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Carlo Giovanni Maria Denina, né le à Revello et mort le à Paris, est un écrivain, un universitaire et un historien italien.
Carlo Denina nait à Revello en Piémont, en 1731. Après avoir fait ses études à Saluces, il était, à l’âge de quinze ans, sur le point d’entrer chez les Grands-Augustins à Ceva, lorsqu’un de ses oncles le nomme à un bénéfice. Il prend l'habit ecclésiastique, reste deux ans à Saluces, où il apprend un peu de théologie ; ce fut là qu’il apprit aussi le français d'un officier suisse.
En 1748, il obtient une bourse pour aller étudier à l’université de Turin ; il prend quelque temps après les ordres, et est nommé, en 1753, professeur d’humanités à Pignerol. Il essuie quelques désagréments de la part des Jésuites pour une comédie de collège, dans laquelle il faisait dire à l’un des personnages, que les écoles publiques étaient aussi bien sous la direction d’un magistrat et de prêtres séculiers, qu’elles l’avaient été sous les moines ou clercs réguliers. L’affaire eut de telles suites, que Denina, est obligé de quitter Pignerol et les écoles royales, et est renvoyé dans les écoles d’un ordre inférieur.
En 1756, il prend le bonnet de docteur en théologie aux écoles palatines de Milan, et fait paraître à cette occasion un écrit théologique, qui est le premier ouvrage qu’il ait fait imprimer. Il rentre dans les écoles royales, est nommé professeur extraordinaire d’humanités et de rhétorique au collège supérieur de Turin, et six mois après, proposé professeur ordinaire à Chambéry ; mais il refuse cette dernière place, reste à Turin, et se livre aux travaux littéraires. Parmi les ouvrages qu’il entreprendt figure l’Histoire littéraire du Piémont. Son Discours sur les vicissitudes de la littérature, imprimé pour la première fois en 1760, lui attira une correction de la part de Voltaire qui mécontent de la manière dont il avait été traité lui lança un trait amer dans l’Homme aux quarante écus (1767) (chapitre dernier).
La publication du 1er volume des Révolutions d’Italie, en 1769, vaut à Denina la chaire de rhétorique au collège supérieur de Turin. Un an après, au moment où parait le 2e volume, il obtient la chaire d’éloquence italienne et de langue grecque à l’université ; le 3e volume, qui voit le jour en 1771, fut mieux accueilli que les précédents, mais augmenta le nombre de ses opposants.
Dans un voyage qu’il effectue en 1777, à Florence, il donne à Cambiagi, libraire de cette ville, un manuscrit sur l’emploi des hommes (dell’impiego delle persone), à la charge de le faire passer à la censure ecclésiastique et politique. Le livre de Denina ne fut imprimé qu’avec la censure de Toscane ; quoique l’auteur n’y eut pas mis son nom, il fut puni de son infraction aux lois de son pays ; on supprima son livre à ses frais.
Exilé d’abord à Verceil il reçoit l’ordre de se retirer dans sa patrie, et enfin on lui nomme un successeur. L’abbé Costa d’Arignan, ami de Denina, devenu archevêque de Turin, prend sa défense, lui fait obtenir le rétablissement d’une partie de ses pensions, et la permission de revenir à Turin. Denina s’occupe comme par le passé de divers travaux littéraires. Frédéric II fait dire à Denina qu’il trouverait à sa cour tous les moyens et toute la liberté qu’il pourrait souhaiter pour travailler. Denina se rendit à Berlin en 1782. Avant son départ, le roi de Sardaigne lui confére le titre de bibliothécaire honoraire. Arrivé à Berlin, Frédéric II le nomme membre de son Académie. Il fait imprimer quelques Mémoires dans le Recueil de l’académie de Berlin, et publie sans beaucoup de succès plusieurs ouvrages. Il voyage dans quelques parties de l’Allemagne. Il se trouvait à Mayence en 1804, lors du passage de l’empereur Napoléon, et au mois d’octobre de la même année, il est nommé bibliothécaire de ce souverain ; il vient alors se fixer à Paris, où il est mort le .
L’abbé Denina s’est consacré un long et curieux article dans sa Prusse littéraire, t. 1, p. 239-470. M. Barbier a fait imprimer dans le Magasin encyclopédique du mois de , une Notice sur la vie et les principaux ouvrages de Denina.