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Laurence Françoise Marie Chanfreau |
| Autres noms |
Chanfro |
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Laurence Chanfreau dite Chanfro, née le à Paris et morte le 3 juillet 2012, à Montfrin (Gard), est une militante lesbienne et féministe et une artiste queer plasticienne, photographe, graphiste, vidéaste française.
Laurence Chanfreau est née le à Paris.
Elle est diplômée de l’École spéciale d'architecture. Son mémoire intitulé L'architecture inconsciente ou L'architecture des rêves de la nuit, fut inspiré par Maurits Cornelis Escher. Elle est l'élève de Paul Virilio et Sophie Calle préside son jury de soutenance. Elle exerce dans différentes agences à Paris et Marseille de 1988 à 1995.
Militante lesbienne et féministe, Laurence Chanfro s’implique dans la Maison des femmes de Paris puis à Act Up ; elle est présidente d'Act Up Marseille de à .
Elle ouvre, avec 3 amies-amantes, en 1996, le bar lesbien féministe Aux 3G à Marseille.
Elle siège au conseil d’administration du « Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris » et est une artiste moteur du collectif artistique Queer Factory (créé en 2002).
Dans sa vie créative, elle performe sa vie intérieure. Elle voue un culte à Barbara. Elle a rejeté les normes et les carcans du statut de femme, de lesbienne, et se veut iconoclaste.
Elle s'inspire de Niki de Saint Phalle, Valie Export ou Barbara Kruger. Elle s'inscrit dans un courant « d'art politique ». Elle fait parfois scandale par ses sujets crus. Son expression est multiforme : dessin, peinture, gravures. Elle a trouvé son public en photographie et vidéo. Elle a créé des affiches, livres, écrits satiriques...
En 2009, elle publie un livre de ses œuvres photographiques intitulé : Chanfro 1959-2009.
Sa 1re exposition a lieu en 1995 à Marseille et s'articule autour de son projet photos : Et si nous nous regardions ? , une série de vulves. Elle déclenchera à chaque présentation de fortes réactions ; Anne Julien réalisera L' origine du monde, le retour, film sur l'exposition et la réaction du public. Ce documentaire a reçu le prix du public à Cineffable en 1999.
Laurence Chanfreau devient l'artiste « Chanfro ». Elle se définit comme une plasticienne, photographe, vidéaste qui invite à une prise de conscience et à une prise de « corps ».
Elle regarde les tabous à la loupe. Son œuvre reste poétique, politique, réaliste, remplie de dérision, voire parfois de cynisme.
Dans ses photos, elle met en lumière des corps féminins, et des sexualités lesbiennes invisibilisés ou décriées. Elle photographiait ses amies, ses amantes, ses proches dans des mises en scène militantes. Et elle choque par sa vision du sexe féminin et son rapport aux plaisirs.
« Je veux juste rassurer les femmes, les lesbiennes en prenant exemple sur ma vie, sur un chemin de vingt ans qui a démarré sur la terrreur [sic], le noir, la pudeur, la honte, la frigidité, la peur, les complexes... et qui arrive aujourd'hui dans une clairière de plaisirs, de bonheurs et de jouissances d'être une femme, une lesbienne.[réf. nécessaire] »
Elle participe à de nombreuses expositions personnelles ou collectives.
En 2004, elle passe à la vidéo « pour que les photos bougent » avec un premier film : rossY. Le sexe au féminin reste le sujet de ses opus suivants et elle réalise des films expérimentaux décalés et militants. Son premier long-métrage, Le bruit des chaussons, regroupe les vidéos réalisées entre 2004/2007 ; il se présente comme un journal intime composé de séquences « poétiques, intimistes, politiques, parodiques, féministes réalistes et ironiques. »
En 2006, à Paris, elle se rapproche d'artistes queers et s'implique dans Queer Factory. Elle participe collectivement à trois compilations de films : Queerft, à des expositions et événements artistiques plastiques et performatifs. Elle s'oriente vers un art plus politique et plus trash, et se radicalise.
Ses films sont projetés dans de nombreux festivals, en France et à l'étranger, et sont actuellement diffusés par le Collectif jeune cinéma.
En 2009, elle revient à la photo avec un photorama personnel à partir de Valérie Solanas et Scum Manifesto. C'est son ultime œuvre publique.
En 2010, elle se retire à Montfrin. « La demeure infinie », son lieu de vie et résidence pour artistes queer, devient sa dernière création : toutes les surfaces sont utilisées : peintures, slogans, sculptures, architectures.... Elle se sent inspirée par Frida Kahlo et sa Maison bleue (Casa Azul) au Mexique : comme elle, elle veut en faire un lieu ouvert. Son projet n'aboutira pas.
Son état de santé s'aggrave, des hernies discales cervicales la torturent et l'handicapent.
Elle se suicide le à Montfrin, pour refuser cette longue maladie qui paralysait son corps et troublait son esprit. Dans ses notes posthumes, elle revendique cet acte comme une force de liberté face à la souffrance.
À Marseille, le , à l’occasion de la Journée de la visibilité lesbienne, une passerelle située dans le 6ème arrondissement est nommée Passerelle Chanfreau,.
Artiste de la Queer Factory de 2002 à 2007, elle co-supervisa les trois films de compilations de courts-métrages (les deux premiers avec Hervé Joseph Lebrun et le troisième avec Mino D.C. :
Elle fut co-monteuse du film Roof d'Émilie Jouvet avec Hervé Joseph Lebrun dit HJL (montage musique et générique).
Les films sont projetés dans les Festivals de Films Gays et Lesbiens Internationaux : Festival de films gays & lesbiens de Paris (FFGLP), Festival du film gay et lesbien de Turin, Festival Pink Screens, Bruxelles...