnies de transport, affectés au pilotage de convois fluviaux poussés. Ces convois, qui peuvent atteindre 25 000 tonnes et 23 mètres de large sur certaines voies, poussés par des moteurs de 3 000 chevaux, vont vers une spécialisation et une professionnalisation accrue.
Sur ces grosses unités, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique ou aux États-Unis, les équipes de mariniers logent sur le bateau et il navigue en continu, aidé de radars la nuit et par temps de brouillard.
Les convois font également office d'entrepôt industriel provisoire, pratique répandue en Allemagne et aux Pays-Bas en cas du flux tendu.
En France, les études durent trois ans et sont sanctionnées par un DEP.
Les métiers accessibles sont commandant, premier capitaine, second capitaine, timonier, matelot-timonier, mécanicien, matelot-garde moteur, matelot-niveau 1-2. Des organismes spécifiques forment à ces métiers.
En Belgique, un certificat attribué par l'État est nécessaire : le certificat de conduite.
Plusieurs romans et nouvelles de Simenon se déroulent dans le milieu des mariniers;