| District de Bazoft (fa) بخش بازفت | |
Vue de la rivière Bazoft avec le massif Zard Kuh en arrière plan | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Province | Tchaharmahal-et-Bakhtiari |
| Préfecture | Préfecture de Kuhrang |
| (Districts ruraux) | Bazoft Bālā, Bazoft Pāein |
| Bakhshdār (Sous-préfet) |
Amrollah Ghasemi |
| Indicatif téléphonique | +(98) 383 |
| Démographie | |
| Population | 14 742 hab. (2016) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 32° 12′ 17″ nord, 50° 02′ 47″ est |
| Altitude | 1 520 m |
| Divers | |
| Site(s) touristique(s) | Zard Kuh, Steppe boisée des monts Zagros, Bazoft (rivière), chutes de Zarde Limeh |
| Localisation | |
| modifier |
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Le district de Bazoft (en persan : بخش بازفت, bakhsh-e Bāzoft) est un district administratif (bakhsh) de la préfecture de Kuhrang, dans la province du Tchaharmahal-et-Bakhtiari, en Iran. Son chef-lieu est la ville de Bazoft. Le district comprend les districts ruraux de Bazoft Bālā et de Bazoft Pāein.
Le territoire de Bazoft se situe dans les Monts Zagros, autour de la vallée de la rivière Bazoft et des reliefs qui l'entourent. Il constitue traditionnellement une importante zone d'estivage pour des populations bakhtiaries pratiquant la transhumance entre les pâturages de haute montagne et les zones hivernales situées plus à l'ouest.
Le district de Bazoft est créé par décision administrative du ministère iranien de l'Intérieur en 1995. Il est alors rattaché à la nouvelle préfecture de Kuhrang, créée en 2001 par réorganisation administrative de la province de Tchaharmahal-et-Bakhtiari.
En 2009, le district de Bazoft est réorganisé avec la création des district ruraux de Bazoft Bālā et Bazoft Pāein. Une partie de son territoire, correspondant au district rural de Doab, est alors séparée lors de la création du district de Doab Samsami.
En 2013, les villages de Chaman Goli et de Telurd sont réunis pour former la ville de Bazoft, qui devient le chef-lieu du district.
Le district de Bazoft est situé dans la partie occidentale de la province de Tchaharmahal-et-Bakhtiari, dans les Monts Zagros, entre les massifs de Zard Kuh et de Kuh Sepid. Il se trouve sur l'axe routier reliant Shahrekord à Masjed Soleiman, à environ 180 kilomètres à l'ouest de Shahrekord et 200 kilomètres à l'est de Masjed Soleiman.
La rivière Bazoft, l'un des affluents du fleuve Karoun prend sa source dans le district de Bazoft à proximité du mont Zard Kuh.
Le climat de Bazoft est montagnard. Les hivers sont froids, marqués par des chutes de neige, tandis que les étés sont généralement chauds et secs dans les secteurs de basse altitude.
La saison des pluies s’étend généralement de novembre à avril avec une moyenne annuelle de 1013 mm pour la période 2000-2012.
Cette région montagneuse est dominée par les forêts de chênes. Parmi les autres essences représentatives de la région, on retrouve: le pistachier de l'Atlas, l’épine d'Espagne, le faux merisier, le micocoulier, le frêne de Syrie, l'érable de Montpellier, le prunus arabica. Dans les secteurs d'altitude supérieure, les formations forestières cèdent progressivement la place aux pâturages et aux formations herbacées utilisées notamment par les troupeaux transhumants, telle que l'astragale.
Les montagnes situées autour du district de Bazoft accueillent une faune riche et variée, tels l'ours brun, le mouflon, la chèvre sauvage, le loup, le chacal, le renard, le sanglier ainsi que le porc-épic, le blaireau, la marte ou la tortue grecque.
De nombreux oiseaux, sédentaires et migrateurs peuvent également y être aperçu tels l'aigle, la grande aigrette, le héron cendré, la grue cendrée, le guêpier, la huppe fasciée, le rollier d'Europe, l'engoulevent d'Europe, le bruant mélanocéphale, la perdrix choukar, le tétraogalle de Perse, le pic.
Selon le recensement national iranien de 2006, le district de Bazoft comptait 14 270 habitants répartis dans 2 459 ménages. En 2011, il comptait 12 185 habitants. Le recensement de 2016 en dénombrait 14 742, répartis dans 3 478 ménages.
| Année | Population | Ménages |
|---|---|---|
| 2006 | 14 270 | 2 459 |
| 2011 | 12 185 | 2 459 |
| 2016 | 14 742 | 3 478 |
La baisse observée entre 2006 et 2011 peut être interprétée par la réorganisation administrative de la préfécture de Kouhrang et le détachement du district de Doab Samsami de celui de Bazoft en 2009.
En 2016, la population du district se répartissait entre les deux districts ruraux et la ville de Bazoft de la manière suivante :
| Division administrative | Population (2016) |
|---|---|
| Bazoft Bālā | 4 144 |
| Bazoft Pāein | 9 079 |
| Bazoft (ville) | 1 519 |
| Total du district | 14 742 |
La ville de Bazoft ne doit pas être confondue avec le district de Bazoft : elle constitue le chef-lieu de celui-ci.
La population du district de Bazoft est majoritairement bakhtiarie. Ils parlent le bakhtiari, une variété du lori. Les populations bakhtiaries sont historiquement organisées en différentes unités tribales et lignagères, notamment les deux grandes divisions Haft Lang et Chahar Lang. La population du district est quasi exclusivement constituée de Lors Bakhtiaris avec en majorité des tribus de la branche Haft Lang, essentiellement la tribu Mowri, ainsi que la tribu Kiārsi dans les villages de Miān Dahān, Nāzi, Mahmud Abād, Tārom et Durak, la tribu Monjezi dans le village de Durak, la tribu Sheykh Robāt dans le village de Mavarz, la tribu Dināshi dans le village de Talkhehdān, les tribus Sehid et Gorouei dans le village de Seh Jū. Quelques tribus de la branche Tchahar Lang sont également présentes dans le village de Lebd.
Bazoft occupe une place importante dans le système traditionnel de transhumance des Bakhtiaris. Les populations nomades se déplacent historiquement entre des quartiers d'été (persan : ییلاق, yeylāq) situés dans les hautes montagnes du Zagros et des quartiers d'hiver (persan : گرمسیر, garmsīr) situés dans les piémonts occidentaux, notamment en direction de la plaine du Khouzistan.
Selon Jean-Pierre Digard, la limite écologique entre les deux zones coïncide approximativement avec le cours de la rivière Bazoft. Les migrations saisonnières, peuvent atteindre environ 300 kilomètres. La migration vers les pâturages d'été se déroule au printemps et dure généralement plus longtemps que le retour automnal.
Les migrations vers les hautes terres sont liées aux conditions climatiques et pastorales : les secteurs d'altitude connaissent des conditions froides et enneigées pendant une partie de l'hiver et du printemps, tandis que les zones plus basses et occidentales deviennent chaudes et sèches durant l'été. Le déplacement saisonnier permet ainsi de tirer parti successivement des pâturages des différentes zones écologiques.
Les itinéraires de transhumance sont traditionnellement relativement stables et passent par un nombre limité de cols et de lieux de campement. Les déplacements peuvent être difficiles en raison de la neige, des gorges et de la traversée de cours d'eau gonflés par la fonte des neiges.
L'élevage repose principalement sur les ovins et les caprins. Les troupeaux fournissent notamment de la viande, du lait et des produits laitiers, ainsi que de la laine et du poil utilisés dans différentes activités artisanales. L'agriculture céréalière est également historiquement associée au cycle de transhumance.
La sédentarisation et les transformations économiques et administratives du XXe siècle ont profondément modifié ce mode de vie, mais la transhumance continue de constituer un élément important du paysage culturel et pastoral de Bazoft.
L'économie rurale traditionnelle de Bazoft repose sur l'association de l'élevage, de l'agriculture et de l'exploitation saisonnière des pâturages.
Chez les populations pastorales, l'élevage ovin et caprin constitue une activité essentielle. Les Bakhtiaris pratiquent également historiquement la culture du blé et de l'orge, dont le calendrier est lié au cycle de déplacement entre les quartiers d'été et d'hiver.
La modernisation des transports, la sédentarisation d'une partie de la population et l'intégration croissante aux marchés régionaux ont cependant transformé les formes traditionnelles de production.
Le district possède plusieurs sites naturels liés aux reliefs du Zagros, à la rivière Bazoft et aux paysages de montagne.
Le Zard Kuh, l'un des principaux massifs du Zagros, domine les reliefs situés au nord et au nord-est de la région.
La rivière Bazoft constitue l'un des principaux éléments hydrographiques du district. Elle prend sa source dans les montagnes du Zagros et rejoint ensuite le fleuve Karoun.
Les chutes de Zarde Limeh se trouvent sur la rivière Bazoft, dans la province de Tchaharmahal-et-Bakhtiari, à proximité de la limite administrative entre le district de Bazoft et le district de Dinaran. Elles constituent un site naturel remarquable de la région.
Le district est desservi par la route reliant Shahrekord à Masjed Soleiman. Cette voie constitue l'un des principaux axes de communication de la province de Tchaharmahal-et-Bakhtiari vers celle du Khouzistan et suit localement la vallée de la rivière Bazoft. En raison du relief montagneux, les conditions de circulation peuvent être affectées par la neige et les intempéries durant la saison froide.