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Peep-Show (1984), Commencement (1989), Ceux qui medRent (1991), Écrit au couteau (1993), Rien qui porte un nom (1996), Salut les anciens, salut les modernes (2000), Grand-mère Quéquette (2003), Les Enfances Chino (2013) |
Christian Prigent, né en 1945 à Saint-Brieuc, est un écrivain, poète et critique littéraire français.
Christian Prigent est docteur ès lettres, auteur d'une thèse sur Francis Ponge.
Après des séjours à Rome à la Villa Médicis (1978-1980) et à Berlin (1985-1991), il vit depuis 2007 à Saint-Brieuc.
Proche des « textualistes », de la revue Tel Quel, il fonde, au tournant des années 1960-1970, avec Jean-Luc Steinmetz, la revue TXT, dont il devient vite le chef de file et le principal animateur jusqu'en 1993. La revue est accompagnée, à partir de 1977, d'une collection qui publie les œuvres de Valère Novarina, de Velimir Khlebnikov, de Philippe Muray, Jean-Pierre Verheggen ou de lui-même.
Depuis 1980, il donne régulièrement des lectures publiques de son œuvre. Il collabore à de nombreuses autres revues en France et à l'étranger.
Lors de sa résidence à la Villa Médicis, il rencontre Mathias Pérez, avec qui il fonde en 1996 la revue Fusée. Ainsi que l'énonce Fabrice Thumerel dans Le Champ littéraire au XXe siècle, cette revue ne prônera pas la rupture comme ce fut le cas avec TXT, mais reviendra sur l'héritage des avant-gardes littéraires et artistiques, tout en poursuivant l'exploration des nouvelles pistes d'écriture, à travers les nouvelles générations littéraires, avec par exemple Charles Pennequin.
Son œuvre de poésie ou de critique littéraire est publiée essentiellement chez P.O.L.
Dans ses travaux, Christian Prigent se réfère à Jacques Lacan, Jacques Derrida, Julia Kristeva, Arthur Rimbaud, Francis Ponge ou Denis Roche, auquel il a consacré un essai en 1977.
Son travail de création littéraire s'est accompagné d'un travail de réflexion et d'écriture d'essais aussi bien sur la littérature que sur la peinture. Dans son œuvre critique, il s'interroge sur les auteurs jugés difficiles et subversifs. En 1993, avec Écrit au couteau, il entend « débarrasser la poésie de tout ce qui n'est pas essentiellement la poésie » ; à travers la violence charnelle, il retrouve « la poésie lorsqu'elle est exigence de trouver un langage. »
Son approche critique contribue à déterminer les avant-gardes littéraires de la fin du XXe siècle en France. Posant, en liaison à une lecture de Jacques Lacan, que la littérature est une expérience de la négativité, il réfléchit aux expériences littéraires qui traduisent cette négativité. Pour lui, la littérature doit s'affronter au réel, or le réel, selon Lacan, c'est là où le langage se brise. La littérature est alors cette expérience de l'impossible — dire le réel, alors qu'il est impossible à saisir —, et elle va être déterminée comme un lieu d'aporie, de tension qui a pour conséquence des formes littéraires extrêmes, ce que l'on retrouve à partir du titre d'un de ses premiers essais, La Langue et ses monstres.
Un colloque lui a été consacré au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle fin juin-début juillet 2014.