Un chant de marins est une chanson entonnée en mer par les marins ; plus rarement dans les ports.
Au temps de la marine à voile, le chant de marins a une importance particulière : sa principale fonction est de rythmer et ainsi synchroniser le travail en équipe. On trouve donc essentiellement des chants de travail appelés « Shanties », mais aussi des chansons d'agrément.
Le chant de marin est classé à l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel en France en 2024,.
Quelques opérations associés à des chants de marins :
Les « chants à curer les runs » sont entonnés successivement par des équipes composées d'une dizaine de marins - les pelletas - creusant chaque nuit des tranchées (runs chez les marins bretons au moins) dans la cargaison de sel des bateaux morutiers en vue d'y ranger la pêche du lendemain. Ils sont divers puisqu'ils sont composés d'éléments courts (quatrains) assez librement associés, chacun lancé par tel ou tel membre de l'équipe et repris par les autres jusqu'à la pause dans le travail qui intervient à la fin du chant. Ces chants ont pour but d'égayer une tâche ingrate (d'où des paroles souvent grivoises) et d'apprécier le nombre de pelletées remuées par la bordée.
Sur tous les bateaux du monde, les chants de marins répondent au besoin de synchroniser les efforts. On en trouve donc dans tous les pays ayant une tradition maritime et à toutes les époques jusqu'à l'abandon de la voile à la fin du XIXe siècle et le passage de la force musculaire à la force mécanique. Depuis, les chants de marins restent vivants dans les régions de tradition maritime, notamment parce qu'ils sont un moyen de reconnaissance identitaire.
Le chant de marins est entonné par des personnes ayant peu ou pas de formation musicale. Sa structure est donc généralement simple (une suite de couplets simples entrecoupés d'un refrain ou d'une phrase reprise en leitmotiv), la mélodie est facile à mémoriser et les paroles font explicitement référence au milieu professionnel dans lequel vivent les marins. L'instrument essentiel est la voix. Quelques instruments sont utilisés pour les chants de détente : accordéon, violon.
Les chants de travail sont rythmés suivant l'effort à fournir :
De par sa présence sur tous les continents, le répertoire est extrêmement varié. Sa diffusion est assurée par les contacts à l'occasion des escales ou par les marins étrangers embarqués dans un équipage. Dans la Marine nationale (militaire), il existe un répertoire de chants qu'il était interdit d'entonner, souvent à cause de leurs paroles hostiles aux autorités ou aux vertus patriotiques (c'est le cas du célèbre Adieu cher Camarade, aux paroles quasi anarchistes, qui est repris notamment par Marc Ogeret).
Il est illusoire d'imaginer une « version originale du chant » à la manière des créations modernes, les chants s'étant transmis, aussitôt créés, en évoluant sans cesse. Les paroles, la mélodie et le rythme varient selon la sensibilité des interprètes et l'usage qu'on en fait. Tel chant lent et syncopé pour le travail peut devenir une danse en accélérant son rythme. Les paroles sont souvent en partie improvisées à bord, et certains quartiers-maîtres sont connus pour leur créativité. Certaines chansons existent en plusieurs versions : celles avec des paroles très crues, entonnée uniquement à bord, et celles « pour la compagnie », qu'on peut chanter au port. Les marins réutilisent les bribes de chansons plus anciennes qu'ils ont apprises pour en composer une nouvelle. Il faut attendre les collectages du XIXe siècle pour que soient fixés les chants de marins.
Le plus connu des mémorialistes de la marine à voile, le commandant Hayet, ancien capitaine au long cours (avant la guerre de 1914-1918), d'origine bordelaise, recueille et transcrit les chansons de bord du temps de la Marine à voile et publie d'ailleurs deux versions de son recueil : l'une quelque peu expurgée titrée Chansons de bord et l'autre, non expurgée, sous le titre Chansons de la marine à voile… sans voiles, aux paroles plus authentiques et nettement plus « salées », qu'il publie sous le pseudonyme de Jean-Marie Le Bihor.
Les chants de marins sont parsemés de termes de métier parfaitement courants à l'époque de la marine à voile. Certains sont encore utilisés par les marins de plaisance, mais leur sens est aujourd'hui inconnu du grand public.
Les principaux festivals francophones de chants de marins sont :

De nombreux groupes de chanteurs amateurs se constituent pour perpétuer la tradition du chant de marins. De même, beaucoup de chorales ont quelques chants de marins à leur répertoire. On peut citer :
Le chant de marin *
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Soleil d'Orient en représentation sur la scène Michel Pinc lors du festival du chant de marin 2017 à Paimpol. | ||
| Domaines | Arts du spectacle Musiques et danses Pratiques festives Pratiques rituelles |
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| Lieu d'inventaire | Bretagne Normandie Pays de la Loire |
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| * Descriptif officiel Ministère de la Culture (France) | ||
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