Abris de Baume-Brune

Abris de Baume-Brune
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Massif
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Caractéristiques
Type
abris sous roche
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Les abris de Baume-Brune forment un ensemble de 43 abris sous roche préhistoriques situés dans le département français de Vaucluse, dans les communes de Joucas et de Gordes. Dix d'entre eux sont ornés de peintures rupestres datées du Néolithique.

Situation

Les 43 abris-sous-roche s'ouvrent au pied des monts de Vaucluse, en bordure nord de la plaine du Calavon.

Ils sont situés dans un escarpement orienté est-ouest d'environ 800, à 900 m de long dans les communes de Joucas et Gordes,,.

Comme les abris de la combe de Font Jouvale, (à Saint-Saturnin-lès-Apt), l'escarpement de Baume-Brune est situé au début d'une voie d'accès aux gisements de silex blond dit « silex de Murs-Gordes », une matière première très utilisée et découverte dans de nombreux sites du Néolithique moyen et final.

L'escarpement est soumis à d'importants phénomènes d'érosion, et les abris ne contiennent pratiquement aucun remplissage archéologique.

Les abris ornés

Dix des abris sont ornés,,, mais il est probable que les peintures aient disparu dans les autres abris. Les abris ornés portent les numéros 1, 2, 3, 4, 9, 12, 23,, 24, 32 et 33.

Plusieurs marques indiquent une attraction vers l'eau (abris nos 3, 12, 23…), avec des signes accompagnant les concrétions actives, qui sont spécifiques en Vaucluse et dans les Bouches-du-Rhône. À Baume- Brune, on voit des signes marquant des écoulements depuis des échancrures de la partie supérieure de la barre, des diaclases, des cheminées reliées au plateau surmontant la barre, et des joints de strates.

Abri no 3

Un trait rouge souligne la verticale d'une diaclase, en parallèle au passage de l'eau et à un bourrelet de calcite.

Abri no 9

Un signe en arceau suit le contour d'une protubérance de la paroi rocheuse.

Abri no 12

L'abri no 12 est le plus décoré et le seul décoré avec de la peinture noire, ce dernier point étant une exception (les peintures sont généralement de couleur rouge). Il a une représentation de deux bouquetins placés l'un au-dessus de l'autre, avec de longues cornes en arc de cercle,. Placés à l’entrée de l'abri, ils sont tournés vers la gauche. Leurs corps sont plutôt massifs. Ce sont les seuls bouquetins avérés (en 2006) dans le Sud de la France. Le bouquetin inférieur a été érodé : la tête et le poitrail ont presque disparu.

Plusieurs figures pectinées filiformes sont peintes dans un renfoncement, entre deux bourrelets de concrétion ; elles sont trop dégradées pour être identifiables. Une autre figure à droite est peut-être un cerf, avec des appendices frontaux qui semblent ramifiés,.

La peinture a été analysée sur plusieurs figures : bouquetins et traces de figures en noir de l'abri no 12, arceaux en rouge (fig. 1) de l’abri no 9, et dans l'abri no 23 un grand signe en arceau (fig. 1), un grand signe arboricole (fig. 2), un trait vertical (fig. 5) et des signes en flèche (fig. 7). La peinture noire est à base d'os brûlé, la teinte suggérant une température entre 300 et 600°. Elle contient du carbonate de calcium, du gypse (sulfate de calcium), de l'apatite, de l'hydroxyapatite, un petit cristal de whitlockite dû à ce que l'os a chauffé jusqu'à 600°. La peinture du bouquetin inclut aussi du noir de carbone.
Le prélèvement sur le trait continu adjacent au bouquetin, a servi à une datation au radiocarbone (résultat non fourni) ; c'est un mélange de gypse et de matière organique, peut-être du noir de suie, sans os ni charbon de bois.
Les rouges sont faits d'ocre avec de l'apatite (donc avec de l'os). Tous les prélèvements contiennent du phosphore.

Abri no 13

Des peintures de bouquetins et de cerfs y cohabitent, ce qui est une rareté dans l'art néolithique du sud de la France où seulement 16 % des abris peints montrent une ou plusieurs images d'animaux et aucune roche gravée n'en montre. Les animaux représentent seulement 1 % des signes et images peints, et quand ils sont représentés, le même abri montre généralement une seule espèce.

Abri no 23

De petites concrétions y ont été cassées pour faciliter l'accès à la paroi de l'abri, et des encroûtement de calcite ont été martelés pour rendre la surface plus plane.

Certaines concrétions,, et certains écoulements d'eau sur les parois de l'abri sont rehaussés de rouge. Philippe Hameau (2005) constate que quand une barre rocheuse comporte plusieurs abris susceptibles d'être décorés, celui choisi est l'abri le plus humide. Mais l'archéoacoustique fournit un critère se sélection plus précis (voir section « Archéoacoustique »).

Une des parois montre une série de cupules,.

Abri no 32

Son sol est très incliné et encombré de concrétions. Cet abri contient une peinture d'une figure arboriforme, située à près de 5 m du sol. Pour atteindre cette hauteur il a fallu grimper à l'aide des excroissances de calcite qui parsèment la paroi. Cette notion d'inaccessibilité se retrouve dans plusieurs autres grottes du sud de la France.

Archéoacoustique et autres critères de sélection

Ces 8 abris particuliers sont tous des sites à forte écholocalisation. Des études d'archéoacoustique ont montré que les seuls abris décorés sont ceux émettant des sons réfléchis ; et l'abri no 12, le plus décoré et le seul décoré avec de la peinture noire, est aussi celui pour lequel les sons réfléchis sont les plus forts. Il est donc probable que les abris destinés à être ornés ont été sélectionnés par écholocalisation,.

D'autres critères entrent également en jeu dans le choix des abris : position dominante, orientation sud, humidité épisodique et la couleur « rouge » de leurs parois. Toutefois les abris ornés ne sont pas les seuls abris de Baume-Brune à répondre à ces quatre critères,.

Notes et références

Notes

  1. ↑ En 2001 Ph. Hameau en comptait huit.
  2. ↑ Les cupules sont des ponctuation gravées : elles résistent mieux à l'érosion que les peintures.

Références

  1. 1 2 3 4 Díaz-Andreu et al. 2019, résumé.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Vignaud et al. 2001, p. 619.
  3. 1 2 Philippe Hameau, « Falaise de Baume-Brune », Rapport de fouilles archéologiques [archive du ], sur patrimages.culture.gouv.fr via Internet Archive, (consulté le ).
  4. ↑ « Baume Brune, carte interactive » sur cartes.gouv.fr. Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches".
  5. ↑ « Combe de Font Jouvale, carte interactive » sur cartes.gouv.fr. Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées.
  6. ↑ « La combe de Font Jouvale », photos, sur lieux-insolites.fr (consulté le ).
  7. ↑ Hameau 2005, p. 26.
  8. 1 2 Díaz-Andreu et al. 2019, p. 91, fig. 16.
  9. 1 2 Mattioli et al. 2017, p. 14.
  10. ↑ Hameau 2015, p. 218.
  11. ↑ [Hameau 2004] Philippe Hameau, « Le rapport à l'eau de l'art post-Paléolithique. L'exemple des gravures et des peintures néolithiques du sud de la France », Zephyrus, no 57,‎ , p. 153-166 (lire en ligne [sur revistas.usal.es], consulté le ), p. 161.
  12. ↑ Hameau 2015, p. 217.
  13. 1 2 [Hameau & Painaud 2011] Philippe Hameau et Albert Painaud, « Le geste et la forme dans l'expression graphique du Néolithique », Zephyrus,‎ (lire en ligne [sur thefreelibrary.com], consulté en ).
  14. ↑ Hameau 2006, photo et relevé des deux bouquetins, p. 111, fig. 6.
  15. ↑ Hameau 2006, p. 111.
  16. ↑ Hameau 2006, photo et relevé des deux bouquetins, p. 111, 114.
  17. ↑ Hameau 2006, photo et relevé des deux bouquetins, p. 111 fig. 6, 120.
  18. ↑ Hameau 2006, p. 109.
  19. ↑ Hameau 2006, relevé du cerf, p. 116, fig. 10d.
  20. ↑ Vignaud et al. 2001, p. 621.
  21. 1 2 3 4 Vignaud et al. 2001, p. 625.
  22. ↑ Hameau 2006, p. 106.
  23. ↑ Hameau 2015, p. 214.
  24. 1 2 3 Hameau 2005, p. 27.
  25. ↑ Hameau 2015, p. 216.
  26. ↑ Hameau 2005, p. 28, fig. 21.
  27. ↑ Hameau 2006, p. 117.
  28. ↑ [Hameau 2015] Philippe Hameau, « Les pierres à cupules dans le Var », Revue de l’académie du Var (2015), t. 16 « nouvelle série »,‎ (ISSN 1148-7852, lire en ligne [sur academieduvar.fr], consulté le ), p. 149.
  29. ↑ Hameau 2015, p. 219.
  30. ↑ Mattioli et al. 2017, p. 13-14.
  31. ↑ Mattioli et al. 2017, p. 15-17.
  32. ↑ Mattioli et al. 2017, p. 18.
  33. ↑ Mattioli et al. 2017, p. 22.
  34. ↑ Díaz-Andreu et al. 2019, p. 91.

Voir aussi

Bibliographie

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