Chantal Stoman

Chantal Stoman
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (58 ans)
Nationalité
Domicile
Activité
Autres informations
Site web

Chantal Stoman est une photographe et réalisatrice française vivant et travaillant à Paris. Après avoir commencé sa carrière dans la photographie de mode, elle développe depuis 2005 une pratique artistique principalement consacrée à la photographie, puis au documentaire de création. Son travail porte notamment sur les relations entre les individus, les villes, les lieux, la mémoire et les traces du temps.

Biographie

Après avoir étudié la photographie à l'Hadassa Institute of Photography,[réf. nécessaire] Chantal Stoman commence sa carrière avec la photographie de mode. Ses images ont été publiées dans la presse française et internationale. Pendant dix ans, Chantal Stoman façonne une esthétique «mode-reportage» en mettant en scène ses images dans des lieux inédits et lointains. Cette démarche a été fortement critiquée par Valérie Patrin-Leclère pour un reportage intitulé « Kibboutz spirit », paru dans Next, le supplément mensuel de Libération, en .

Après cette première partie de carrière consacrée à la photographie de mode, Chantal Stoman développe à partir de 2005 des projets photographiques personnels. Son travail s'éloigne progressivement de la commande de mode pour s'intéresser aux relations entre les individus et les lieux, à la mémoire urbaine et aux transformations des villes.

En 2005, elle réalise A Woman's Obsession, consacré aux relations entre les femmes japonaises, la mode et le luxe. Le projet est soutenu par Chanel et fait l'objet d'une publication.

À partir de 2008, elle développe Lost Highway, projet photographique consacré aux grandes infrastructures routières et aux espaces urbains traversés par les voies rapides. Le projet est réalisé successivement à Tokyo, São Paulo, Le Caire, Hong Kong et Mumbai. Une installation monumentale est notamment présentée à Paris dans le cadre de la Nuit Blanche,. En 2010 le projet est visible sur une rame du tramway bruxellois.

Ses projets suivants poursuivent cette recherche autour de la ville et de ses différentes strates historiques et sociales. Elle développe notamment des travaux à Rome, Phnom Penh, Jérusalem et au Japon, où elle s'intéresse à la mémoire des lieux, aux transformations urbaines et aux traces laissées par le temps.

En 2015, Chantal Stoman se rend à Jérusalem, où elle réalise Walking Distance, un projet photographique témoignant de sa curiosité pour les « villes mythes » qui racontent, dans le profond, une histoire et qui font l'Histoire.

En 2016, l'artiste est invitée par l'Institut Français en résidence au Cambodge, à Phnom Penh. Chantal Stoman se plonge dans l'intimité de cette ville dont le paysage, travaillé par l'occupation humaine, offre à voir de multiples strates mémorielles, vestiges rendus à une vie propre qui deviendront le sujet du projet VIEWS. Elle y réalise également des workshops. Ce projet a fait l'objet d'une installation monumentale lors du Mois de la Photo du Grand Paris sur les fenêtres du Conservatoire de Montreuil, réalisé par l'architecte Claude le Goas, transformant le bâtiment en une "lightbox" géante.

En 2017, Chantal Stoman se rend dans la petite ville japonaise de Ōme. D'abord venue pour un court projet, elle y effectuera de nombreux aller-retours pour un travail qui durera plus de trois ans. Elle y réalisera Ōmecittà, une observation de la passion pour le cinéma de cette petite commune, ou plutôt des vestiges de celle-ci,. Un projet encore une fois axé sur les liens entre mémoire et image pour lequel Chantal Stoman reçoit le Soutien à la photographie documentaire contemporaine du CNAP. En addition du projet photographique, l'artiste réalise alors également son premier documentaire de création.

Durant la pandémie de Covid-19, en 2022, la photographe est amenée à se rendre au cimetière de Bagneux. Là, elle y remarque les très anciens médaillons de céramique des sépultures qui deviennent le point de départ du projet Ça a été (2022), une réflexion sur la disparition de l'image,.

Cinéma

Le premier long métrage documentaire de Chantal Stoman , Ōmecittà, réalisé en 2020, dure 69 minutes. Le film explore le passé cinématographique de la ville japonaise d'Ōme, autrefois dotée de plusieurs salles de cinéma et dont les anciennes affiches peintes sont encore visibles dans la ville. Le film reçoit en 2021 le prix du meilleur long métrage documentaire au ARFF Amsterdam.

En 2024, elle réalise L.A. L.A. End, un documentaire de 70 minutes consacré à Los Angeles et aux traces du mythe hollywoodien. Le film suit notamment Stephanie Stuart, sosie de Marilyn Monroe, et met en regard l'image de Hollywood avec les transformations contemporaines de la ville. L.A. L.A. End reçoit en octobre 2024 le prix du meilleur documentaire international au DOC LA Film Festival. Le film est ensuite présenté dans plusieurs manifestations internationales, notamment à la Cinémathèque québécoise le 8 mai 2025.

Hong Kong

En mai et juin 2025, Chantal Stoman est invitée à Hong Kong par l'Alliance française dans le cadre du French May. Elle y présente ses deux longs métrages, Ōmecittà et L.A. L.A. End, respectivement les 26 mai et 4 juin 2025, et séjourne pendant un mois en résidence afin de développer un nouveau projet de film.

Du 21 mai au 21 juin 2025, la Galerie Paris 1839 à Hong Kong lui consacre l'exposition personnelle Nouvelle Vague. L'exposition réunit des photographies issues de plusieurs séries réalisées au cours de sa carrière, notamment Nouvelle Vague, Visiting Paris, Tokyo Trip, Copacabana, New Orleans et Suntory. La Galerie Paris 1839 présente cette exposition comme une rétrospective mettant en relation photographie, cinéma et représentation des personnages et des lieux. L'exposition rend notamment hommage à la Nouvelle Vague française et souligne la dimension cinématographique des photographies de Stoman.

Ce séjour à Hong Kong donne également lieu au développement d'un nouveau projet documentaire consacré à la ville et à ses relations avec son environnement. L'Alliance Française présente alors Stoman comme une artiste développant un nouveau projet visuel pendant sa résidence hongkongaise.

Le Cantique de l'Oiseau

À partir de 2025, Chantal Stoman développe Le Cantique de l'Oiseau, également intitulé The Silence That Sings, un projet de documentaire de création consacré à Hong Kong et à la présence des oiseaux dans l'environnement urbain.

Prix et distinctions

Filmographie

Publications

Notes et références

  1. ↑ « Chantal Stoman Photographe | Actuphoto », sur actuphoto.com (consulté le )
  2. ↑ Valérie Patrin-Leclère, « Les traces d’un fourvoiement journalistique : « Kibboutz spirit », Libération Next, juin 2009 », Communication & langages, vol. 164, no 2,‎ , p. 117–126 (ISSN 0336-1500, DOI 10.4074/S0336150010012093, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Chantal Stoman », sur La Galerie Paris 1839 (consulté le )
  4. ↑ (en-US) « Exhibition : LOST HIGHWAY, a photo project – Alliance Française de Bombay » (consulté le )
  5. ↑ Bruno Icher, « La piste Nuit blanche », sur Libération (consulté le )
  6. ↑ Clément Ghys, « Un tramway bruxellois en mode tokyoïte », sur Libération (consulté le )
  7. ↑ « Eternelles : Jérusalem / Rome : Chantal Stoman, photographies », sur Paris Art, (consulté le )
  8. ↑ (en) Alessandro Marazzi Sassoon, « Looking for the light, night after night », sur phnompenhpost.com (consulté le )
  9. ↑ La Rédaction, « Chantal Stoman : installation monumentale au conservatoire de Montreuil », sur 9 Lives Magazine, (consulté le )
  10. ↑ Véronique Groussard, « Ōme, ville fantôme de cinéma », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  11. ↑ « Photos. Voyage à Ome, paradis des cinéphiles », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ Philippe Pons, « Au Japon, la ville d’Ome remet le cinéma d’antan à l’affiche », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. ↑ « Chantal Stoman | Cnap », sur www.cnap.fr (consulté le )
  14. ↑ « Omecittà Documentaire de Chantal Stoman (Fr, 2020) (Documentaire cinéma) : la critique Télérama », sur television.telerama.fr, (consulté le )
  15. ↑ « Chantal STOMAN* – Sitdown » (consulté le )
  16. ↑ (en-US) L'Œil de la Photographie, « Galerie Sit Down : Chantal Stoman : Erased memories », sur The Eye of Photography Magazine, (consulté le )
  17. ↑ « Ōmecittà », sur Alliance Française de Hong Kong, (consulté le )
  18. 1 2 « L.A L.A End », sur Cinémathèque québécoise, (consulté le )
  19. 1 2 « L.A L.A End, le docu-fiction sur le déclin du mythe hollywoodien », sur French Morning, (consulté le )
  20. ↑ « French May Cinema 2025 », sur Alliance Française de Hong Kong, (consulté le )
  21. ↑ « Nouvelle Vague — A Chantal Stoman Photography Exhibition », sur Alliance Française de Hong Kong, (consulté le )
  22. ↑ « Chantal Stoman — Nouvelle Vague », sur La Galerie Paris 1839 (consulté le )
  23. ↑ « Chantal Stoman ou l'invisible des villes », sur Alliance Française de Hong Kong (consulté le )

Liens externes