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Un chien errant est un chien qui vit sans entrave ni domicile parce qu'il n'appartient à personne ou parce que le lien avec son maître est cassé, par fugue ou abandon ou parce que son maître est décédé. En Occident, le chien errant est en général rapidement sorti de son état de vagabond, soit par un humain de rencontre qui le recueille et l'adopte, soit par des spécialistes chargés de la capture des animaux errants et de leur prise en charge ultérieure, mais les chiens errants depuis un certain temps se sont habitués, autant que faire se peut, à leur nouvelle vie. Leur comportement à l'égard de l'homme dépend pour une part du degré de dépendance alimentaire et des relations qu'ils ont pu entretenir individuellement lors des dépôts de nourriture qu'ils fréquentent.
Les individus simplement égarés ou les chiens récemment abandonnés peuvent être en détresse ou bien sur la défensive. La peur peut les rendre dangereux et des professionnels sauront mieux ce qu'il convient de faire.
Aux États-Unis, les free ranging dogs, que l'on peut traduire par «chiens errant librement» ou les stray dogs, chiens vagabonds, sont des animaux ayant encore plus ou moins un foyer d'attache. Ils font ce que bon leur semble, mais peuvent encore se laisser approcher par l'homme.
D'autres chiens retournent à la vie sauvage, par marronnage, et n'ont plus besoin d'aide des humains pour survivre.
Les chiens qui peuvent vivre sans dépendre étroitement de l'homme se rapprochent d'animaux sauvages dans leurs mœurs, et donc dans leurs réactions face à l'homme qui les croise.
Dans plusieurs régions du monde, des populations canines retournées depuis longtemps à l'état sauvage, ou qui n'ont jamais été vraiment domestiquées, constituent des groupes de chiens errants remontant à plusieurs siècles et assez homogènes pour être parfois élevés au rang de sous-espèce, tel le dingo ou le chien chanteur, au même titre que le chien domestique.
Même si ces populations présentent des caractéristiques identifiables, à l'échelle de l'évolution des espèces tous ces canidés se sont différenciés relativement récemment du Loup gris (Canis lupus), des croisements sont donc toujours possibles et parfois fréquents entre chiens, loups et même chacals ou coyotes.
Les chiens errants, non vaccinés et vivant dans des conditions sanitaires précaires, sont un réservoir et un propagateur de zoonoses, notamment la rage qu'ils peuvent transmettre à l'homme par morsure. Les chiens affamés n'hésitent pas non plus à s'attaquer en groupe aux troupeaux et même à des humains faibles et sans défense.
À l'inverse, ils rendent service dans les villes où le ramassage des ordures n'est pas organisé, en jouant le rôle d'éboueurs.
À partir du milieu du XVIIIesiècle, de grands massacres de chiens errants sont organisés dans de nombreuses villes de France, d'Espagne ou à Mexico. Le XIXesiècle voit la naissance, dans des grandes villes comme Paris, Lyon ou New York, des fourrières, où sont acheminés et abattus les chiens ramassés dans les rues. À Constantinople, en 1910, ils sont raflés et abandonnés sur une île déserte de la mer de Marmara. Cette politique de canicide s'inscrit dans un contexte hygiéniste, notamment de lutte contre la rage,,,,.
Gravure de 1854 montrant des chasseurs de chiens en Europe de l'Est.
L’article L 211-23 du Code Rural énonce que: «Est considéré comme en état de divagation tout chien qui, en dehors d’une action de chasse ou de la garde ou de la protection du troupeau, n’est plus sous la surveillance effective de son maître, se trouve hors de portée de voix de celui-ci ou de tout instrument sonore permettant son rappel, ou qui est éloigné de son propriétaire ou de la personne qui en est responsable d’une distance dépassant cent mètres. Tout chien abandonné, livré à son seul instinct, est en état de divagation...».
Il est donc interdit de laisser divaguer les chiens sur la voie publique même s'ils ont un maître; un chien fugueur s'expose à être capturé et conduit à la fourrière par des représentants de l'ordre public.
Les chiens qui n'ont pas été réclamés à temps par un maître sont placés dans un refuge animalier. Ils finissent euthanasiés ou attendront, comme d'autres chiens des refuges suffisamment jeunes et en bonne santé, d'être peut-être enfin adoptés un jour.
12(en) James Serpell, The Domestic Dog: Its Evolution, Behaviour, and Interactions with People, Presse universitaire de Cambridge, , 268p. (ISBN978-0-521-42537-7, lire en ligne)
↑Arnaud Exbalin, La grande tuerie des chiens: Enquête sur les canicides à Mexico et en Occident, XVIIIe – XXIesiècle, Ceyzérieu, Champ Vallon, coll.«La chose publique», , 320p. (ISBN979-10-267-1123-0, présentation en ligne).
↑Arnaud Exbalin, «Canicide», dans Pierre Serna, Véronique Le Ru, Malik Mellah et Benedetta Piazzesi (dir.), Dictionnaire historique et critique des animaux, Ceyzérieu, Champ Vallon, coll.«L'Environnement a une histoire», , 594p. (ISBN979-10-267-1233-6, présentation en ligne), p.126-130.
↑(en) Chris Pearson, Dogopolis: how dogs and humans made modern New York, London, and Paris, Chicago-Londres, The University of Chicago Press, coll.«Animal lives», , 265p. (ISBN978-0-226-79699-4 et 978-0-226-79816-5, présentation en ligne).
↑Emmanuel Porte, L'appel de la rue: Errance animale, communautés anthropozoologiques et encadrement policier dans les sociétés françaises et espagnoles (Marseille, Madrid, 1700-1840) (thèse d'histoire dirigée par Brigitte Marin et Eva Botella Ordinas), Université d'Aix-Marseille, (présentation en ligne).