| Fondation |
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| Domaine d'activité | |
| Siège |
| Effectif |
120 employés |
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| Fondateurs | |
| Site web |
(en) www.blackcube.com |
Black Cube est une agence de renseignement privée fondée en 2010 par les anciens officiers de renseignement israéliens Dan Zorella et Avi Yanus. Elle dispose de bureaux à Tel-Aviv, Londres, Madrid et Paris. Parmi ses employés, la société comprend d'anciens officiers des trois agences de renseignement d'Israël : l'Aman, le Mossad et le Shabak, ainsi que des juristes et experts financiers.
L'activité principale de Black Cube est le « soutien en contentieux judiciaire », c'est-à-dire la fourniture de renseignements, preuves, témoignages et conseils dans des affaires juridiques et criminelles internationales dites de « criminalité en col blanc ». Dans le domaine politique, la société pratique l'opposition research. Elle est également active dans l'informatique décisionnelle, l'identification et la localisation des avoirs, la mise en conformité, l'audit préalable, et le renseignement lié à la cybercriminalité.
Les méthodes de Black Cube donnent lieu à un certain nombre de controverses internationales. La société est ainsi très fortement critiquée pour son travail de surveillance et d'assistance aux efforts de diffamation des femmes qui ont accusé Harvey Weinstein de violences sexuelles et des journalistes qui les avaient relatées. Elle est également accusée d'ingérence dans les élections législatives slovènes de 2026.
Black Cube est constituée selon son site d'« Un groupe de vétérans triés sur le volet, issus d'unités d'élite du renseignement israélien, spécialisé dans des solutions sur mesure pour résoudre des enjeux business et des litiges complexes »,.
Comme l'explique Intelligence Online, « La spécialité de Black Cube n'est pas la désinformation, mais presque son opposé : la découverte de vraies informations compromettantes dans le but de les révéler. ». L'entreprise pratique l'« opposition research » ou « oppo », qui consiste à surveiller, espionner ou mettre sur écoute des personnalités du camp opposé afin d'obtenir sur elles des informations pouvant permettre de révéler des scandales. La pratique, encore peu développée dans certains pays, dont la France, est déjà très répandue dans la politique américaine. Les capacités Humint de Black Cube se révèlent être un moyen efficace afin d'exposer les fraudes, les corruptions et le blanchiment d'argent,. La société découvre une corruption de haut niveau dans les systèmes judiciaires italien et panaméen.
La société emploie 120 salariés. Son conseil d'administration inclut notamment : un ancien chef du Conseil de sécurité nationale d'Israël, un chercheur en micro-économie proche du ministère de la Défense et des Infrastructures nationales, un directeur en marketing mobile au sein de la société américaine Verifone spécialisée dans les terminaux de paiements nouvelle génération, et un ancien consultant anglais de PWC basé à Londres. Avant son décès en 2016, Meir Dagan, ex-directeur du Mossad et ancien conseiller du Premier ministre Ariel Sharon, était président d'honneur de Black Cube.
Son siège social est situé à Tel-Aviv dans la Discount Tower, où la société occupe en 2026 deux étages, à la suite d'un agrandissement récent. L'entreprise de cyber-renseignement Paragon Solutions a ses locaux dans le même bâtiment. En 2015, Black Cube ouvre de nouveaux locaux à Paris, place Vendôme. Cette implantation suscite la méfiance de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). L'entreprise est également implantée à Londres et Madrid.
En 2011, le milliardaire Vincent Tchenguiz engage Black Cube concernant une enquête menée par le Bureau de la Répression des Fraudes britannique, le Serious Fraud Office (SFO), au sujet de sa possible implication dans l'effondrement de la banque islandaise Kaupthing. L'enquête de Black Cube aboutit à la découverte d'un vaste réseau de personnes liées à l'affaire, et contribue à apporter les preuves contre les mandats d'arrêt et de perquisition issus du SFO. Le juge saisi dans cette affaire tranche finalement en faveur de Tchenguiz qui se voit obtenir un dédommagement de plus de € 3 millions ainsi que des excuses du SFO.
Une enquête menée par Black Cube concernant une dispute entre les exploitations agricoles de Kfar Guiladi et la compagnie Caesarstone (en) aboutit, après six ans de délibérations, à un dédommagement de 12 millions d'euros à la partie Kfar Guiladi. C'est lors d'une randonnée à vélo en groupe que Black Cube réussit à rentrer en contact avec un ingénieur de Caesarstone et recueille des témoignages clés qui contredisent les arguments de l'entreprise Caesarstone dans son arbitrage avec Kfar Guiladi.
En 2015, l'homme d'affaires taïwanais Nobu Su démarche Black Cube concernant l’opportunité de faire appel d’une décision juridique qui l’a contraint à un dédommagement d'environ € 40 millions à son concurrent Lakatamia Shipping ainsi qu'à ses filiales. Les preuves apportées par Black Cube contribuent à prouver que 20 % du dédommagement avaient été accordés à la filiale Slagen Shipping, qui avait cessé ses opérations à l'époque de la réclamation. Le statut de demandeur de Slagen Shipping étant annulé, Su voit son droit à l'appel reconnu, ainsi qu'une réduction du dédommagement envers Lakatamia Shipping et ses filiales.
En 2016, Black Cube met au jour une affaire de corruption dans un arbitrage entre la compagnie AmTrust et l'italien Antonio Somma qui s'élevait à 2 milliards d'euros. Dans une conversation secrètement enregistrée lors d'une rencontre avec des agents de Black Cube, Somma se vante du contrôle qu'il exerce sur les arbitres et précise qu'il a conclu un accord avec le président de l'arbitrage prévoyant un paiement de pot-de-vin de 10 % de la somme qui lui serait accordée. À la suite de cette découverte, l'arbitre est révoqué et en , les deux parties aboutissent à un règlement juridique s'élevant à 60 millions d'euros au lieu des 2 milliards prévus.
Toujours en 2016, l'entreprise française Alstom et sa filiale israélienne Afcon engage la société Black Cube dans une affaire concernant un appel d'offres remporté par l'entreprise espagnole SEMI dans un projet d'électrification ferroviaire en Israël. L'enquête menée par Black Cube permet de recueillir des témoignages clés provenant d'enregistrements de conversations entre des fonctionnaires des Chemins de fer israéliens et qui mettent en évidence des failles majeures dans le déroulement de l'appel d'offres. Grâce à ces témoignages, la Cour Suprême israélienne tranche finalement en pour un compromis qui demande la division du projet de chemin de fer entre SEMI et Alstom/Afcon. La Cour suprême fixe également le coût des travaux pour Alstom/Afcon à 140 millions d'euros, compte tenu du fait que l'appel d'offres d'origine leur a été refusé.
Du fait de son expertise en identification et localisation des avoirs, ainsi qu'en analyse des entités offshore, Black Cube est mobilisé par la banque israélienne Hapoalim (TASE:POLI) en 2017 pour une saisie des avoirs de l'homme d'affaires Motti Zisser, encore endetté auprès de la banque lors de son décès en . Black Cube parvient à localiser des avoirs en Europe que Zisser avait transféré à son fils David via un réseau de compagnies offshore. Le patrimoine ainsi découvert comprend, entre autres, des hôtels à Bruxelles, un quartier commercial et hôtelier à Amsterdam, des appartements à Strasbourg, et une entreprise à Hong Kong. Les preuves recueillies par Black Cube permettent à la banque Hapoalim d'obtenir un gel des actifs appartenant à la famille Zisser. Les deux parties parviennent à un accord en , selon lequel la banque Hapoalim est habilitée à recevoir une somme de 23 millions d'euros en dédommagement,.
Selon un article d’El Mundo de 2019, Black Cube a établi une preuve de corruption entre l'avocat Janio Lescure et divers juges et magistrats de Panama, notamment le juge Oydén Ortega de la cour suprême. Black Cube fournit dans ce cadre des audios de Lescure reconnaissant ses relations intimes avec les juges, agents de l'État et des mafieux, ainsi que sa capacité à contrôler les décisions judiciaires, à éviter les inspections d'activités illégales et à éviter de payer des impôts.
En amont de l'élection présidentielle ukrainienne de 2019, Black Cube tente de recruter une communicante pour approcher Tomas Fiala, dirigeant de la firme ukrainienne d'investissement Dragon Capital, afin de faire cesser ses prises de positions pro-européenne et progressistes trop affirmées. Le commanditaire est « "un oligarque" qui voulait se protéger de l'évolution du climat politique en Ukraine ». À ce moment-là, Volodymyr Zelensky est vu comme le candidate jouant le rôle de troisième homme de l'élection, aux côtés des deux favoris Ioulia Tymochenko et Petro Porochenko.
Dans une interview accordée en 2019, Ephraim Halevy, ancien chef du Mossad et membre du conseil d'administration de Black Cube, assure qu'après les déboires de l'entreprise en Roumanie en 2016, l'entreprise s'est recentrée sur le domaine économique et n'accepte plus de contrats « à visées politiques ». Cependant, dans les années qui suivent, plusieurs affaires remettent en cause les déclarations de l'ancien directeur du Mossad. La porosité entre les milieux d'affaires et la sphère politique conduit l'entreprise à plusieurs fois agir directement ou indirectement dans le monde politique, notamment lors des élections uruguayennes de 2024 ou en Slovénie en 2026.
En , Black Cube soumet des preuves, au nom de Beny Steinmetz, à un tribunal de New York que la société brésilienne Vale SA a dissimulé des informations critiques concernant une licence d'exploitation minière en Guinée obtenue par Steinmetz. Au cours d'une opération de quatre mois, Black Cube a recueilli des enregistrements de cadres supérieurs de Vale, qui ont admis que Vale avait supposé que la licence d'exploitation minière avait été obtenue illégalement lorsqu'ils ont conclu le contrat, contredisant ainsi une sentence arbitrale de 1,8 milliard de dollars en faveur de Vale. À la suite de cette révélation, Vale abandonne ses poursuites contre Steinmetz pour faire appliquer la sentence arbitrale,. Les agents du Black Cube, se sont fait passer pour des investisseurs étrangers, ont « enregistré des membres de l'élite politique et économique angolaise, qui ont divulgué l'existence d'un comité gouvernemental chargé de cibler Isabel dos Santos en utilisant les ressources de l'État angolais et le pouvoir institutionnalisé », y compris « des procédures judiciaires prédéterminées ».
Lors des élections générales en Uruguay de 2024, Black Cube est missionnée par l'homme d'affaires belge Fernand Huts et son fils pour agir en faveur du candidat du Parti national Álvaro Delgado. La famille Huts, qui possède d'importants intérêts économiques dans le pays, est inquiète de la potentielle victoire du Front large de Yamandú Orsi, qui a déjà manifesté son opposition aux contrats accordés à leurs entreprises. Malgré des pratiques d'opposition research extensives, Black Cube ne trouve rien de suffisant pour lancer un scandale et ne parvient pas à empêcher l'élection du candidat de gauche.
En octobre 2024, Black Cube a été engagée par une organisation environnementale internationale dont le nom n’a pas été révélé. En Islande un agent de Black Cube, se faisant passer pour un investisseur fortuné, a enregistré ses conversations avec Gunnar Bergmann, ancien président de l’Association des chasseurs de baleines de Minke et fils de Jón Gunnarsson, député et ministre du Parti de l’Indépendance. Bergmann a décrit un accord corrompu conclu par son père avec le Premier ministre et président du Parti de l’Indépendance, Bjarni Benediktsson, afin de contourner l’opposition de l’opinion publique et d’accorder des licences de chasse à la baleine à Kristján Loftsson, directeur général et principal actionnaire du puissant groupe d’investissement islandais Hvalur hf., l’un des hommes les plus riches d’Islande et baleinier notoire. Bergmann a détaillé les enjeux politiques et les intérêts en jeu dans cet accord. Il a expliqué qu’après avoir perdu un poste important au sein du parti, son père s’était vu confier, en compensation, un poste au ministère de la Pêche et de l’Agriculture lui donnant le pouvoir d’accorder le permis de chasse à la baleine. Il a également évoqué les liens familiaux avec Loftsson, indiqué que sa propre famille allait en tirer profit, et proposé à « l’investisseur » son aide pour accéder à des représentants politiques influents en contrepartie. Après la diffusion des vidéos, Benediktsson a annoncé que Gunnarsson ne participerait pas au processus d’attribution des licences de chasse à la baleine.
En Roumanie, deux employés de Black Cube sont reconnus coupables de harcèlement et de piratage informatique à l'encontre de la procureure générale Laura Codruța Kövesi et condamnés en 2016,,.
Selon le New Yorker, l'administration Trump aurait fait appel à Black Cube dès pour trouver des éléments compromettants sur des anciens employés de l'administration Obama afin de la discréditer dans le cadre de l'accord sur le nucléaire iranien,. Black Cube a nié « toute relation avec l'administration Trump, les conseillers de Trump, ou toute autre personne proche de l'administration, ou l'accord sur le nucléaire iranien ».
Le lanceur d'alerte canadien et ancien directeur de recherche à Cambridge Analytica, Christopher Wylie, déclare devant un comité parlementaire britannique le que Black Cube aurait travaillé avec Cambridge Analytica pour récupérer des données privées de l'actuel président nigérian en 2015. Cette déclaration est vivement réfutée par Cambridge Analytica et par Black Cube. La directrice en développement commercial de Cambridge Analytica, Brittany Kaiser, affirme devant le même comité parlementaire que l'agence en question n'était pas Black Cube.
Black Cube est cité dans l'affaire Weinstein, pour avoir fait des recherches sur des femmes accusant ce dernier et participé à la diffamation visant des femmes qui avaient accusé Harvey Weinstein de violences sexuelles et des journalistes qui les avaient relatées,. L'ex-Premier ministre israélien Ehud Barak affirme être celui qui avait fait le lien entre Weinstein et l'agence de renseignement dans le but de découvrir l'identité et les motivations des individus menant une campagne négative à son encontre.
Quelques jours avant les élections législatives slovènes, le gouvernement de Robert Golob, qui suit une ligne pro-palestinienne, accuse la société israélienne Black Cube de mener une ingérence étrangère au profit de l'opposition, incarnée par le Parti démocratique slovène (SDS) de Janez Janša,. Black Cube publie notamment des vidéos censées prouver la corruption du gouvernement en place, après une surveillance approfondie et la mise sur écoute de personnalités proches des partis au pouvoir. Le Wall Street Journal décrit comment deux espions de la société ont voyagé à Ljubljana en dans ce but.
Le président français Emmanuel Macron accuse la société d'« ingérence caractérisée » et charge VIGINUM d'aider les autorités slovènes à faire face à l'opération. Finalement, la campagne de l'entreprise échoue à empêcher la remontée du Mouvement pour la liberté dans les sondages et le parti profite d'un regain de popularité pour remporter les élections avec très peu d'avance, tout en échouant à trouver une majorité pour se maintenir au gouvernement, ce qui permet le retour au pouvoir de Janez Janša. Peu après, Janša ordonne un revirement complet de la politique étrangère slovène en faveur d'Israël.
Des membres du SDS se félicitent ouvertement de l'intervention de Black Cube, appelant même à dresser une statue à la gloire de l'entreprise pour avoir prétendument « révélé la corruption des élites de gauche slovènes »
Le président de la Colombie, Gustavo Petro, a accusé Black Cube de manipuler le décompte de l'élection présidentielle de 2026, qui a été emportée par le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella. Peu après sa victoire, De la Espriella a reconnu diplomatiquement la souveraineté israelienne sur le plateau du Golan syrien.