| Trésorier de France Généralité d'Amiens | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Charles du Fresne, sieur du Cange |
| Nom de naissance |
Charles du Fresne |
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Glossaire de la moyenne et de la basse latinité (d) |
Charles du Fresne, seigneur du Cange, né le à Amiens et mort le à Paris, est un historien, grammairien et philologue français, principalement connu par son Glossaire latin.
Ami (par correspondance) de Leibniz, il est aussi lié à plusieurs érudits bénédictins du XVIIe siècle, notamment Mabillon.
Issu de la famille du Fresne, établie à Amiens aux XVIe et XVIIe siècles, dite par certains[réf. nécessaire] être originaire de Montreuil et avoir été anoblie en 1356, Charles est le fils de Louis du Fresne, écuyer, seigneur de Froideval[Où ?], prévôt royal de Beauquesne en Picardie, et de sa seconde épouse, Hélène de Rély.
Il fait des études secondaires au collège des jésuites d’Amiens, puis des études de droit à l'université d'Orléans.
Il est reçu avocat au barreau de Paris en 1631 et y travaille un certain temps.
Il est rappelé à Amiens par le grand âge et l'infirmité de son père, après la mort duquel il épouse le Catherine du Bos, fille de Philippe du Bos, écuyer, seigneur de Drancourt[Où ?], trésorier de France à Amiens. De leur mariage naîtront six garçons et quatre filles, dont la descendance s'est éteinte avant la Révolution française (1789).
Le , il achète à son beau-frère un office de trésorier de France de la généralité d'Amiens, charge anoblissante au second degré[pas clair], qui lui laisse assez de temps pour s’adonner à sa passion des recherches historiques, linguistiques et philologiques.
Il est finalement passé à la postérité comme grammairien et philologue, laissant plusieurs dictionnaires et glossaires latins et grecs. Son œuvre permet de comprendre le passage opéré en France du latin classique de la fin de la République romaine (Cicéron, César) au latin impérial, puis au latin médiéval et finalement au français.
Il se livre par ailleurs à des recherches historiques sur l'Antiquité et le Moyen Âge.
Comme ses contemporains Gilles Ménage et Jérôme Bignon, il a été surnommé le Varron français. Du Cange est parmi les historiens les plus cités par Edward Gibbon dans son livre Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain. Dans une note, Gibbon en parle comme de notre « sûr et infatigable guide au Moyen Âge et dans l'Histoire byzantine ».
Exempt de toute ambition, Charles du Fresne ne travaille pas pour augmenter un patrimoine qu'il estime suffisant[réf. nécessaire]. Il tient bureau de consultation[pas clair], et ouvre à tous son cabinet, ses livres et ses manuscrits. Il donne volontiers les renseignements qu'on lui demande, se considérant comme « une fontaine publique, dans laquelle chacun pouvait puiser ».
Il entretient une relation épistolaire avec le philosophe allemand Leibniz, qu'il ne rencontrera pourtant jamais. Leibniz lui écrit : « Je trouve votre courtoisie aussi grande que votre érudition, que toute la terre connaît assez ». Du Cange est aussi l'ami des érudits bénédictins Jean Mabillon, dom Germain (auteur du Monasticon Gallicanum) et Luc d'Achery.
En 1669, Du Cange fuit la peste qui ravage Amiens et la Picardie.
Mort à Paris à 77 ans, des suites d’une rétention aiguë d'urine, il est inhumé dans l'église Saint-Gervais de Paris, où le rejoignent par la suite son épouse et l'un de ses fils.
Louis XIV (mort en 1715) accorde une pension de 2 000 livres à ses quatre enfants[Quand ?].
Une édition en ligne de ses œuvres sous la direction scientifique d'Anita Guerreau-Jalabert se trouve sur le site de l'École nationale des chartes
Après la mort de Charles du Cange, ses livres, autographes et manuscrits, passèrent à Philippe du Fresne, son fils aîné, homme instruit également et qui décéda quatre ans après son père, le exactement, sans avoir été marié.
La bibliothèque est alors vendue. Les manuscrits sont achetés par l'abbé de Camps qui n'en fait aucun usage.
François du Fresne, frère de Philippe, s'était cependant réservé un exemplaire du Villehardouin, préparé pour une seconde édition, le manuscrit d'Amiens et des comtes de Ponthieu ; un portefeuille contenant les titres de l'histoire de Picardie ; et nombre de papiers regardés alors comme inutiles, et qui restèrent dans l'oubli jusqu'à sa mort le .
La mémoire de Charles du Cange était réduite à la célébrité si justement méritée par ses ouvrages imprimés, lorsque Jean-Charles du Fresne d'Aubigny, son arrière-neveu, parcourant, vers 1735, les bibliothèques des historiens de France du P. le Long, no 16236, et la bibliothèque ecclésiastique de Dupin, tome III, page 42, y trouva l'indication de plusieurs manuscrits de du Cange, conservés dans la bibliothèque de l'abbé de Camps et autres.
Ces deux indications lui firent penser qu'il restait encore des ouvrages inconnus ; il apprit que les manuscrits de Charles du Cange avaient été vendus à deux reprises. Une première fois en 1715 ou 1716, l'abbé de Camps vendit alors à M. Miette, libraire sa bibliothèque, avec une portion des manuscrits de Charles du Cange, lesquels furent achetés, dans le moment même, par ordre du baron Hohendorff, pour le prince Eugène. Après la mort de l'abbé de Camps, le , l'abbé Denison son neveu, chanoine de Notre-Dame, trouva dans la maison les restes de ces manuscrits : il en proposa l'acquisition au même Mariette qui les revendit à M. d'Hozier.
M. d'Aubigny s'adressa d'abord à M. d'Hozier, et après plusieurs conversations, il comprit que sa politesse et sa générosité l'auraient porté à lui remettre le tout, ou partie de ce qu'il possédait de ces manuscrits s'ils n'eussent été employés sur l'inventaire fait après le décès de son épouse dont il devait compte à ses enfants. M. d'Aubigny obtint alors par l'intervention de M. le chancelier, à qui M. d'Hozier remit trois volumes du recueil de du Cange, marqués sur le dos des lettres C, D, E, un portefeuille, valeur de deux volumes contenant une grande partie d'un ouvrage que M. du Cange nommait « Catalogue historique » ; plusieurs pièces détachées, et enfin le précieux manuscrit des familles d'Orient. M. le chancelier rendit tous ces volumes à M. d'Aubigny, l'assurant qu’il pouvait l'employer sur ce sujet en toute occasion.
L'année suivante 1736, François du Fresne étant décédé le , M. d'Aubigny acquit à son inventaire, parmi les livres et les manuscrits qui s'y trouvèrent, tous ceux où il aperçut l'écriture de M. du Cange. Il acquit ainsi le fond d'un nobiliaire historique de la France, d'un traité du droit des armoiries, et d'autres ouvrages importants ; même les titres domestiques de la famille de du Cange, et ceux de la famille de Rely, qui était le nom de sa mère.
Le manuscrit des comtes d'Amiens, avec le portefeuille des titres, demeura encore entre les mains du fils de François du Fresne. M. d'Aubigny, informé qu'il écoutait des propositions que lui faisaient des Anglais pour l'acquisition de ce manuscrit, lui offrit beaucoup plus, et en argent comptant que ce que les Anglais lui proposaient, sous condition expresse et absolue de lui remettre tout ce qu'il aurait de manuscrits et d'imprimés où se trouverait de l'écriture de son grand-oncle. La proposition fut acceptée, M. du Cange remit le volume en question, des comtes d'Amiens, de Ponthieu, le portefeuille contenant les titres pour l'histoire de Picardie, de plus une histoire des évêques d'Amiens jusqu'en 1354, une histoire de la ville d'Amiens par la Morlière, chargée de notes et corrections de M. du Cange, deux volumes du recueil alphabétique marqués des lettres M. & P., plusieurs... [Il manque la page 183 du livre Essai historique sur la bibliothèque du Roi].
[...] chargea M. Langlois d'en conférer au plus tôt, en son nom, avec le marquis de Puysieulx, et cette conférence eut son effet. Ce ministre écrivit à M. le marquis de Stainville (connu depuis sous le nom du duc de Choiseul) au nom du roi, pour obtenir au moins la communication de ces manuscrits. M. le marquis de Stainville en instruisit la cour de Vienne, et reçut en réponse à peu près ce qui suit : Leurs majestés impériales, qui sont charmées de toutes les occasions qui se peuvent présenter d'obliger la cour où vous êtes, ont donné ordre que les manuscrits du célèbre du Cange fussent envoyés incessamment. La caisse est préparée, et ils doivent partir, &c. Lorsque les manuscrits furent arrivés, M. le marquis de Puysieulx et M. le comte d'Argenson en rendirent compte au roi ; sa majesté entendit avec plaisir le rapport qu'ils lui en firent, les chargea de faire passer par le même canal ses remerciements à leurs majestés impériales et consentit que la caisse fut remise au neveu de M. du Cange. Celui-ci, après avoir examiné à loisir ce que contenaient ces onze manuscrits et satisfait d'avoir presque tout réuni, signala sa reconnaissance, en les offrant au roi, qui voulut bien les accepter pour sa bibliothèque ; en conséquence, le , ces différents manuscrits, au nombre de cinquante volumes furent remis à la bibliothèque du roi par M. du Fresne d'Aubigny, à qui Sa Majesté accorda 3 000 £ de rente viagère, dont 1 000 £ réversibles à un neveu, officier dans les gardes françaises, pour le récompenser et le dédommager de ce que lui avait coûté la réunion de ces précieux manuscrits et des soins qu'il avait pris pour y parvenir.
Ces manuscrits peuvent être divisés en trois classes : la première concerne l'histoire de France en général ; la seconde, l'histoire générale de la Picardie ; la troisième, tout ce qui se trouve n'avoir aucun rapport ni à l'histoire de France, ni à l'histoire de Picardie. L'importance de ce beau recueil nous a encouragés à entrer dans ces détails, peut-être trop longs, mais nécessaires pour connaître tout le prix des différents manuscrits d'un des hommes les plus célèbres que la France ait jamais eus.
Par une lettre de M. Bigot, du , on apprend que M. du Cange a travaillé sur les manuscrits grecs de la bibliothèque du roi ; M. Bigot lui en parle en ces termes : avez-vous achevé le catalogue de tous les manuscrits grecs de la bibliothèque du roi ? En effet, presque tous les manuscrits grecs de ce vaste dépôt sont enrichis de notices écrites de la main du célèbre du Cange.
Ces œuvres permettent de comprendre le passage opéré, en France, du latin classique au latin impérial, puis au latin médiéval et finalement au français.
