Beni Faten

Beni Faten
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Régions d’origine Maghreb
Langues Berbère
Religions Islam

Les Beni Faten (de l'arabe : بنو فاتن) ou Aït Faten (en berbère : Ayt Faten) sont un ensemble de tribus berbères zénètes regroupant : Ies Koumia, les Mediouna, les Maghila, les Matghara, les Lemaia, les Sadina, les Matmata, les Melzouza, les Kechana et les Douna.

Ces tribus tinrent un rang élevé parmi les populations berbères et se distinguèrent par de grands exploits.

Histoire

Les Beni Faten sont issues de Faten, fils de Temzit, fils de Daris, fils de Zahhik, fils de Madghis,, qui est le père des berbères Butrs, dont parmi eux les Zénètes. L’ancienneté de ce nom est attestée dans l'antiquité, notamment par les inscriptions libyques sous la forme IFTN, relevées dans le nord-est de l’Algérie, et dont la forme arabisée Bani Fatan rappellerait l’ancêtre éponyme Yaftan. Ce nom reposerait sur un verbe berbère ancien signifiant « être meilleur » ou « surpasser », conjugué de manière à exprimer le souhait qu'il soit supérieur aux autres (yaf-tan),. Les Beni Faten se seraient développées séparément bien avant l'arrivée de l'Islam. La confédération est constituée de plusieurs fractions : les Lumya, Lamaya, Madyuna, Maghila, Malzuza, Matghara, Matmata et Sadina. Ibn Khaldoun, basé sur Sabiq Ibn Sulayman el Matmati, ajoute le Satfuna, également appelé Kumiya, Oulhassa et Marnisa.

Abdelmumin, fondateur de la dynastie Almohade. Musée de l'armée, Alger

Il y a eu initialement une tentative de chercher l'origine des Beni Faten dans l'est du Maghreb Central, dans le sud de l'Ifrikiya ou en Tripolitaine,,, région qui a correspondu il y a de cela un temps à l'aire de peuplement d'origine des Zénètes. Mais les récentes recherches ont démontré que les Zénètes n'étaient pas des néoberbères venus de l'est comme on a pu le penser, mais vivaient bien durant l'antiquité dans les limes romains, en bordure du pays Numide, dans la région avoisinante du Hodna en Algérie. En effet, l'épigraphie Libyque nous atteste dans le nord-est algérien, de la faction des NNDRMH, identifiables aux Nedromas, une des branches des Koumiyas, fraction tribale des Beni faten,.

Au moment de la conquête musulmane du Maghreb, les Banu Fatan occupaient la partie nord du pays orano-tlemcenien entre la Moulouya à l'ouest, le Chelif à l'est et la Méditerranée au nord,. L'immense territoire qu'elle occupait donnent une idée de son importance au début de la conquête musulmane. Ils sont entre autres les fondateurs de Nedroma et de Honaïne. Ils participent à la grande révolte kahridjite au VIIIe siècle. C'est à ce moment qu'une partie des Beni Faten s'installe dans la région de Fès (Maghreb occidental).

Les Faten ont fui cette région avec leurs frères les Meknassas lors de la seconde vague migratoire zénètes. Ils rencontrèrent sur leur route leurs anciens cousins; les Nefzaouas (première vague migratoire) et les attaquèrent. Ceux-ci vainqueurs rejetèrent les Nefzaouas soit dans les montagnes élevées de l'intérieur soit dans les hauts mamelons qui bordent la Méditerranée du Moulouya au Chelif. Les Beni Faten s'emparèrent des pâturages des vaincus dans les deux Maghreb pendant que les Meknassas, leurs frères et leurs compagnons de conquête prirent comme région de parcours la vallée du Moulouya.

Lors de la conquête de l’Espagne, beaucoup s’établirent au Sud de Salé. Lorsque les Beni-Toudjin et les Beni-Rached conquièrent le Maghreb central, les Mediouna furent expulsés de leurs territoires et se répandirent un peu partout. C’est là, qu’un certain nombre d’entre eux s’établirent dans le littoral de la Tamesna. Les Mediouna du pays des Chaouïa seraient donc un des restes de la grande tribu zénète des Beni-Faten .

À la chute des Almohades, les Beni-Faten se trouvent principalement dans les montagnes au nord de Tlemcen jusqu'à la mer, et dans les montagnes voisines à l'embouchure de la Moulouïa.

Fractions

Mediouna

Les Mediouna étaient initialement établis dans les environs de Tlemcen, s’étendant du Djebel Amour jusqu’au sud d’Oujda. Leurs origines lointaines remontent à l'Antiquité numide, correspondant aux Mediani où leur territoire de départ se situait plus à l'est, s'étendant de l'ouest de Sétif jusqu'à la Kroumirie.

Convertis très tôt à l'islam, ils s’illustrent dès le Moyen Âge en participant à la conquête de l'Andalousie aux côtés de Tariq ibn Ziyad, avant de devenir des acteurs majeurs de la Grande révolte contre le califat omeyyade sous la bannière du kharidjisme.

Chassés plus tard du Maghreb central par des tribus rivales, ils migrent vers le littoral marocain dans la Chaouïa, y occupant un vaste territoire de 450 km² autour de Casablanca et de leur célèbre Kasbah. C'est là qu'ils se distinguent par une farouche résistance face aux troupes coloniales françaises en 1907.

Aujourd’hui encore, les Mediouna sont représentés dans l’Ouest algérien par deux implantations distinctes : l’une dans la région de Tlemcen et l’autre dans le Dahra. Ces deux groupes témoignent de la présence ancienne des Mediouna en territoire algérien, parallèlement à leur implantation historique dans la Chaouïa marocaine.

Kumiya

Les Kumiya constituaient l'une des tribus berbères les plus importantes du Maghreb au moyen âge. Ils descendaient de leur ancêtre Madghis al-Abtar, au même titre que leurs tribus frères, les Lemaya et les Matghara. Établie dans le nord-ouest de l'Algérie, notamment entre Tlemcen et Areshkul (Rashgun), cette grande tribu comptait plusieurs subdivisions notables : les Nedroma, qui donnèrent leur nom à une ville importante, les Saghara (aujourd'hui représentés par les Matila), ainsi que les Banu Hul, dont la section des Masifa existe toujours. Leurs plus importants représentants étaient les Beni Abid, un clan dont les familles subsistent encore de nos jours et au sein duquel naquit, à Tadjera (entre Honaine et Nedroma), le premier calife de la dynastie almohade, Abd al-Mu’min. Fervents partisans de ce souverain issu de leurs rangs, les Kumiya formèrent le deuxième djund (corps d'armée) des Almohades. Cependant, après s'être épuisés à fournir des soldats pour les guerres en Espagne et en Afrique du Nord, ils finirent par être soumis au kharadj (impôt) par les Zénètes. Une partie d'entre eux s'unit alors aux Ulhasa pour former la puissante confédération des Trara.

Ibn Khaldoun indique que les Kumiya s'appelaient anciennement Satfura. De son côté, Ibn al-Athîr mentionne leur arrivée sur le littoral des Trara vers 796. Jean-Marie Martin suppose qu'ils auraient pu auparavant occuper la région de Satfura (s'étendant d'après Ibn Hawqal de Tunis à Tabarka vers la frontière algéro-tunisienne), située au nord de Tunis. Toutefois, d'autres éléments indiquent que les Kumiya étaient déjà présents dans la région de Tlemcen bien avant l'avènement de l'Islam.

Matghara

Les Matghara, tribu sœur des Matmata, étaient des sédentaires. Ibn Khaldoun mentionne qu’ils vivaient dans des cabanes faites de broussailles et situe une partie d’entre eux dans les Trara et vivaient aux côtés des Maghila. On suppose que primitivement, avant la venue de l’Islam en Afrique du Nord, ils vivaient en Tripolitaine. ils s’installent à une date inconnue dans la région de Miliana et dans la région comprise entre Fès et Taza.

Les Matghara des Trara vivaient confédérés avec les Kumiya, leur montagne était proche de Nédroma, et ils occupaient la forteresse de Tawunt, le port de Tabahrit et les environs de Jrawa. Trois éléments avaient atteint le Maghreb occidental, au moins dès le VIIIe siècle : les Matghara de Fès et du couloir de Taza, du Moyen-Atlas et des oasis du Sahara dans la région de Sijilmassa , Figuig, le Touat et Tamantit, où ils pratiquaient la culture du dattier et habitaient des ksours.

Une partie des Matghara des Trara, est citée par Ibn Khaldoun comme ayant participé à la conquête de l'Espagne par Tariq Ibn Ziyad, aux côtés des Madyûna et des Houaras situés entre la Tafna et Oran, et des Meknassas basés autour de la Moulouya. Ils adoptent la doctrine sufrite et participent à la Grande révolte berbère, dirigée par Maysara al-Matghari. Au XIVe siècle, des restes des Matghara vivaient dans le Maghreb central et l’Ifriqiya et était tributaire des différentes dynasties régnantes.

Matmata

Les Matmata sont essentiellement des tribus sédentaires. Leurs fractions étaient nombreuses et leurs territoires étendus dans l’ensemble de l’Afrique du Nord, de fiefs Matmata existaient, de Gabès à l’est au Tamesna à l’ouest.

Au moment de la conquête musulmane, ils sont établis essentiellement dans les plateaux de Mandas. Plus tard, il se réfugient dans les montagnes de l’Ouarsenis, quand les Banu Tudjin les chassent du plateau.

Melzouza

Les Melzouza appartiennent à la famille de Ḍarīsa qui demeurait, selon toute vraisemblance, en Tripolitaine.

Notes et références

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  5. ↑ René Rebuffat, Recueil onomastique d'épigraphie libyque, (lire en ligne), p. 35
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    « Avec qui ils constituaient le groupe ethnique des Banú Fatin. Comme les autres populations appartenant à ce groupe, les Marghara étaient sans doute originaires de la Tripolitaine »
  8. ↑ Grigori Lazarev, « Généalogies et géographies tribales » Accès libre [PDF], , p. 165
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Bibliographie