Bipartisme

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Au sein des régimes démocratiques, le bipartisme est une variante particulière du multipartisme qui peut s'expliquer par différentes causes agissant de façon séparée ou combinée :

Typologie

Il faut distinguer deux types de bipartisme :

Pratiques du bipartisme

L'attitude des partis dans les situations de bipartisme est variable.

Bipolarisation forte

Au Québec, les députés suivent généralement une discipline de parti stricte pour le vote des projets de loi. Un vote contraire à celui du chef de parti, généralement chef du gouvernement si le parti est dans la majorité, peut entraîner des sanctions disciplinaires, allant jusqu'à l'exclusion.

Au Royaume-Uni, la cohésion des partis est également forte : au sein du Parti conservateur (Parti Tory), ou du Parti travailliste (Labour Party), les whips sont chargés de faire régner la discipline de vote.

Bipolarisation modérée

Dans de nombreux pays démocratiques, bien qu'il existe une multitude de tendances politiques au sein du Parlement, le centre et les extrêmes sont relativement faibles, et doivent souvent conclure des alliances électorales ou élaborer des programmes communs de gouvernement avec les deux principaux partis pour peser plus efficacement sur les orientations générales ou les décisions particulières.

C'est le cas aux États-Unis, où la séparation des pouvoirs implique toujours une certaine dose de collaboration. Au sein des partis démocrate et républicain américains, existe une grande liberté de parole individuelle et les consignes de votes ne sont pas aussi impératives. Est également sous-jacente la diversité des courants qui se manifestent dans chaque camp à l'occasion des élections primaires en vue de l'élection majeure : l'élection présidentielle.

Bipolarisation plus apparente que réelle

Selon Jérôme Grondeux, le régime politique français pratiquerait une forme très atténuée de bipartisme : le cadre institutionnel en principe favorable au bipartisme serait en permanence bouleversé par la segmentation sociologique et politique de l'électorat réel. « Alors que nos institutions depuis la réforme de 1962 instituant l'élection du président de la république française au suffrage universel direct poussent à l'union de la gauche et de la droite, il apparaît impossible d'établir [en France] un véritable bipartisme ».

La raison profonde remonterait à la Révolution française, où les Français se divisent désormais en « bleus », « blancs » et « rouges » :

Dans le cadre de ce partage, les partis blancs et rouges demeurent stables, toujours à droite ou à gauche. En revanche le « parti bleu » plus modéré et libéral pose un problème :

Ultérieurement, si la pratique des alternances démocratiques et des périodes de cohabitation a pu contribuer à dédramatiser le clivage droite-gauche, il apparaît — à l'occasion des congrès ou universités d'été organisés par les forces politiques ou des élections primaires tenues pour désigner les candidats aux élections présidentielles — que les clivages internes au sein de la gauche comme de la droite se sont approfondis :

Dans ces conditions, selon Jérôme Grondreux, les tempéraments politiques en France ne peuvent être analysés dans le cadre d'une logique binaire : les Français sont divisés — depuis la Révolution — selon une partition ternaire. Celle-ci peut évoluer à la marge — l'histoire politique française le démontre suffisamment — mais « Ni l'hégémonie du parti socialiste à gauche, ni celle de l'UMP à droite ne sont donc pour demain ».

Lorsque la politique menée est similaire ou identique par les deux partis, on obtient, à défaut d'un parti unique, une politique unique. Cela peut se dissimuler par un clivage politique exacerbé sur les questions mineures (politiques sociétales, etc.).

Pays bipartites

Notes et références

  1. 1 2 Maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne IV, chargé d'enseignement à Sciences-Po. « L'impossible bipartisme » cité par le quotidien La Croix 28 novembre 2012 p. 25. http://www.la-croix.com/Archives/2012-11-28/Forum.-L-impossible-bipartisme.-Jerome-Grondeux-maitre-de-conferences-a-l-universite-Paris-Sorbonne-Paris-IV-charge-d-enseignement-a-Sciences-Po-et-a-l-Institut-catholique-de-Paris-_NP_-2012-11-28-881854

Annexes

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