


Le Conseil pour le maintien des occupations (CMDO) est un groupe révolutionnaire provisoire créé au soir du 17 Mai 68 à la Sorbonne à l'initiative de membres de l'Internationale situationniste (I.S.),,.
Dès l’occupation de la Sorbonne le par les étudiants et lycéens rejoints par de nombreux jeunes travailleurs et révoltés, les situationnistes fusionnent avec l’élite des extrémistes de Nanterre en fondant le Comité Enragés-Internationale situationniste qui va contrôler dès le lendemain le Comité d’Occupation de la Sorbonne. Entre le 16 mai 15 h 30 et le , ce Comité rédige de multiples textes, télégrammes, banderoles appelant à l’extension du mouvement d’occupation des usines engagé au même moment dans différents secteurs du pays, et à la vigilance révolutionnaire. Le à 19 heures, l’assemblée générale de la Sorbonne occupée s’avérant incapable d’approuver l’action de son Comité d’occupation, les situationnistes annoncent qu’il s’en retirent, préférant regrouper les véritables éléments révolutionnaires dans un Conseil pour le maintien des occupations qui va migrer dans les jours suivants vers l’Institut pédagogique national 29, rue d’Ulm dont il va investir le les bâtiments puis s'installer fin mai dans les sous-sols de l’École des arts décoratifs avant de s’auto dissoudre le suivant au moment du reflux du mouvement social
Le CMDO soutient la poursuite des grèves sauvages, de la grève générale et des occupations d'usine en France, ainsi que leur contrôle par des conseils ouvriers,. Au sein du mouvement révolutionnaire, il est opposé à la plupart des syndicats qui essaient de contenir la révolte et se compromettent avec le général de Gaulle.
Le conseil instaure une politique de représentation égale entre ses membres. Il est décrit dans l'ouvrage paru sous la signature de René Viénet comme « essentiellement une assemblée générale ininterrompue, délibérant nuit et jour. Aucune faction ou réunion privée n'exist(e) en dehors du débat commun ».
Par voie de tracts et d'affiches, le Conseil précise son programme. Le 22 mai : « la formation de Conseils de travailleurs, décidant démocratiquement à la base, se fédérant par délégués révocables à tout instant, et devenant le seul pouvoir délibératif et exécutif sur tout le pays »,. Le 30 mai : « La dissolution de tout pouvoir extérieur ; la démocratie directe et totale ; l'unification pratique de la décision et de l'exécution ; le délégué révocable à tout instant par ses mandants ; l'abolition de la hiérarchie et des spécialisations indépendantes ; la gestion et la transformation consciente de toutes les conditions de la vie libérée ; la participation créative permanente des masses ; l'extension et la coordination internationalistes. »
Même si cet épisode du mouvement de mai 68 fût éphémère, son souvenir est demeuré vivace, notamment grâce à la Chanson du CMDO, détournée d’une chanson de Jacques Douai sur un poème de Louis Aragon dont les nouvelles paroles furent écrites par Alice Becker-Ho dans les jours qui ont suivi les barricades érigées autour de la rue Gay-Lussac, en permettant ainsi la reprise dans les combats de rue immédiatement ultérieurs avec aussi d’autres chansons de la même période dues à Guy Debord, Raoul Vaneigem, Jacques Le Glou et même Étienne Roda-Gil, principal parolier du chanteur débutant Julien Clerc, qui feront l’objet d’un disque quelques années plus tard.
Une fois son autodissolution décidée le 15 juin après la dissolution prononcée le 12 juin à l'encontre de dix organisations étudiantes par le ministre de l'Intérieur, les membres du CMDO se dispersent dans la nature. Pour ce qui concerne les situationnistes, ils se replient sur l’appartement de Vaneigem à Bruxelles, où est entreprise l’écriture du futur livre Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations, qui paraitra chez Gallimard à l’automne sous la signature du seul René Viénet et qui sera en grande partie consacré à bâtir la légende de ce bref printemps de la révolution dont le CMDO s’est voulu la représentation exemplaire.
Selon les différents témoins et biographes, tout au long de sa courte existence, le CMDO aura impliqué, de façon plus ou moins permanente, une quarantaine de personnes :
Raoul Vaneigem mentionne également la présence d'une «Marie la Belge», fille de la romancière Madeleine Bourdouxhe et de Michèle Bernstein, la première épouse de Guy Debord, à l'époque séparée de ce dernier. On signale également celle de Marc'O, un des premiers complices de Guy Debord à l'époque lettriste.
Durant ces quelques semaines d'activité, trois commissions ont été constituées à l’intérieur de l’assemblée générale ininterrompue que représente de fait le CMDO :
Le service de sécurité était placé sous la responsabilité d’un Enragé de Nanterre.