Cotre

Cotre.

Le cotre (de l'anglais : cutter) est un voilier à un mât gréé en voile aurique à plusieurs focs, rapide et maniable, généralement équipé d'une grand-voile à corne, d'un flèche et de deux focs : le foc sensu stricto et la trinquette.

Détail du gréement

Le Marie-Fernand : cotre à flèche de 1894.

La bôme située en bas du mât supporte la grand-voile ; le foc et la trinquette sont en avant du mât. Dans les gréements traditionnels, la grand-voile est à corne ("cotre à corne") et le foc est amuré à un bout-dehors parfois très long.

Sereine, cotre bermudien moderne.

Les voiliers modernes ont un système de voiles bermudiennes épurées et présentent seulement trois voiles : la grand-voile, le foc et la trinquette.

Un cotre : observer l'imposante voilure aurique par rapport au gabarit du navire.

Le principal avantage du cotre était la division des voiles d'avant (focs) et donc leur surface, ce qui permettait une manipulation plus facile. La généralisation des enrouleurs de génois a quelque peu enlevé de l'intérêt à ce type de gréement sur les bateaux de plaisance actuels.

Utilisation historique

Usage civil

Leur gréement, présentant une surface de voile importante par rapport au gabarit (mât pouvant atteindre une trentaine de mètres), en particulier grâce à leurs multiples voiles d'avant (focs), leur donnait d'excellentes qualités de vitesse et de manœuvrabilité, avec en particulier une capacité à remonter au vent bien meilleure que les navires à voiles carrées. Ils étaient très utilisés comme :

Usage militaire

Au temps de la marine à voile, les cotres étaient les plus petites unités des flottes militaires utilisées comme navire de guerre (corsaire par exemple) et appelé alors « cotres de guerre » (sloop-of-war). Ils étaient équipés de six à huit canons légers et de voiles carrées pour en augmenter la vitesse : on parle de « cotre à hunier » dans cette configuration de voiles. Le Renard, dernier bateau corsaire armé par Robert Surcouf, en est un exemple caractéristique.

Différents usages du cotre
Bateau pilote dans les ports

avant l'arrivée des moteurs

Bateau de pêche Petit navire de guerre ou aviso Plaisance ou bateau-école
Une Hirondelle, bateau pilote, dans le port du Havre en 1910.
Le cotre de pêche Frepat date de 1942.
Le Renard : réplique du cotre corsaire de Surcouf.
Le cotre à tapecul Le Mutin, voilier-école de la Marine nationale française.

Typologie et différences avec les gréements voisins

Le cotre est proche du sloop. Il diffère par la présence de focs multiples à l'avant (au moins deux focs pour le cotre et un seul pour le sloop).

Les voiliers à un mât sans foc ne sont pas des cotres ni des sloops, mais sont appelés « catboats » de façon générale et « bateau à livarde », « canot à misaine », « bateau à voile latine »… suivant le type de voile.

Comme vu précédemment, un « cotre à hunier » est un cotre qui possède une à deux voiles carrées au-dessus de la grand-voile (hunier seul ou hunier + perroquet).

Les cotres sont généralement pontés et à quille (contrairement au dériveur).

Lorsqu'il possède un deuxième mât (tapecul) on parle de « cotre à tapecul » ou de yawl,, plus approprié.

Typologie de navires à un mât
Nom du gréement Cotre Sloop Catboat ou « Canot à misaine » Yawl (« cotre ou sloop à tapecul ») Cotre à hunier
Terme anglais cutter sloop Catboat Yawl topsail cutter
Particularités 2 focs ou plus 1 foc Pas de foc 2 mâts 2 focs ou plus et huniers
Schéma
Cotre
Cotre
Sloop
Sloop
Canot à misaine
Canot à misaine
Cotre à tapecul, un type de yawl
Cotre à tapecul, un type de yawl
Cotre à hunier
Cotre à hunier
Exemple de gréement traditionnel
Exemple de gréement bermudien

Exemples de navires

Le Marie-Fernand à Brest en 2016, vu de face.
Le cotre Clara.
Tableau de Louis Garneray : le cotre Le Furet, 1827.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 Guide des termes de marine, Éditions du Chasse-Marée, , page 114.
  2. 1 2 3 Guide des gréements, Éditions du Chasse-Marée, , page 106.
  3. ↑ Guide des gréements, Éditions du Chasse-Marée, , page 30.
  4. ↑ Guide des gréements, Éditions du Chasse-Marée, , page 128.
  5. ↑ Guide des gréements, Éditions du Chasse-Marée, , page 107.
  6. ↑ (en) « MORNA », sur 12mrclass.com (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes