| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Brachiopoda |
| Classe | Rhynchonellata |
Cadomella est un genre de brachiopodes jurassiques incertae sedis.
L’espèce-type du genre, datant du Jurassique inférieur (Toarcien), fut initialement décrite comme un strophoménide, représentant du genre Leptaena (en). C'était intrigant car les strophoménides s'éteignirent au Carbonifère, tandis que l’ensemble de la classe des Strophomenata disparut à la limite Permien–Trias (ou au Trias inférieur). Grâce à l'étude de la microstructure des coquilles, il a été établi que le genre Cadomella appartient à la classe des Rhynchonellata ; cependant, sa morphologie externe et interne atypiques n'ont pas permis de le classer dans l'un des ordres connus.
Le nom du genre provient du nom latin de la ville de Caen, Cadomus, tandis que le nom de l'unique espèce rend hommage à Charles Moore (en), qui découvrit ce brachiopode dans une coupe du Lias qu'il étudiait.

Coquille d'une largeur pouvant atteindre 1 cm, allongée transversalement, de forme concavo-convexe à plano-convexe. Largeur maximale au niveau du bord postérieur. La valve ventrale comporte un deltidium parfois ouvert, parfois entièrement fermé par des plaques deltidiales. La valve dorsale comporte un notothyrium dans lequel se trouve le processus cardinal. La coquille est ornée de fines stries, généralement au nombre de 10 à 12 par millimètre.

Intérieur de la valve dorsale : processus cardinal bifide ; les bords internes des fossettes dentaires se prolongent sous forme de gros rouleaux (bases des crura) qui, dans leur partie distale, s’incurvent vers le centre de la coquille et s’élèvent (il s’agit des crura (pl)) ; un septum médian est parfois présent. Intérieur de la valve ventrale : dents robustes, le champ musculaire occupe ½ à ⅔ de la longueur de la coquille.
La microstructure de la coquille est fibreuse et non perforée (en anglais : impunctate),.

Une analyse des données publiées sur la répartition des cadomelles montre qu'elles ne sont connues que dans un petit nombre de gisements à l'échelle mondiale. Il s'agit de six gisements dans le Jura souabe, où ces brachiopodes sont présents dans le Pliensbachien supérieur (zone à Pleuroceras spinatum),, ainsi qu’un affleurement en Angleterre (Somerset, près d’Ilminster), un en France (Basse Normandie, Curcy) et un au Maroc (montagnes du Rif), où on les trouve dans le Toarcien inférieur (zone à Dactylioceras tenuicostatum).
Le genre ne comprend qu’une seule espèce, Cadomella moorei (Davidson in Davidson & Morris, 1847). Les formes du Pliensbachien étaient auparavant séparées sous le nom de Cadomella quenstedti Rau, 1905, mais une analyse biométrique a montré qu’elles pouvaient être considérées comme appartenant à C. moorei.


La question de la paternité du nom générique Cadomella est un sujet complexe relevant de la nomenclature zoologique. Selon les sources, ce nom a été attribué à Ernest Munier-Chalmas, à Daniel Œhlert ou à ces deux savants ensemble.
En 1887 parurent deux ouvrages dans lesquels apparaît le nom générique Cadomella. Il s'agit d'un compte rendu de la séance de la Société géologique de France rédigé par Munier-Chalmas et d'un chapitre du manuel de conchyliologie de Paul Fischer signé D. P. Œhlert. Une analyse bibliographique a montré que le chapitre de l’ouvrage de Fischer fut imprimé le 15 juin, tandis que le compte-rendu de la séance ne fut pas publié pas avant le 30 juin, bien que la séance elle-même se fût tenue le 23 février. Par conséquent, l’introduction du nom générique Cadomella eut lieu dans le chapitre de l’ouvrage de Fischer, car la priorité des noms systématiques est liée à leur publication et non à leur présentation orale.
Il convient en outre de noter que, dans le chapitre susmentionné, Munier-Chalmas est cité comme auteur du nom générique ; or, les règles actuelles de la nomenclature zoologique n’autorisent la reconnaissance d’une telle paternité (auteur A dans l’ouvrage de l’auteur B) que si une série de conditions est remplie, ce qui n’est pas le cas ici. Cela aurait été possible en nomenclature botanique (dans ce cas, on aurait écrit « Munier-Chalmas ex Œhlert »).
Un dernier point qui n'est pas évident est que « D.P. Œhlert » désigne en réalité deux personnes : le paléontologue Daniel Victor Œhlert et son épouse Pauline. Sa contribution aux travaux scientifiques de Daniel Œhlert fut reconnue par l’ajout de son initiale au nom de son époux ; c’est pourquoi les auteurs de la révision systématique publiée en 2026 proposèrent, conformément aux usages actuels, de noter la paternité du nom du genre sous la forme Cadomella Œhlert & Œhlert, 1887.