| Roi des Huns Empire hunnique avec Attila | |
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Bleda ou Bléda, mort vers 444 ou 445, est un roi hun qui, succédant avec son frère Attila à leur oncle Ruga, a régné de 435 à sa mort sur la partie orientale de l'empire hunnique, dans une association où il semble exercer une autorité prépondérante.
Le règne des deux frères est marqué par la consolidation de leur domination sur les peuples soumis à leur autorité, la conclusion de l'avantageux traité de Margus avec l'Empire romain d'Orient, leur soutien au général romain Aetius contre les Burgondes et plusieurs campagnes militaires dans les Balkans entre 441 et 443.
Bleda est assassiné, probablement sur l'ordre d'Attila, voire par ce dernier, dans des circonstances qui demeurent obscures. Son frère devient alors l'unique souverain de l'empire hunnique.
Les éléments conservés sur Bleda sont ténus et proviennent essentiellement de l’Histoire des Goths de l'auteur byzantin du VIe siècle Jordanès qui les reprend de l'historien et diplomate grec Priscus, contemporain des évènements. On trouve également des éléments dans la Chronique universelle de Prosper d'Aquitaine et dans la Chronographie de Théophane le Confesseur.
Bleda est le fils du prince Moundzouk et le frère ainé d'Attila. Lorsque les deux frères succèdent vers 435 comme rois des Huns à leur oncle Ruga, il semble que l'aîné se voie confier la partie orientale de l'empire hunnique et occupe vraisemblablement la place prédominante dans l'association comme « roi principal » dans la mesure où il est seul mentionné dans la Chronica Gallica de 452. On sait qu'à l'instar de son frère il a eu plusieurs épouses, probablement dans une stratégie politique d'alliances matrimoniales permettant aux deux souverains de s'attirer le soutien des chefs huns de second rang.
Les nouveaux rois poursuivent et finalisent les négociations entamées par Ruga avec l'Empire romain d'Orient, aboutissant à l'avantageux Traité de Margus qui, en le portant à 700 livres d'or, double le tribut déjà obtenu par leur prédécesseur, faisant peut-être acter de la sorte la reconnaissance des deux souverains ; le traité convient en outre d'une extradition mutuelle des déserteurs, fugitifs et réfugiés, de l'établissement de marchés frontaliers pour les échanges commerciaux ainsi que l'engagement des Romains à ne pas s'allier avec d'autres peuples « Barbares » hostiles aux Huns. À la suite de l'accord, deux princes huns de sang royal, nommés Mama et Atakam, réfugiés chez les Romains, sont livrés à leur cousins et aussitôt empalés.

Le traité signé, les deux souverains s'attachent à reprendre en main les populations vassales, consolidant leur hégémonie sur les peuples tant nomades que sédentaires au nord et à l'est du Danube, sans que l'on puisse toutefois fixer les limites précises des territoires sous leur coupe ; ils entreprennent notamment une campagne contre les tribus scythes ainsi qu'une guerre contre des « Sorosgues » — une peuplade mentionnée uniquement par Priscus —, opération attestant peut-être d'une volonté d'extension de leur domaine.
Les frères continuent à offrir leur aide au pouvoir romain et à leur ami Aetius qui dirige l'armée impériale d'Occident, et lui fournissent des troupes pour ses campagnes en Gaule contre les Bagaudes et les Wisigoths. En outre, les troupes hunniques contribuent probablement à l'anéantissement des Burgondes de Gondicaire vers 436 ou 437, une extermination qui laisse un souvenir terrible dont on retrouve l'écho dans les épopées tant germaniques (Chanson des Nibelungen) que scandinaves (Edda de Snorri et Edda poétique).
Mais en 441, Bleda et Attila rompent le traité de Margus, prétextant le pillage de tombes hunniques par l'évêque de cette ville ainsi que le non-respect de la clause sur les réfugiés. Il est néanmoins plus vraisemblable que les Huns aient profité de l'affaiblissement d'une armée impériale occupée à contrer les Vandales en Sicile, les Sassanides en Arménie, tout en étant confrontée à une multiplication de révoltes (Isauriens, Zanes, Berbères...).
Les troupes hunniques envahissent l'Illyrie et se saisissent de nombreuses places fortes comme Viminacium — qui après avoir été occupée puis pillée par Bleda est rasée au sol —, le camp fortifié de Castra Constantia mais également des villes de Singidunum, Naissus ou encore Margus dont l'évêque obtient un sauf-conduit pour avoir ouvert les portes de la cité. Une trêve éphémère est conclue avec les commandants romains Anatolius et Aspar mais le conflit reprend en 442 : Théodose II a en effet rappelé les légions de Sicile pour contrer l'offensive des Huns qui se retirent vers 443, emportant toutefois un important butin tandis que l'empereur fait renforcer les défenses frontalières et refuse par la suite de payer le tribut.
Plusieurs auteurs antiques rapportent qu'Attila aurait ordonné la mise à mort de son frère, voire l'aurait tué de ses mains. Les raison précises de cette exécution, que Priscus ne mentionne pas, demeurent inconnues ; de même, la date de cet assassinat est incertaine, les sources oscillant entre 442 et 447, une datation vers 444 ou 445 étant privilégiée. Quoi qu'il en soit, Attila occupe dès lors seul la tête de l'empire, de manière autocratique.
Le meurtre de Bleda et l'usurpation de son frère provoquent la révolte des Akatziri, une peuplade hunnique installée dans la région de la mer Noire ; le soulèvement est maté par Attila avec l'aide des Gépides, qui lace son fils Ellac à la tête de la partie orientale du domaine hun. Il est en outre vraisemblable que l'assassinat de Bleda ait contribué à la dégradation des rapports entre Attila et le généralissime romain Aetius.
Plus largement, l'élimination de Bleda marque une rupture dans l'organisation politique de l'empire hunnique qui, si elle renforce pour un temps l'influence des groupes occidentaux qui suivent Attila, entraîne l'éloignement d'une partie des populations hunniques orientales, ce qui a pu contribuer à la rapide désintégration de l'empire après la mort d'Attila.

Dans la culture hongroise, Bleda est connu sous le nom de Buda et figure dans plusieurs drames entre les XVIIe et XIXe siècles dans lesquels il est tué à cause de ses intrigues et de sa lâcheté par son frère, considéré comme le prédécesseur des rois de Hongrie . Une tradition médiévale reprise de Simon de Kéza par poète hongrois János Arany au XIXe siècle fait des personnages Attila et Bleda — repris sous le nom de Buda — une réminiscence du mythe fondateur de Romulus et Remus appliqué à la Hongrie, attribuant la fondation de la ville de Budapest au frère d'Attila qui l'assassine peu après, sans cependant qu'aucune source antique ne corrobore cette assertion.
Le personnage de Bleda apparaît dans plusieurs productions cinématographiques :