Le « chavalongo » (en mapudungun chafalongko, « lourdeur de la tête » ; « typhus », de chafo, « rhume, toux », et longko, « tête ») est une ancienne maladie non précisée qui a ravagé les Mapuches et d'autres peuples autochtones - de ce qui est devenu le territoire chilien - pendant la période de la guerre d'Arauco.
Selon le missionnaire et linguiste jésuite Andrés Febrés, le terme « chavalongo » proviendrait de :
« Chavo : « somnolence, ou toute forte fièvre » ; chavolonco ou chavalongo, ou tabardillo ; chavon : « douleur généralisée ». »
— Arte de la lengua general del Reyno de Chile, 1765.
Il s'agissait probablement du nom donné à toute fièvre provoquée par les maladies introduites par les conquistadors espagnols — telles que la grippe, la rougeole, la variole ou d'autres — alors qu'elles n'étaient pas encore identifiées par les autochtones.
Dans les textes décrivant cette maladie, le chavalongo est associé à tort tant à la fièvre typhoïde qu'au typhus — malgré leurs noms, ces maladies ne sont pas identiques : la première est causée par des bactéries du genre Salmonella dans le tube digestif et la seconde, par plusieurs espèces de bactéries du genre Rickettsia transmises par la piqûre de différents arthropodes. Le traitement traditionnel autochtone peut constituer un indice permettant d’identifier cette maladie :
« Chavalongo m. Fièvre typhoïde. On la combat avec le cœur du natre. (Quintana). La fièvre typhoïde fut la première maladie à se propager sous forme d'épidémie au Chili après la conquête. Elle ravagea le sud du pays en 1554 (Ferrer : 257).
Chavo m. 1) Chavalongo, typhus. (Cavada, Cárdenas, Tangol). 2) Chavo ou chavalongo. Il s'agit de la fièvre typhoïde. On la combat très efficacement à l'aide d'une infusion de natri et de lavages intestinaux à base de cette même infusion (Álvarez). »
— Folklore médico de Chiloé, Manuel Romo Sánchez
Bien qu'il soit toujours confondu avec le typhus, le traitement intestinal et l'utilisation du natre (Solanum crispum) indiquent clairement qu’il s'agit de la fièvre typhoïde — le natre est en effet le remède traditionnel des paysans chiliens pour les lavages intestinaux contre la fièvre ; utilisé pour ses propriétés fébrifuges et toniques, il semblerait être le « remède contre le chavalongo », et pris sous forme d’infusion additionnée de jus de citron, il sert d'analgésique et d'antipyrétique.
La maladie qui, en , cause la mort de María del Carmen Errázuriz y Madariaga, épouse du corregidor Zañartu, est appelée à l'époque « chavalongo ». De même, lorsque le général José de San Martín passe par le Chili, après l'expédition libératrice du Pérou (1824), il contracte une maladie qui s'appelle encore « chavalongo ».
Il existe cinq grandes épidémies de chavalongo entre la seconde moitié du XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle :
Il semblerait que les maladies qualifiées de « chavalongo » par les Mapuches ont provoqué leur déclin démographique catastrophique et les ont empêchés de remporter une victoire définitive lors de la guerre d'Arauco.