| Gouverneur d'Algérie | |
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| Préfet du Rhône | |
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| Préfet de la Gironde | |
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| Préfet des Bouches-du-Rhône | |
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| Préfet d'Alger Département d'Alger | |
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| Préfet de la Haute-Garonne Haute-Garonne | |
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| Préfet des Côtes-d'Armor Côtes-d'Armor | |
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| Préfet de Corse Corse (d) | |
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| Préfet de la Sarthe | |
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| Sous-préfet de Boulogne-sur-Mer Arrondissement de Boulogne-sur-Mer | |
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| Secrétaire général de la préfecture du Morbihan (d) | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nationalité | |
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Fonctionnaire, administrateur colonial, gouverneur général |
| Fratrie |
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Charles Étienne Lutaud, né le à Mâcon (Saône-et-Loire) et mort à Paris 1er le ,, est un haut fonctionnaire et préfet français. Il a notamment été gouverneur général de l'Algérie entre 1911 et 1918.
Lutaud grandit dans la bourgeoisie mâconnaise. Il fait partie de la même famille qu'Auguste Lutaud, docteur à Mâcon, qui sera un protagoniste très accessoire du scandale de Panama. Il suit des études au lycée Lamartine de Mâcon, où il obtient des prix, notamment en anglais. Il étudie en faculté de droit et décroche une licence.
S'affirmant de gauche, il quitte Mâcon pour aller travailler comme attaché au Comité des Gauches du Sénat de juillet à . Il épaule les partis de gauche durant la crise du 16 mai 1877, ce qui fait sa réputation de républicain ardent. Son aide lui permet d'obtenir le le poste de chef de cabinet du préfet de la Somme. Il devient en 1879 chef de cabinet du préfet de la Loire-Inférieure.
Il est attaché au cabinet du ministre de l'Intérieur Pierre Waldeck-Rousseau puis de François Allain-Targé de à . Pour le remercier de son bon travail, il est nommé par Allain-Targé sous-préfet de Boulogne-sur-Mer en 1884. Il est alors sous la direction du préfet Vel-Durand, qui est également un républicain convaincu. Vel-Durand s'appuie sur Lutaud pour combattre les influences anti-républicaines dans le Pas-de-Calais, qu'elles fussent orléanistes, bonapartistes ou cléricales. Lutaud propose au préfet de décorer quelques maires des palmes académiques ou du mérite agricole afin de stimuler le zèle républicain des grands électeurs. Il développe également le renseignement territorial afin d'obtenir des informations sur les mouvances conservatrices locales.
Le , il est nommé préfet de la Sarthe. En , il devient préfet de la Corse, puis des Côtes du Nord (1895), et de Haute-Garonne (1897). Il fait campagne pour Ernest Constans et malmène ses ennemis politiques.
En , il est nommé préfet d'Alger. Il échoit du poste pendant une période d'agitation antisémite de la part des colons à Alger. Il réorganise la police algérienne sur le modèle de la préfecture de Police de Paris. Franc-maçon, il devient la cible des journaux antisémites algériens. Lorsque, le , des rebelles attaquent un camp français à Margueritte, tuant six Européens, Lutaud envoie l'armée et six musulmans sont tués. Une campagne contre Lutaud est alors menée en Algérie, ainsi qu'en métropole. Godefroy Cavaignac, qui demande au président Félix Faure de le révoquer. L'affaire fait l'objet de débats à la Chambre des députés, où il est remarqué qu'il ne se déplace en tant que préfet qu'avec cinq commissaires autour de lui.
En , Lutaud quitte l'Algérie pour être nommé préfet des Bouches-du-Rhône, succédant à Périclès Grimanelli. Il quitte ce poste en pour devenir préfet de la Gironde. Il devient en 1907 préfet du Rhône.
Le , Lutaud obtient le dernier poste important de sa carrière, en étant nommé gouverneur général de l'Algérie. Il remplace Charles Jonnart, qui démissionne à la suite de la chute du gouvernement d'Aristide Briand. Il y dispose d'une longévité importante, car il conserve cette fonction jusqu'en . Il déploie une politique agricole importante en Algérie en faveur des colons, les soutenant fermement, ne poursuivant pas les réformes bénéfiques à la population algérienne que Jonnart avait souhaité mettre en place.
Dès son arrivée au poste, il se prononce contre la proposition Rozet visant à la suppression de l'internement administratif et des pouvoirs disciplinaires des administrateurs des territoires français. Il s'oppose à tout changement dans la politique ou dans le statut social des musulmans d'Algérie, considérant qu'une modification pourrait mener à plus de violences et à un ralentissement de la marche de l'assimilation. Régulièrement questionné par le pouvoir central au sujet de la sécurité intérieure de l'Algérie et de potentielles tentatives de rébellion, il assure avoir la situation sous contrôle et projette un plan de contre-insurrection appuyé par les colons européens en cas de soulèvement.
Le grand nombre d'algériens musulmans s'étant battu pour la France au cours de la Première Guerre mondiale cause un mouvement appuyant la mise en place de mécanismes d'accès à la citoyenneté pour les algériens. Lutaud menace en 1915 de démissionner si cela était mis en place. Il revient sur sa position en 1917, et propose que les soldats algériens, même ceux qui n'ont pas combattu en Europe, puissent obtenir la citoyenneté. Les demandes seraient cependant traitées par l'administration coloniale et non par le ministère compétent, à savoir celui des Armées.
En Algérie, Lutaud remarque le travail du jeune Georges Catroux, dont il fait son conseiller politique à son cabinet.
En 1918, Georges Clemenceau lui propose de diriger l'action de la France en Ukraine dans le cadre d'une intervention spéciale dans ce pays, mais Lutaud refuse. Il est cependant nommé haut représentant de la France dans le pays.
Il épouse le Valentine Marie Amaranthe Angélique Loucou, avec qui il a deux enfants. Elle lui survit.
Il était proche d'Eugène Étienne, avec qui il a une correspondance importante durant sa fonction à Alger. Il l'appelle « mon cher maître. »
Ses cendres se trouvent au cimetière du Père-Lachaise.
Il était franc-maçon.
Lutaud est un représentant d'un jacobinisme conservateur.